La grande finale de dimanche pourrait se résumer à un choc entre nains et géants. Les Argentins, dont la majorité des représentants dépasse difficilement 1,70 m, devront recourir à tout leur talent pour se débarrasser d'une équipe qui affiche en moyenne 183 cm sous la toise.

Pourtant, il est un joueur au cœur de la défense albiceleste qui semble de taille à rivaliser avec les grands gabarits de la Reprezentace. Il s'agit de Federico Fazio, qui sera le point culminant ce la finale. Avec son 1,94 m, le joueur du FC Séville prédit un match très physique face à un rival qu'il connaît bien. "C'est vrai qu'ils sont grands, dit-il, et qu'ils sont durs au marquage. En défense, je reconnais qu'ils sont très solides. Nos joueurs sont beaucoup moins corpulents, mais ils ont un talent incroyable, ce qui nous permet d'aborder le match en toute sérénité", commente-t-il pour FIFA.com.

Fazio est l'un des trois seuls joueurs à avoir disputé l'intégralité des matches de la formation ciel et blanc au Canada, entre autres les 90 premières minutes, qui l'avaient vue défier la République tchèque en ouverture du Groupe E. "Ils nous avaient attendus très bas ce jour-là et ils ont réédité cette tactique contre les autres équipes. Je me souviens qu'on s'est créé énormément d'occasions, mais on n'a pas réussi à les concrétiser. Malgré la tension nerveuse, on avait réussi à bien jouer", se rappelle-t-il.

Même si le défenseur souligne la stratégie conservatrice des Européens, il se méfie énormément d'eux : "On dit qu'ils ne pratiquent pas un beau football, mais ils sont en finale. On disait la même chose de l'Italie en 2006 et elle a fini par remporter le titre mondial, il me semble".

A grandes enjambées
En règle générale, les grands gabarits ne se distinguent pas par leur vitesse de déplacement, mais Fazio fait exception dans ce domaine. En effet, il y a mois, il est passé de Ferrocarril Oeste, club argentin de deuxième division, au FC Séville, vainqueur de la Coupe de l'UEFA. Aujourd'hui, il s'apprête à disputer la finale d'une Coupe du Monde U-20 de la FIFA. Sacré coup d'accélérateur...

"C'est vrai que si je réfléchis à tout ce que j'ai vécu ces derniers mois, ça me donne le vertige. Je me souviens bien de la finale de Pays-Bas 2005, c'était Argentine - Nigeria. A l'époque, j'étais encore au centre de formation de Ferro ! Ça n'a pas été facile d'arriver jusqu'ici, donc je savoure deux fois plus. Mais c'est vrai que tout s'est passé très vite", explique le défenseur central, tout sourire.

"C'est bizarre, j'ai l'impression qu'on est arrivés au Canada hier alors qu'on est sur le point de jouer la finale. Je n'aurais jamais cru que j'aurais la possibilité de jouer une finale mondiale, malgré tout le prestige du maillot albiceleste. C'est très fort de pouvoir vivre une telle expérience de l'intérieur", ajoute-t-il.

Face aux Tchèques, le néo-Sévillan devra se passer de son camarade de la charnière centrale, le capitaine Matías Cahais. "C'est un joueur très important, il occupe une place primordiale au sein de l'équipe. Mais nous avons des joueurs capables de le suppléer", assure-t-il avec beaucoup d'assurance.

Pour conclure, on lui demande s'il compte profiter de sa taille pour inscrire de la tête son premier but de la compétition. "C'est vrai que je n'ai pas encore marqué, donc ça serait génial que ça m'arrive dimanche ! Ce serait super, mais il ne faut pas que j'oublie mon rôle. Je ne suis pas là pour marquer, le titre mondial me suffit amplement. C'est mon rêve depuis toujours". Il n'a plus que 90 minutes pour le réaliser.