Les outsiders tchèques ont poursuivi leur inexorable progression en inscrivant deux buts dans le premier quart d'heure. Fidèles à leur solidité défensive, ils ont découragé l'Autriche et accédé à la première finale de leur pays depuis son indépendance.
Pour atteindre le dernier carré, la Reprezentace version junior avait dû recourir à la séance de tirs au but en huitième et en quart. Ainsi, rares étaient les supporters à s'attendre à une entame aussi offensive de leur part. Et encore moins à voir Tomas Micola, à la quatrième minute, puis Martin Fenin, au quart d'heure de jeu, claquer deux buts.
"Parfois, quand vous marquez deux buts rapidement, il peut arriver de gamberger et de se laisser dominer par ses nerfs. Nous avons échappé à ça ce soir, se réjouissait le sélectionneur tchèque Miroslav Soukup. Le match a été très équilibré après nos buts. Je tiens à féliciter mes joueurs car même quand ils avaient la pression, ils sont restés concentrés. Ils ont très bien joué dans ce qui était le match le plus important de leur carrière."
Après ces deux buts à bout portant, venus concrétiser des actions sur les flancs gauche et droit, les Tchèques n'ont jamais vraiment semblé perturbés. Ils disputaient pourtant la rencontre la plus prestigieuse de leur jeune carrière internationale.
"C'est le match le plus important que j'aie jamais joué. La plupart de mes coéquipiers peuvent en dire autant. On a très bien joué. Je crois qu'on ne se rend pas encore compte de ce que ça représente pour notre équipe et pour notre pays", ajoute le pensionnaire de Tottenham Tomas Pekhart , entré à la 61ème minute.
Pour Fenin, dont le but à la 15ème minute a quasiment mis fin à tout suspense, cette victoire est le fruit de la philosophie collective véhiculée par Soukup et son staff. "Bien sûr, je suis content quand les gens disent que j'ai pesé sur le match, mais pour moi, le plus important, c'est l'équipe, a-t-il déclaré après la rencontre. C'est toujours super agréable de marquer un but important dans un gros match, mais il y a dix autres gars sur le terrain. Seul, on ne peut rien faire."
Le 22 juillet, Fenin va enchaîner avec un deuxième match énorme : la finale. L'attaquant tchèque est prêt à tout donner avec ses coéquipiers contre le vainqueur de la demi-finale entre l'Argentine ou le Chili. "Maintenant qu'on est aussi près, on va tout faire pour remporter cette compétition, annonce-t-il, lui qui a participé au démantèlement d'un dispositif autrichien pourtant impressionnant. Quand je suis arrivé au Canada, je n'envisageais pas sérieusement d'aller aussi loin. C'était juste un rêve."
Tous les rêves sont donc permis à cette équipe, mais elle devra quand même faire face à une réalité incontournable : en finale à Toronto, elle sera privée de Petr Janda, suspendu pour avoir récolté un deuxième avertissement en demi-finale.

