La demi-finale qui opposera aujourd'hui le Chili à l'Argentine n'aura rien d'une rencontre comme les autres pour Cristopher Toselli. Seules cinq petites minutes séparent le jeune gardien d'à peine 19 ans du record d'invincibilité détenu pour l'heure par le Brésilien Claudio Taffarel (484 minutes). Avant cela, le portier d'Universidad Católica devra résister aux assauts de Sergio Agüero et de ses coéquipiers. S'il y parvient, il aura largement contribué au succès des siens pour décrocher le billet de leur première finale de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA.
"J'ai entendu parler de ce record par les journalistes chiliens et, à vrai dire, je suis aux anges. Je suis à deux doigts de battre le record", confie-t-il, des étoiles dans les yeux, à FIFA.com. Depuis le 1er juillet, date du premier match chilien en terres canadiennes, la cage de Toselli est restée inviolée durant 480 minutes. Encore cinq minutes à tenir face aux Albicelestes et Taffarel et ses exploits de 1985 ne seront plus qu'un lointain souvenir.
"Je me rappelle bien de Taffarel ; ce gardien a marqué l'histoire du football. Ce serait chouette de le détrôner et de pouvoir suivre ses traces", déclare-t-il. Toutefois, cet admirateur d'Iker Casillas et de Gianluigi Buffon garde les pieds sur terre et les yeux rivés sur son objectif principal : "L'essentiel c'est de gagner : peu importe que ce soit sur un score de 9:8 ou de 3:2, tant que nous nous hissons en finale".
Une reconversion surprenante
Paradoxalement, les premiers pas footballistiques
de Toselli ne se sont pas faits dans les cages mais dans les rangs
des attaquants. "C'est mon père qui m'a fait découvrir
le ballon rond : je jouais attaquant et je me débrouillais plutôt
bien ! Mais apparemment, ma place était ailleurs : on m'a mis
dans les cages et j'y suis resté", explique-t-il tout
sourire.
Quelques années plus tard, son agilité, sa vivacité et son assurance ont fait de lui le mur inébranlable de Canada 2007. Surprenant, direz-vous, pas pour Toselli. "Lors des matches préparatoires, je n'ai pratiquement pas encaissé de buts, nous finissions presque toujours avec un score nul. Ça m'a donné confiance en moi car je sais que notre défense est au point. Je suis étonné de voir que nous maintenons le même niveau au Canada ; pourvu que ça dure face aux Argentins !".
A propos des Albicelestes, emmenés par Sergio Agüero et Maximiliano Moralez, qui aspirent tous deux à décrocher le Soulier d'Or adidas, Toselli se veut confiant. "Ce n'est pas mon genre d'étudier les adversaires, même si je sais très bien de quoi ils sont capables. J'aime bien affronter ces équipes de renommée internationale. Lorsque l'on m'a demandé si je préférais jouer le Mexique ou l'Argentine, j'ai répondu l'Argentine. Les grandes équipes m'inspirent !".
"J'ignore si le fait de s'être affrontés lors du tournoi qualificatif sud-américain compte vraiment. Chaque match est unique, tout peut arriver. Ce qui importe c'est de ne pas rester en retrait, de ne pas se dégonfler. C'est la seule façon de décrocher notre passeport pour la finale et de toucher du doigt notre plus grand rêve : être champions du monde".

