A en juger d'après la séance d'entraînement observée à J-2 avant la première finale de son histoire, la République tchèque U-20 est un exemple de sérénité et de bonne humeur. Loin de partir favoris dans l'affrontement de dimanche face à une prestigieuse Selección auréolée de cinq couronnes mondiales, les jeunes Tchèques apparaissent enthousiastes et pleins d'optimisme.

"Dans cette équipe, nous avons souvent l'habitude de nous faire des blagues", a confié l'insaisissable attaquant Martin Fenin à FIFA.com, après avoir joué la comédie à ses coéquipiers et au staff technique lors d'une séance d'entraînement. Simulant un choc au cours d'un mini match informel, l'homme aux deux réalisations dans le tournoi s'écroule et fait mine de saigner abondamment de la tête. Après avoir été 'soigné' par un complice, Fenin se relève et éclate de rire, faisant s'esclaffer à leur tour partenaires et entraîneurs.

"Il y a beaucoup d'échanges verbaux à l'entraînement et nous adorons rire aux dépens des uns et des autres, explique Fenin, le trublion autoproclamé de la bande. Pour les gros matches en particulier, il est essentiel de relâcher la pression et faire des farces n'est qu'une façon parmi d'autres d'y parvenir".

"J'ai bien vu qu'il n'y avait pas eu de choc lors du contact, alors j'ai compris qu'il jouait de nouveau la comédie, explique le sélectionneur, Miroslav Soukup. "Il est incorrigible... Il faut l'avoir à l'oeil."

Tomas Pekhart, le seul joueur de la sélection à évoluer hors des frontières tchèques, à Tottenham, est également un habitué des pitreries de Fenin en dehors du terrain. "Avant le tournoi, nous avions décidé de nous raser le crâne si nous arrivions en huitièmes, raconte-t-il. C'était une idée de Fenin. C'est vraiment le boute-en-train de l'équipe. Il fait toujours ce genre de trucs, comme le coup du faux sang aujourd'hui à l'entraînement. Il a fait ça pour faire peur au coach, qui aurait été bien embêté s'il avait été blessé".

Centre aéré ou séance d'entraînement ?
La Reprezentace va donc retrouver l'Argentine, après avoir fait match nul 0:0 contre elle pour la première journée des poules. A l'approche de ce qui constitue probablement la rencontre la plus importante de leur vie, les jeunes Tchèques suivent l'exemple de Fenin. Au cours d'une courte séance d'entraînement de 45 minutes, les cris, consignes et autres grises mines n'étaient pas de mise. Les gardiens jouaient au tennis avec la tête en se servant d'une cage comme filet, les joueurs faisaient des concours de jongles et tout le monde avait l'air de s'amuser.

Le secret du calme tchèque ? Selon Fenin, c'est très simple : la cohésion. "Tout le monde sait que nous n'avons pas énormément de stars dans notre équipe, mais c'est le collectif et la cohésion qui font notre force, affirme-t-il. Cela nous rend plus forts que la plupart des autres sélections. Aucune formation ne possède un esprit d'équipe comparable au notre. Techniquement, nous ne sommes pas aussi doués que les Argentins, mais collectivement, nous sommes probablement plus soudés."

Mais les meilleures plaisanteries sont aussi les plus courtes. Lorsqu'on lui demande s'il considère n'avoir rien à perdre en finale face aux coéquipiers de Sergio Agüero, il retrouve aussitôt son sérieux et interrompt poliment. "Au contraire, je pense que nous avons beaucoup à perdre... Nous ne sommes pas en finale pour faire de la figuration. Nous pouvons perdre une Coupe du Monde dimanche et nous ferons tout pour que cela n'arrive pas. L'Argentine ne nous a pas encore battus."

A qui le buteur farceur réserverait-il son premier coup de fil en cas de victoire dimanche ? "Certainement à ma mère, explique Fenin. Ça fait un bout de temps que je ne lui ai pas parlé et je veux entendre la fierté résonner dans sa voix."