À une séance de tirs au but près emportée par la France en 2012, la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA serait la propriété exclusive des équipes asiatiques. Vaincue en finale cette année-là, la RDP Corée avait déjà remporté l’édition inaugurale en 2008 et est encore présente à ce stade en 2016. Ses voisines du Sud s’étaient imposées en 2010, quant à la dernière édition au Costa Rica, elle a sacré le Japon, finaliste en 2010, et qui tentera de défendre son titre lors de l’ultime rencontre de Jordanie 2016.

Avant de savoir dans quel pays d’Asie séjournera le trophée pour les deux prochaines années, l’Espagne et le Venezuela, demi-finalistes malheureux, se disputeront un prestigieux lot de consolation : la médaille de bronze.

Présentation de la dernière journée d’une compétition qui se conclura sur un sacre asiatique et un sourire latin.

La finale
RDP Corée - Japon, Stade International d’Amman, 21 octobre, 20h00 (heure locale)

Tout le monde est unanime et cela dure depuis la première rencontre de Costa Rica 2014 : le Japon est irrésistible, comme le prouvent ses 11 victoires consécutives réparties sur l’édition en cours et la précédente. Mais s’il règne sur le monde, il ne faudrait pas oublier qu’il n’est pas maître de son continent. En effet, en finale du Championnat d’Asie U-16 de l’AFC 2015, qualificatif pour Jordanie 2016, les Petites Nadeshikos avaient mordu la poussière face à la RDP Corée…

Moins impressionnantes sur le sol jordanien, les Coréennes ont entamé leur parcours par un nul contre l’Angleterre et une victoire compliquée contre le Brésil, et ont énormément souffert pour se débarrasser du Ghana en quart de finale. N’empêche que les Chollima sont sorties en tête de leur groupe et ont arraché au mental leur qualification contre les Ghanéennes avec un but dans les derniers instants. La démonstration qui a suivi contre le Venezuela en demi-finale a été aussi impressionnante que celle des Japonaises contre les Espagnoles.

Difficile donc de dégager un favori, et personne ne s’en plaindra : la finale s’annonce passionnante.

Match pour la troisième place
Venezuela - Espagne, Stade International d’Amman, 21 octobre, 17h00 (heure locale)

Une chose est sûre : l’Espagne réalisera une performance inférieure à celle de 2014 au Costa Rica, où elle avait terminé avec la médaille d’argent autour du cou. Quant au Venezuela, il est déjà assuré de faire au moins aussi qu’il y a deux ans, où il avait perdu la "petite finale". L’objectif sud-américain est clair : réaliser la meilleure performance de l’histoire de la Vinotinto en Coupe du Monde, tandis que celui de la Rojita est davantage moral : "Nous sommes parmi les quatre meilleures équipes du monde. Il nous reste un match à disputer, qui sera ‘à la vie, à la mort’, et il faudra le remporter pour que les filles aient une belle récompense pour tous les efforts fournis", annonce Maria Is, la sélectionneuse espagnole.

Autre enjeu de cette rencontre, le futur Soulier d’Or adidas récompensant la meilleure buteuse du tournoi sera peut-être sur la pelouse. La Vénézuélienne Deyna Castellanos et l’Espagnole Lorena Navarro font partie des trois joueuses à cinq buts, avec la Nord-Corénne Ri Hae Yon.

La joueuse
Riko Ueki (Japon)

Avec quatre buts en quatre matches, dont trois terminés avec le titre de Joueuse Live Your Goals du Match, Riko Ueki pourrait être considérée comme le meilleur élément d’un Japon homogène, où toutes les joueuses semblent évoluer au même - très haut - niveau, quelle que soit la composition d’équipe. Mais le sélectionneur Naoki Kusunose l'a laissée sur le banc pour la demi-finale, estimant qu’il avait aligné ses joueuses "en meilleure condition". Cela n’a pas empêché le Japon de s’imposer 3:0, sans même que l’on remarque l’absence de sa meilleure buteuse. Mais on peut difficilement imaginer que l’entraîneur nippon se passera encore une fois de son principal atout offensif pour le match décisif du tournoi.

La stat
1
- Sur les quatre finales de Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA disputées jusqu’à présent, une seule s’est décidée dans le temps réglementaire, avec la victoire du Japon 2:0 contre l’Espagne en 2014. La RDP Corée a gagné en prolongation en 2008, et perdu aux tirs au but en 2012. Quant au Japon, il s’était incliné aux penalties en 2010. Si cette statistique est la preuve que les finales sont toujours indécises et équilibrées, on sait déjà que celle-ci ne se décidera pas en prolongation puisque le règlement prévoit qu’en cas d’égalité après 90 minutes, la décision se fera directement des 11 mètres.

Entendu…
"Tout n'a pas été parfait en demi-finale, il y a eu quelques erreurs que l'on doit encore améliorer avant la finale. Mais il faudra aussi continuer à insister sur nos points forts" - Naoki Kusunose, sélectionneur du Japon