"C'était une expérience très riche. Nous savons où nous situer maintenant….Ce n'est que le début", résume Rand Albustanji, gardienne de but de la Jordanie, au sujet de la première participation de son pays à la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA. Après trois défaites et des adieux suite au match contre la Nouvelle-Zélande, c'est avec tristesse que les Jordaniennes ont quitté le Stade du Prince Mohammed. "Malgré les trois défaites et les nombreux buts encaissés, nous avons acquis une expérience importante pour le futur", estime Albustanji au micro de FIFA.com. "Notre équipe a participé à sa première grande compétition et nous ne connaissions pas ce niveau".

Albustanji a été titulaire pour les trois matches et elle a encaissé 15 buts. Elle a quand même réalisé 23 arrêts, soit le meilleur total de la compétition, avec un taux de réussite de 60,5 %. "Ces chiffres montrent que j'étais sous une pression continue durant les matches", analyse-t-elle. "C'est normal car les adversaires étaient beaucoup plus expérimentées que nous. J'ai tout fait pour ne pas encaisser de buts et j'ai beaucoup appris de cette expérience, même si c'était dur".

On peut croire qu'Albustanji s'entraîne à son poste depuis sa plus tendre enfance. Mais non. Elle a d'abord évolué en tant qu'ailière droite, avant de passer au poste de gardienne il y a deux ans et demi. "Avant les qualifications pour la Coupe d'Asie U-14, en 2014, j'ai décidé de mettre les gants. J'ai été convaincue par deux choses : la gardienne de but est la moitié de l'équipe et la joie de réaliser un arrêt équivaut à celle d'un but", se justifie celle qui veut marcher sur les pas de deux hommes, qui possèdent les qualités qu'elle recherche : le capitaine de la sélection jordanienne, Amer Shafi, et le portier espagnol Iker Casillas, champion du monde et d'Europe.

Un bond en avant
Autre joueuse à ressortir grandie de l'expérience mondiale, la capitaine Luna Sahloul regarde avec fierté le parcours de sa formation. "Je suis fière car nous avons inauguré la présence jordanienne au niveau mondial. Nous nous attendions à des matches difficiles", admet-elle. "Le football s'apprend dès l'enfance. Je pense que ces années d'apprentissage que les autres équipes ont en plus que nous ont joué en leur faveur. Nous avons posé la première pierre d'un football féminin qui avance et c'est un bond en avant pour nous", ajoute la défenseuse centrale, qui a été constamment mise sous pression par les attaques adverses. "Chaque adversaire possédait des qualités différentes : la vitesse, la technique, la force physique, la performance tactique… Ces défaites sont sans doute nécessaires pour progresser. Nous allons continuer à travailler pour être meilleures, le plus vite possible".

Sa collègue en défense, Alanoud Ghazi, confirme l'analyse. "La différence avec les adversaires était importante. C'est la première fois que nous disputons une compétition mondiale. Nous avons tout donné, mais une année et demi d'entraînement sans compétition officielle n'est rien comparé à cinq années voire plus de compétition dans les grands tournois nationaux et continentaux", reconnait-elle. "Il ne faut pas baisser la tête. Nous sommes fières d'avoir rencontré des adversaires qui ont une grande avance sur nous. Nous allons conserver notre courage et notre soif de progresser. J'espère passer en équipe A pour disputer la Coupe d'Asie 2018 et jouer avec mes idoles, les défenseuses Ayah Al Majali et Yasmeen Khair. Je prends toujours Yasmeen pour modèle car je veux devenir aussi courageuse et à l'aise qu'elle sur le terrain. Je ne suis défenseuse que depuis deux ans".

Les Jordaniennes sont sorties perdantes mais elles croient davantage en elles désormais et visent un avenir brillant. Elles connaissent maintenant le chemin à prendre.