Le développement du football féminin passe par les joueuses et les clubs, mais aussi et surtout par les entraîneurs. La FIFA leur a donc consacré un atelier de travail régional dans la capitale jordanienne, Amman, en marge de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA, Jordanie 2016.

Seize entraîneurs de football féminin ont participé à cet atelier, qui s’est tenu sur dix jours et s’est terminé le 9 octobre 2016. Ils sont venus des Émirats Arabes Unis, de Palestine, de Syrie, du Bahreïn, d’Oman, d’Iran et de Jordanie pour assister à des conférences théoriques et pratiques présentées par deux spécialistes de la FIFA, la Suédoise Anna Signeul et l’Allemande Anya Balosevic.

Nour Al Mazroui, capitaine de la sélection féminine émiratie et titulaire de la licence d’entraîneur asiatique de niveau A, faisait partie des participants. "Cet atelier a été très utile. J’ai participé à la première session, que la FIFA avait organisée en Nouvelle-Zélande en 2008. Maintenant que nous en sommes à la cinquième édition, beaucoup de choses ont évolué dans le monde de l’entraînement", juge-t-elle. "Nous avons obtenu des informations précieuses lors de ces conférences. Nous avons étudié en détail le travail quotidien que doit accomplir un entraîneur pendant les séances tout en l’adaptant à l’âge des joueuses".

Passionnée de football depuis son enfance, Nour a franchi toutes les barrières pour rejoindre la première équipe féminine de son pays, fondée à Abou Dabi en 2004. "Le football féminin s’est répandu aux quatre coins du monde. Dans les pays arabes, nous voulons aussi être de la partie. Aux Émirats, nous avons un plan pour les prochaines années. La Fédération et la Commission chargée du football féminin sont déterminées à atteindre un niveau compétitif. La route est encore longue mais nous sommes déterminées. Nous allons transmettre notre expérience à nos collègues et profiter au mieux de toutes ces informations", ajoute-t-elle.

Un changement positif

"Jordanie 2016 porte une signification qui va au-delà du football. Cette compétition est une preuve de la progression des femmes dans le sport et la société", estime pour sa part Mayi Cruz Blanco, Responsable du Développement du Football Féminin de la FIFA. "La FIFA est fière de cet événement et espère qu’il aura un impact sur la vie des filles et des femmes durant les prochaines années. L’organisation d’un atelier de travail avec une grande majorité de femmes entraîneurs montre que les temps changent. Nous allons tout faire pour soutenir ces femmes, en espérant qu’elles seront des modèles dans leurs pays".

L’ancienne joueuse syrienne Maha Janoud a souligné l’importance de participer à cet atelier : "En tant qu’entraîneurs, nous avons besoin de sessions approfondies. Les informations que nous avons obtenues sont inestimables car nous étions confrontés à la réalité du terrain. Nous avons analysé les performances des équipes participant à la compétition, puis nous en avons discuté avec les conférencières de la FIFA et les collègues. Nous sommes ensuite allés au stade d’entraînement pour une application avec les joueuses de la sélection jordanienne U-19. J’ai été surprise par la performance du Japon, que je considère comme l’une des meilleures équipes du monde grâce à son organisation tactique. Pendant les discussions, j’ai relevé des détails techniques que je n’aurais pu découvrir seule. C’est une expérience riche et unique".

Janoud va retourner à Damas pour transmettre son expérience aux jeunes filles. Elle dirige actuellement l’équipe d’Al Muhafaza, qui vient de remporter le championnat de Syrie féminin. La Jordanienne Maha Al Nasser a le même objectif. "Je n’ai pas joué au football mais je vais essayer de m’y mettre en vitesse" annonce-t-elle en souriant. "Mon amour du jeu m’a poussée à rechercher des séances d’entraînement. J’ai obtenu la licence asiatique de niveau C et je vais obtenir les autres durant les prochaines années. J’ai participé à de nombreuses séances auparavant mais celle-ci est totalement différente. Nous avons découvert le travail des entraîneurs durant l’une des plus grandes compétitions. Le fait d’analyser et de discuter des performances des équipes participantes a été très utile. Nous avons observé certaines choses avant de les appliquer sur le terrain à l’entraînement", poursuit-elle, avant de révéler son objectif personnel : "Je veux travailler avec les sélections féminines jordaniennes et contribuer au développement de ce sport ici. Il est essentiel de travailler avec les jeunes filles pour les faire progresser. Nous sommes toutes en quête d’un avenir radieux".

Les participants vont transmettre les compétences footballistiques acquises à tous leurs collègues dans leurs pays afin de développer le football féminin au Moyen-Orient, lequel est entré dans une nouvelle ère après la tenue de cette première compétition féminine internationale sur son sol.