La République tchèque n'a pas pris le chemin le plus court pour accéder aux demi-finales de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, c'est le moins qu'on puisse dire. Depuis leur qualification pour le second tour, les hommes de Miroslav Soukup ont dû en passer par deux séances de tirs au but, face au Japon et à l'Espagne. Loin de s'en excuser, le coach justifie ses choix.
La Reprezentace a essuyé de nombreuses critiques de la part d'observateurs qui estimaient qu'elle avait adopté une tactique trop défensive. Il n'en demeure pas moins que l'équipe est qualifiée pour les demi-finales et qu'elle se mesurera ce mercredi à l'Autriche dans la ville d'Edmonton. De son côté, Soukup comprend que ses choix aient fait jaser les experts, mais il reste persuadé du bien-fondé de ses méthodes.
En quarts de finale, lorsque l'équipe d'Espagne s'est inclinée sur le score de 4:3 au bout de la séance de tirs au but, après avoir buté mille et une fois sur la digue tchèque, le sélectionneur ibère, Ginés Meléndez, a déclaré que c'était "une bien triste journée pour le football". Interrogé par FIFA.com, Soukup n'a pas été surpris de cette réaction : "C'est normal que les Espagnols soient déçus d'avoir perdu contre une équipe comme la nôtre. Dans ces conditions, on se laisse submerger par les émotions. Le football est ainsi fait : parfois le meilleur ne gagne pas."
Soukup a ensuite rappelé la performance de l'équipe de Grèce, qui était allée au bout de l'Euro 2004 en pratiquant un jeu très cadenassé. Et de préciser que ce succès ne l'a pas spécialement inspiré lors de la préparation pour Canada 2007. "Je n'aimerais pas jouer tout le temps comme ça. Quand j'étais joueur, je jouais attaquant et, en tant qu'entraîneur, je suis plutôt partisan d'un jeu offensif. Mais contre l'Espagne, j'étais obligé de mettre en place un jeu plus prudent, même si ce n'est pas dans mes habitudes", a-t-il souligné. En poules, cette même approche avait valu à l'équipe tchèque un match nul et vierge contre l'Argentine, puis un nul 2:2 contre la RDP Corée. Si elle s'était finalement qualifiée pour les huitièmes, c'est grâce à une victoire 2:1 sur Panama.
La Reprezentace tient le choc
Le stratège de la
Reprezentace a recouru à une métaphore routière pour
comparer le niveau footballistique des différents pays. "Nous
sommes la voiture tchèque classique, une Skoda, alors que
l'Espagne et l'Argentine ressemblent davantage à une
Corvette. Si on essaie de les battre en vitesse pure en ligne
droite, on n'a strictement aucune chance. En revanche, si on
les emmène sur un chemin tortueux, plein de virages et de pièges,
on peut peut-être s'en sortir. C'est ce que nous avons
fait. Certaines personnes ont trouvé ça moche, mais c'est le
choix que nous avons fait."
"Il suffit de comparer les joueurs de l'équipe d'Espagne ou d'Argentine avec les nôtres pour bien comprendre le problème. Non seulement ils sont meilleurs en qualité pure, mais en plus les pays sont beaucoup plus peuplés. La République tchèque est un petit pays, beaucoup plus petit que l'Espagne ou l'Argentine, et elle ne compte que 10 millions d'habitants, alors qu'en Espagne il doit y avoir 12 millions... de footballeurs !"
Soukup avoue qu'il ne se sent pas plus nerveux à l'idée d'affronter l'Autriche en demi-finales au Commonwealth Stadium que lors des tours précédents. "J'aborde cette rencontre de la même façon que les autres, parce que tous les matches que nous avons disputés au Canada ont été très importants. Désormais, les conditions sont différentes : si on perd, on se retrouve éliminé. Du coup, cette demi-finale est sans doute le match le plus important auquel il m'a été donné de prendre part, parce que je n'ai jamais participé à une demi-finale de Coupe du Monde, ni en tant que joueur ni en tant qu'entraîneur. Le match contre Panama avait plus ou moins le même contexte, puisqu'on était obligés de gagner si on voulait poursuivre notre route."
"De ce que j'ai pu voir, mes joueurs abordent cette rencontre de la même façon que moi. Ils sont déjà concentrés sur l'événement. Ils sont bien conscients de l'importance du match, mais je ne vois pas de changement d'attitude. Je ne sais pas trop à quoi m'attendre de la part des Autrichiens, parce qu'on se connaît très bien et que le match sourira surtout à l'équipe qui se sentira le mieux. Peut-être qu'il faudra encore attendre les tirs au but, mais comme j'ai l'impression que Dame chance nous a déjà beaucoup aidés dans cette compétition, il serait préférable qu'on s'impose avant la fin du temps réglementaire."
Avantage psychologique
La République tchèque dispose d'un léger avantage sur
l'Autriche, qu'elle a battue sur le score de 3:1 lors des
Championnats d'Europe U-19 de l'an dernier, en Pologne.
Mais Soukup refuse de prendre cela pour argent comptant :
"D'un côté, c'est vrai que ce succès de l'an
dernier peut nous avantager un peu, mais de l'autre côté, si on
avait perdu, on serait sans doute beaucoup plus prudents cette
fois-ci pour éviter de rééditer les mêmes erreurs."
Quand on lui demande de remonter sur la Skoda pour conclure, Soukup démarre au quart de tour : "Je crois qu'on a plus ou moins le même moteur sous le capot, donc on n'a qu'à démarrer et on verra bien ce qui se passe !"





