Classés parmi les grands favoris de Canada 2007, les jeunes Tricolores ont donné satisfaction à toute une nation en remportant leurs quatre premières rencontres... Avant que le destin ne place l'Argentine sur leur chemin, en quarts de finale. Eliminé de la compétition, le Mexique ne quitte pas pour autant le Canada les mains vides : il rapporte avec lui la certitude de compter parmi ses U-20 des joueurs qui éblouiront la planète football avec les Seniors.

Ainsi va le football... La déviation de Julio César Domínguez sur la frappe de l'Argentin Maximiliano Moralez n'a pas seulement trompé Alfonso Blanco dans les buts. Elle a aussi sonné le glas du rêve de toute une génération de footballeurs qui a su hisser le drapeau mexicain au plus haut niveau du football de jeunes.

"Nous voulions rééditer notre succès d'il y a deux ans, en U-17, mais nous n'avons pas réussi. Je suis très fier de mes garçons. Ils ont tout donné à chaque match et prouvé qu'ils avaient du cœur. C'est ce qui m'attriste le plus dans cette élimination", analyse Jesús Ramírez, véritable père de cette génération de talents.


Chucho, comme on le surnomme, a parcouru le long chemin menant vers les sommets de la planète football avec ce groupe formé il y a bien longtemps, en U-15 : "Je les ai vus grandir, se former, apprendre et devenir des hommes. Nous avons remporté beaucoup de compétitions, dont la Coupe du Monde U-17 il y a deux ans, nous n'avons rien à nous reprocher. La défaite est douloureuse, mais personne ne pourra m'enlever la joie d'avoir dirigé un groupe de jeunes exceptionnels".

Bilan positif
Au cours d'une compétition qui a réservé bien des surprises, le Mexique n'a pas été loin de réaliser un parcours sans faute. Quatre victoires consécutives, sur la Gambie, le Portugal, la Nouvelle-Zélande et le Congo, ont propulsé les Aztèques parmi les huit meilleures sélections de Canada 2007. Auteurs de dix buts, Giovanni Dos Santos et compagnie n'en ont encaissé que trois, promettant ainsi d'illuminer de leur talent la sélection A dans quelques années. Largement de quoi rentrer au pays la tête haute.

Le capitaine de ce groupe, Patricio Araujo, pourrait ne pas à avoir à attendre bien longtemps avant de récolter les fruits du magnifique travail accompli par le Mexique ces dernières années. De fait, nombreux sont les organes de presse qui annoncent son départ pour le football anglais. "L'élimination fait mal, témoigne-t-il, mais nous rentrerons la tête haute. Le plus triste dans tout ça, c'est que certains d'entre nous ne joueront plus jamais ensemble".

Il en va de même pour Giovanni Dos Santos. Le meneur de jeu aztèque, qui avait déjà fait montre de son talent lors de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA, Pérou 2005, a ajouté percussion et définition à son répertoire. Mais Araujo et Dos Santos ne sont pas les seuls à avoir tapé dans l'œil des Canadiens : ces derniers n'oublieront pas de sitôt les réflexes dans le but du surprenant Alfonso Blanco, la solidité défensive d'Efraín Juárez et l'émouvante générosité de Carlos Vela qui, faute de faire trembler les filets, a réalisé des exploits sur tout le front de l'attaque.

Tous ces noms constituent un groupe de jeunes qui fera couler beaucoup d'encre à court terme... Pourquoi pas dès l'an prochain, lors du Tournoi Olympique de Football, Pékin 2008 ? Mais laissons à Ramírez le soin de conclure cette belle aventure : "Le football mexicain peut dormir sur ses deux oreilles, ces jeunes formeront la base de la sélection A".