Grâce à sa nette victoire 2:0 sur un Brésil très en forme qui a illuminé l'ensemble du tournoi, l'Allemagne a conservé sa couronne de championne du monde et confirmé sa réputation de grosse écurie du football féminin. Ce succès fait de cette infaillible sélection la première à défendre avec succès son titre mondial en Coupe du Monde Féminine de la FIFA. Mais sur la route de l'exploit en terres chinoises, les Allemandes ont cueilli bien d'autres lauriers.

Pour la première fois cette année, la finale de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA a opposé une sélection européenne à une sélection sud-américaine. L'Allemagne, qui n'avait encaissé aucun but lors de ses sorties précédentes, a abordé la rencontre avec la meilleure défense de la compétition. Une qualité non négligeable face à la prolifique formation brésilienne, auteur de 17 buts en Chine, dont quatre contre les Etats-Unis, candidats au titre, dans le dernier carré.

La bataille très serrée entre solidité défensive et sens du but s'est finalement terminée par une victoire des championnes en titre. Sous la houlette de la sélectionneuse Silvia Neid, le rouleau compresseur germanique a écrasé les prodiges de Jorge Barcellos. Pour ce faire, les tenantes du titre ont marqué de près la pièce maîtresse de l'offensive brésilienne, Marta, dans l'impossibilité de tenter sa chance face au but et d'assurer la liaison avec ses coéquipières.

Le but de Birgit Prinz à la 52ème minute a fait l'effet d'une douche froide aux optimistes Auriverdes, alors forcées de se replier en défense. Douze minutes plus tard, elles ont eu l'occasion de remonter au score sur penalty. Mais du haut de ses 21 ans, Marta n'a pas réussi à tromper l'expérimentée gardienne allemande. A la 86ème minute, Simone Laudehr s'est chargée de doubler la marque pour les championnes du monde et de mettre fin aux espoirs brésiliens.

En montant sur la première marche du podium sans concéder un seul but en six rencontres, l'Allemagne a établi un nouveau record en Coupe du Monde Féminine de la FIFA. Le mérite revient en grande partie à une arrière-garde efficace organisée autour de Nadine Angerer. Les remarquables performances de la gardienne de but lui ont permis de battre le record enregistré par Walter Zenga en 1990. Les filets du portier italien n'avaient alors pas tremblé pendant 517 minutes.

A l'autre bout du terrain, Birgit Prinz, élue Ballon d'argent adidas, a établi un autre record. Protagoniste de la victoire en demi-finales contre la Norvège (3:0), la meilleure buteuse allemande est devenue la première footballeuse à disputer trois finales de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA. En 2003, la lauréate de trois titres de Joueuse Mondiale de la FIFA a emmené son équipe sur le trône mondial. En 1995, la Norvège s'était dressée entre elle et la couronne mondiale. Son talent à la finition et sa capacité à inscrire les buts décisifs au bon moment ont fait de la double championne du monde de 29 ans un modèle pour toutes les jeunes étoiles montantes de la compétition.

Le Brésil confirme sa réputation
Grande attraction de cette Coupe du Monde Féminine de la FIFA, la créativité offensive brésilienne était en grande partie incarnée par la prodigieuse Marta. Après avoir ébloui les spectateurs avec des dribbles endiablés, la Joueuse Mondiale de la FIFA 2006 a décroché le Soulier d'or et le Ballon d'or adidas.

Si son manque d'expérience a peut-être coûté au Brésil la couronne mondiale, son football spectacle lui a valu l'admiration des amateurs comme des experts. Elue équipe la plus spectaculaire du tournoi par les utilisateurs de FIFA.com avec 42,12 pour cent des voix, la sélection auriverde a laissé loin derrière elle les championnes allemandes, qui n'ont réuni que 18 pour cent des suffrages. Certes, les Canarinhas ont perdu la finale contre les tenantes du titre, mais elles peuvent se consoler avec des statistiques qui reflètent bien leur potentiel offensif : une possession de balle de 57 pour cent, 14 tirs et 5 corners.

Après avoir perdu leur avantage de deux buts face à de résistantes australiennes en quarts de finale, les Sud-américaines ont pris rendez-vous avec les Etats-Unis en demi-finales grâce à une frappe longue distance de Cristiane à la 75ème minute. Les Auriverdes ont ensuite prouvé leur puissance dévastatrice en infligeant aux Américaines, grandes favorites de la compétition, la plus cuisante défaite de leur histoire (4:0). Ce succès les a qualifiées pour leur première finale de Coupe du Monde Féminine de la FIFA. Le deuxième but de Marta dans ce duel de demi-finales, une sublime aile de pigeon suivie d'une rotation et d'un tir bien ajusté, est l'une des actions les plus rediffusées du tournoi.

Les Asiatiques tiennent bon
A en juger par les prestations convaincantes d'équipes comme la RDP Corée, l'Australie et l'Angleterre, force est de constater que le niveau des 16 participants à cette édition du grand rendez-vous était plus homogène que jamais.

Les quatre concurrents asiatiques ont tout particulièrement prouvé qu'ils possédaient le mental nécessaire pour se mesurer au gratin du football féminin. De la volonté de RDP Corée, qui a fait match nul 2:2 avec les Etats-Unis après avoir été menée au score, à l'égalition de dernière minute du Japon contre l'Angleterre, les représentants de l'AFC ont prouvé leur potentiel dans l'adversité. N'oublions pas non plus l'Australie, qui a attendu le temps additionnel de son dernier match de groupe, contre le Canada, pour décrocher sa place en huitièmes de finale. Les Matildas se sont même payé le luxe de donner une belle frayeur au Brésil en quarts de finale, avant que Cristiane ne mette fin à leur rêve. Bien qu'elles n'aient pas atteint le dernier carré, les Australiennes ont conquis les spectateurs par leur jeu de passes rapides et leur combativité.

Si les Etats-Unis ont dû renoncer à leur deuxième titre mondial dès les demi-finales, ils ont tout de même réussi à se hisser sur la troisième marche du podium. L'expérimentée Kristine Lilly est devenue la seule footballeuse à avoir participé aux cinq éditions de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA. La meilleure buteuse américaine, Abby Wambach, a quant à elle décroché le Soulier d'argent adidas. Le Canada a connu un destin moins heureux. Un but de l'Australie dans le temps additionnel lui a coûté sa qualification pour le tableau final. Un véritable coup dur pour les Canucks et le paroxysme d'un match à suspense dont peu se seraient risqués à pronostiquer le résultat final.

Sélections participantes :
Allemagne, Angleterre, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Danemark, Etats-Unis, Ghana, Japon, Nigeria, Norvège, Nouvelle-Zélande, RDP Corée, RP Chine, Suède.

Classement final :
1. Allemagne
2. Brésil
3. Etats-Unis
4. Norvège

Stades :
Hongkou Football Stadium (Shanghai), Olympic Centre Stadium (Tianjin), Sport Center Stadium (Chengdu), Dragon Stadium (Hangzhou), Sports Center Stadium (Wuhan)

Nombre de buts :
111 (moyenne de buts/match : 3,47)

Meilleures buteuses :
7 buts : Marta (Brésil)
6 buts : Wambach (Etats-Unis)
6 buts : Ragnhild Gulbrandsen (Norvège)

Affluence totale :
1 190 971 spectateurs

Affluence moyenne :
37 218 spectateurs