LE FILM DE LA JOURNEE - Le sixième titre argentin U-20 - record en cours- a été acquis de main de maître, grâce aux fulgurances des lutins argentins, Sergio Agüero, Maxi Moralez et consorts. Dans le match de classement, les Chiliens se sont rachetés en obtenant la médaille de bronze. Mais ce 22 juillet à Toronto a également été marqué par les exploits des gardiens de but, qui ont empêché les tableaux d'affichage d'exploser.
Si le match pour la troisième place était une redite de la rencontre du Groupe A joué le 8 juillet dernier, la physionomie n'a pas été la même. Sous un soleil de plomb, les Chiliens ont rapidement paru plus à l'aise. Arturo Vidal et Mathias Vidangossy ont fait le "show", montrant leur habileté technique. Mais sans doute devront-ils apprendre à la mettre un peu plus au service de l'équipe pour être plus efficaces au tableau d'affichage. Mais il faut bien que jeunesse se passe...
Paul Gludovatz a bien essayé de revenir à sa tactique du "super-remplaçant", mais la machine Erwin Jimmy Hoffer était visiblement cassée. Les Européens ne sont donc jamais parvenus à revenir au score après l'ouverture de la marque de Hans Martinez. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. Mais ce dimanche 22 juillet aurait pu être déclaré "Journée du gardien de but". Cristopher Toselli, le portier chilien, a été fantastique.
Au milieu d'une pléiade d'arrêts de belle facture, on retiendra une manchette qui ressemblait à un smash de volley-ball sur une frappe que les quelques 20 000 spectateurs voyaient déjà au fond des filets. Le gardien d'Universidad Catolica a prouvé que le record d'invincibilité qu'il a battu au cours de ce tournoi (492 minutes) était loin d'être usurpé. Et s'il continue sur sa lancée, il peut envisager une carrière tout aussi prestigieuse que son prédécesseur, Claudio Taffarel.
La bonne nouvelle de cette rencontre, c'est que les deux équipes entrent dans l'histoire : les Autrichiens n'avaient jamais terminé à une si bonne place dans une compétition de la FIFA, les Chiliens n'avaient jamais fini sur le podium en U-20. On a surtout apprécié, en contraste avec les incidents de la demi-finale, l'hommage du public essentiellement chilien envers l'équipe autrichienne tout autant que pour "sa" Rojita. Les "Chi-Chi-Chi, Le-Le-Le, Viva Chile !" résonneront longtemps dans les travées du stade National de Toronto.
Journée "main ferme"
Pour la "grande" finale, les supporters tchèques,
plus habitués aux performances de leurs hockeyeurs, portaient des
maillots de Jaromir Jagr et autres Dominik Hasek. Et l'entrée
en matière s'est avérée un peu trop proche du sport national
canadien, avec des tacles dignes de mise en échec : résultat, pluie
de fautes et de cartons jaunes... Heureusement, les portiers
voulaient garder cette journée pour eux. Tour à tour, Radek Petr et
Sergio Romero ont sorti toute la panoplie de l'excellent
gardien : réflexes étonnants, sorties autoritaires, détentes
impressionnantes.
Les deux premiers buts ont été la résultante d'un exploit personnel -la frappe en pivot de Martin Fenin était imparable- et d'une erreur défensive - Sergio Agüero était seul. Le but de la victoire de Mauro Zarate doit en revanche un peu à... Petr, qui a oublié son premier poteau. Mais il est impossible d'en vouloir au dernier rempart thèque, digne successeur de Petr Cech. Avec Romero et Toselli, ils forment un trio de gardiens de grand avenir à l'évidence.
Avec cette victoire, les Argentins accumulent les superlatifs : première équipe à remporter six titres mondiaux dans la catégorie U-20 ; 17 finale de compétitions FIFA, 10ème victoire; Sergio Agüero est le deuxième joueur (après Joao Pinto en 1989 et 1991) seulement à jouer et gagner deux finales U-20 de suite. Au passage, il rafle les titres de Ballon d'or et Soulier d'or de l'épreuve (6 buts), les deux fois devant Maximiliano Moralez son compatriote. Les Albicelestes sont égoïstes, ils n'ont laissé que des miettes à leurs concurrents...

