La Colombie a fait une entrée fracassante dans l'arène mondiale des U-17, où ses artistes du ballon rond rivalisent de talent et de génie. La figure de proue des jeunes Cafeteros est un ailier gauche doté d'un pied de velours et d'une vitesse hallucinante. Stiveen Mendoza a électrisé le public de Calabar, ville côtière du Sud du Nigeria.

"La circulation de balle et la provocation des défenses par le dribble, ça fait partie de la tradition de notre football. Je crois que les joueurs colombiens cherchent à nouer des liens de complicité avec le ballon", explique Mendoza, 17 ans, à FIFA.com qu'il a reçu dans l'hôtel de l'équipe à Tinapa, sur les larges berges du fleuve de Calabar. "Mais ce n'est pas de la magie, vous savez. Les coaches nous inculquent ces principes très tôt."

Entré en fin de rencontre lors de l'entame victorieuse des siens contre les Néerlandais (2:1), Mendoza a éclaboussé le dernier quart d'heure de son talent, au point d'être aligné dans le onze titulaire dès la deuxième sortie, qui opposait les Cafeteros à l'Iran. Perturbé par des pluies torrentielles, le match a dû être suspendu pendant plus d'une heure au début de la deuxième période et s'est soldé par un nul vierge.

Standing ovation
Bien que quelque peu freiné par le sol détrempé à la reprise, le feu follet colombien avait eu le temps de se livrer à un véritable festival en première mi-temps. Ses zigzags et autres tours de passe-passe, dont une course folle sur plus de 40 mètres qui a laissé quatre Iraniens sur place, ont enflammé le public, qui lui a décerné une standing ovation, tout à la joie de découvrir ce diamant brut venu d'un autre continent.

"C'est un sentiment agréable", ajoute timidement Mendoza, qui évolue dans l'équipe réserve de l'America de Cali. "La magie du football, c'est la joie et le bonheur qu'il apporte aux gens. Ma famille, les supporters colombiens ou le public nigérian, pour moi, c'est pareil. Cela me rend heureux."

Contrôle impeccable d'une ouverture de 30 mètres, slaloms endiablés le long de la craie ou feinte de corps dans la surface, rien n'arrête le petit prodige, qui se marie à merveille au redoutable triangle offensif Wilson Cuero-Deiner Cordoba-Gustavo Cuellar. "Nous jouons côte à côte depuis longtemps", observe Mendoza, qui a pris pour modèle la vedette argentine Lionel Messi. "Les entraîneurs savent que nous travaillons bien ensemble et que nous nous comprenons. Ils nous encouragent dans ce sens."

Calabar sous le charme des Cafeteros
Derniers qualifiés de la compétition préliminaire sud-américaine, les Cafeteros respirent une allégresse souriante et festive qui a séduit les habitants de Calabar, berceau du tout premier match de football disputé au Nigeria. Lorsque l'entraîneur et les joueurs entrent ou sortent du stade U. J. Esuene, parfois en dansant au son des musiques colombiennes invariablement tonitruées par les haut-parleurs, ils sont accueillis par des olas enthousiastes de la part des spectateurs, qui apprécient tout autant le football que la fête.

"Nous aimons chanter et danser, cela fait partie de notre culture", poursuit humblement le joueur, qui a été repéré par le club de Cali un jour où il accompagnait son petit frère, et plus grand fan, à un entraînement junior. "C'est inné chez nous."

Avec quatre points moissonnés en deux matches, les Colombiens sont en bonne position pour passer le premier tour. Leur dernier match de poule les opposera à la Gambie. Une victoire, voire un nul, face aux Africains, qui n'ont engrangé aucun point pour l'instant, leur assurerait une place en huitièmes. "Notre objectif est de remporter le tournoi, c'est aussi simple que ça. Nous voulons battre tous nos adversaires, quels qu'ils soient."

Sympathique et décontracté, Mendoza se montre extrêmement fier de porter les couleurs de son pays. "Quand je mets le maillot, je ressens un sentiment extraordinaire, confie-t-il. C'est difficile à décrire. Je pense à ma famille, à mes amis, à mon pays, et j'en ai les larmes aux yeux". C'est précisément cette passion et l'étourdissant talent des jeunes espoirs colombiens qui ont conquis les cœurs nigérians.