L'Angleterre et les penalties. C'est un sujet qui, au fil des années, a donné lieu à de nombreux livres, documentaires, débats et autres discussions sans fin. Si les penalties sont un peu une névrose nationale outre-Manche, ce n'est pas sans raison. Entre 1990 et 2012, les Three Lions ont en effet été éliminés de six grandes compétitions internationales pour avoir perdu une épreuve des tirs au but. Conséquence, quand un joueur revêtu du maillot anglais s'apprête à tirer un penalty, dans n'importe quelle compétition ou catégories d'âge, des sourires et des regards nerveux sont échangés. Et tout le monde, bien sûr, pense à la même chose.

Tout le monde, sauf Georgia Stanway. L'attaquante de Manchester City n'était même pas née au moment des trois premières de ces six séries. C'est sans doute ce qui lui permet d'avoir une attitude assez décomplexée par rapport à l'exercice. "Avec les penalties, la seule chose qui compte est de les mettre au fond", lance-t-elle à FIFA.com.

Stanway, n'a pas simplement converti les deux penalties qui ont permis à l'Angleterre d'éliminer le Brésil et d'ouvrir à son pays les portes des quarts de finale de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA, Jordanie 2016. Elle l'a fait avec la manière. Une lucarne droite, une lucarne gauche, dans ce qu'une étude scientifique menée en 2014 a identifié comme "les zones indéfendables". Le tout avec beaucoup de puissance, et avec le risque que comporte tout penalty frappé en hauteur et en force. Stanway est la première à reconnaître sa prise de risque. "Je n'irai pas jusqu'à dire que je les tire toujours comme ça mais en même temps, ce ne sont pas non plus des penalties normaux. Cela dit, il est certain que je ne tente pas la lucarne à chaque fois",  admet-elle.

"Je suis simplement heureuse d'avoir pu les mettre au fond et aider ainsi l'équipe à remporter une victoire que nous souhaitions tellement", poursuit-elle. 'Nous ne voulons pas rentrer à la maison, et encore moins à l'école, par conséquent nous allons tout faire pour rester en course le plus longtemps possible. J'ai marqué les buts, mais tout le monde a joué son rôle. Je pense que nous méritons vraiment cette victoire. Nous méritons la qualification."

Un penalty pour tout un pays
Stanway ne veut visiblement pas se mettre en avant, mais elle sera bien obligée de reconnaître qu'elle a établi un nouveau record en devenant la première joueuse à convertir deux penalties au cours d'une même rencontre de Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA. Après avoir réussi le premier, et avec quelle classe, le deuxième lui a toutefois mis une certaine pression. "Quand vous en avez déjà marqué un et que vous devez en tirer un deuxième, un certain nombre de choses vous passent par l'esprit. Est-ce que je dois frapper exactement pareil, ou est-ce que je change de côté ? À quoi pense la gardienne ? Il y a tout un travail de réflexion à faire, mais une fois que vous prenez votre élan, il faut avoir la tête vide et se concentrer pour que le ballon rentre", détaille-t-elle.

C'est exactement ce qui s'est produit, à un petit détail près : le ballon a rebondi sur le dessous de la barre, puis derrière la ligne de but, avant d'aller faire trembler le haut du filet. "Pendant un instant, j'ai été très inquiète", avoue-t-elle. "Mais la balle est entrée donc pour moi, c'est un beau penalty !"

Pour elle, et pour tout un pays.