Les quarts de finale sont toujours une étape périlleuse en compétition FIFA. Quatre des équipes les plus cotées, l'Espagne, le Nigeria, le Mexique et les Etats-Unis, sont passées à la trappe.

L'Espagne, couronnée championne d'Europe espoirs et championne du monde U-20 en 1999, espérait bien décrocher son deuxième titre mondial au Canada. Pour ce faire, elle pouvait compter sur des talents offensifs tels que Diego Capel ou encore Adrián López, meilleur buteur du tournoi, ainsi que sur des stars confirmées de la Liga comme Gerard Piqué et Alberto Bueno.

Les Ibères ont fait la loi dans leur poule grâce à un jeu spontané et électrique, qui a donné des sueurs froides à nombre de leurs adversaires de Burnaby. Sortis premiers du Groupe B, les hommes de Ginés Meléndez ont ensuite défait le Brésil en huitièmes, apparaissant comme archi favoris face aux Tchèques, difficiles vainqueurs de leur huitième de finale face au Japon, après la séance des tirs aux buts.

Mais comme c'est souvent le cas à ce stade de la compétition, c'est l'équipe la plus prudente et la mieux organisée qui l'a emporté, encore une fois depuis les onze mètres, les deux formations n'ayant pu se départager à l'issue des prolongations (1:1). Pour Gerard Piqué, tireur décisif et malheureux, la supériorité de l'Espagne ne faisait aucun doute sur ce match. "Toute l'équipe est abattue, certains ont même pleuré dans le vestiaire, confie le défenseur de Saragosse. Le football est parfois injuste. Il faut seulement apprendre à l'accepter."

Dans le même registre, la défaite du Nigeria 0:4 face à une extraordinaire formation chilienne restera dans les annales comme l'un des écarts les plus sévères jamais vus en compétition FIFA. Les Super Eagles avaient livré un football offensif, inspiré et spontané tout au long du tournoi, malgré une équipe composée en majorité d'inconnus évoluant dans le championnat nigérian. Après 96 minutes de résistance héroïque, les protégés de Ladan Bosso finissent par capituler.

Quatorze minutes plus tard, ils comptent un joueur en moins et quatre buts de retard au compteur. Un score flatteur pour le Chili et impitoyable pour les seuls représentants du continent africain encore en course, qui restent abasourdis devant le tableau d'affichage en se demandant bien quel malheur a pu leur tomber sur la tête. "Le premier but nous a vraiment assommés. Nous avions de grandes ambitions et ce but nous a paralysés," explique l'excellent Ezekial Bala après l'élimination. Malgré ce revers, Bala, Brown Ideyie et Chukwuma Akabueze ont tous brillé au Canada et laissent présager un futur doré pour les Super Eagles.

La CONCACAF voit ses espoirs ruinés
Le soleil brillait également pour les Etats-Unis. Après un nul en ouverture contre la République de Corée, ils ont écrasé la Pologne 6:1 puis dominé le Brésil pour terminer en tête de leur groupe. Ils se sont ensuite débarrassés des Uruguayens non sans mal, en huitièmes, pour finalement venir mordre la poussière face à une formation autrichienne solide et efficace.

Le capitaine et maître à jouer de l'équipe, Freddy Adu, n'avait pas de réponse à apporter face au réalisme autrichien et semblait perplexe après la défaite. "Parfois, on obtient le contre favorable et d'autres fois non, explique-t-il. Tout peut se jouer sur quelques centimètres ou sur des contres favorables, or nous n'en avons pas bénéficié aujourd'hui."

L'aventure s'arrête peut-être un peu plus tôt que prévu pour les hommes de Thomas Rongen, mais le technicien a su forger un groupe de joueurs promis à un bel avenir, en équipe A et dans le football en général. Michael Bradley, Danny Szetela, Sal Zizzo, Tony Beltran et Josmer Altidore ont tous rempli leur contrat en démontrant que les Etats-Unis pouvaient jouer avec brio et inspiration.

Le Mexique, autre grand représentant de l'Amérique du nord, était considéré par beaucoup comme l'un des favoris de la compétition. Forte de 10 joueurs issus de la génération sacrée championne du monde U-17 au Pérou il y a deux ans, la sélection de Jesus Ramirez avait tout pour aller au bout : organisation, style et volonté.

Emmenés par la perle blaugrana Giovanni Dos Santos, Carlos Vela et le milieu de Cruz Azul César Villaluz, les ténors de la CONCACAF avaient dominé le Groupe C avant de terrasser le Congo, champion d'Afrique, sur le score de 3:0 en huitièmes. Mais dans un quart de finale électrique face à l'Argentine, une simple bourde pouvait tout faire basculer.

En fin de compte, c'est bien une erreur défensive, à une poignée de secondes du repos, qui scelle la défaite de El Tri, éliminé du tournoi sur le plus petit des scores. Le portier Alfonso Blanco, un des meilleurs Aztèques lors de ce tournoi, a pris la chose avec philosophie. "Nous n'avons pas eu de chance, mais c'est le football, soupire-t-il. Ils ont marqué puis ont réussi à conserver leur avance."