La sélection turque ne manque ni de talent ni de détermination, elle qui s'est fixé comme objectif de décrocher le titre mondial U-17 au Nigeria. Dans leur ambitieuse quête, les Ottomans pourront compter sur leur buteur assoiffé, Muhammet Demir.

Puissant et compact, le jeune numéro 9 a déjà effectué ses débuts dans l'élite turque avec le promu de Bursaspor. En Afrique, ses deux buts en autant de matches font de lui un candidat sérieux pour le titre de meilleur réalisateur de la compétition. Comme tout artilleur qui se respecte, Demir n'a qu'une seule et unique chose en tête : le but.

"Ç'a été dur de suivre le match depuis le banc aujourd'hui", confie le jeune homme à FIFA.com. Assuré que son équipe allait terminer à la première place suite à ses victoires contre le Burkina Faso et le Costa Rica, Abdullah Ercan avait décidé de mettre au repos sa jeune star, ainsi que trois autres titulaires, pour la dernière journée du Groupe D, à Calabar. "Je ne cache pas que je veux terminer meilleur buteur de cette Coupe du Monde. Si un attaquant dit le contraire, c'est un menteur", rigole Demir, appuyé contre un mur devant la salle de contrôle anti-dopage de l'U.J. Esuene Stadium.

"On va aller au bout"
"Pour le moment, il y a un Allemands devant moi au classement", dit-il en se référant à Lennart Thy, trois unités au compteur. "Mais ça va. Je pense que mon équipe va aller au bout de cette compétition, donc je vais avoir beaucoup d'autres occasions de marquer", glisse-t-il dans un sourire taquin.

Si le jeune Turc espère terminer en tête du classement des buteurs, il croit surtout son équipe capable d'aller chercher le titre mondial sur le sol africain. "C'est simple : je veux qu'on gagne. C'est ce que je veux par-dessus tout. Si nous continuons à évoluer à notre meilleur niveau, nous pouvons être champions du monde", continue Demir, dont l'association avec l'élégant créateur Engin Bekdemir est un délice pour les yeux. "Nous avons une très bonne équipe. Je sais bien que tout le monde dit ça à propos de son équipe, mais nous formons une famille. Chaque joueur, qu'il soit titulaire ou remplaçant, évolue à un très haut niveau. Nous sommes amis, nous sommes coéquipiers, nous sommes une famille."

"Ça donne des idées"
L'homme derrière cette osmose n'est autre que l'entraîneur Ercan. Si ses protégés visent le haut du pavé au Nigeria, lui a déjà goûté à la gloire sous les couleurs nationales. Membre de la sélection demi-finaliste de la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002, il restera à jamais dans les annales du football turc. "Il nous parle beaucoup de sa carrière et de la Coupe du Monde 2002. Ça nous donne des idées."

Mais où était Demir lors de cet historique été 2002 ? L'intéressé rougit et tourne la tête dans un sourire gêné : "J'étais en primaire. L'instituteur a apporté un minuscule téléviseur dans la classe pour qu'on puisse suivre le quart de finale contre le Sénégal", se souvient le jeune homme. "Quand Ilhan Mansiz a marqué le but de la victoire en prolongation, je suis devenu dingue. J'ai tellement sauté dans tous les sens que je suis tombé sur la tête et je me suis coupé ! Mais j'étais tellement heureux que je ne sentais rien."

Nul doute que le jeune Muhammet est prêt à verser encore un peu de sueur et de sang pour décrocher un titre mondial historique... et pourquoi pas le Soulier d'or.