Si les Etats-Unis ont dû se contenter de deux courtes victoires 1:0 pour se glisser en huitièmes de finale, ils n'en ont pas moins séduit le public nigérian pour autant en proposant à chacune de leurs sorties un football léché. Les habitants de Kano qui s'attendaient à voir une formation athlétique, courageuse et rigoureuse, dans la grande tradition du football américain, ont été les premiers surpris de cette transformation.

"La technique, je ne connais que ça", avoue l'ancien international colombien Wilmer Cabrera au micro de FIFA.com après que son équipe eut obtenu sa qualification pour la seconde phase du tournoi. "Mes garçons sont déjà très à l'aise avec l'aspect physique, alors j'essaye de concentrer mes efforts sur la technique. Je crois que la façon dont nous jouons actuellement illustre parfaitement le travail que nous avons réalisé."   

Luis Gil s'est imposé comme un meneur de jeu élégant et raffiné au sein du milieu de terrain, tandis que Jack McInerny, meilleur buteur des qualifications de la CONCACAF, est souvent présenté comme l'un des attaquants les plus complets de Nigeria 2009. Tout au long du premier tour, les jeunes Américains ont fait preuve d'une grande habileté dans la circulation du ballon. Toutefois, le test qui les attend le 4 novembre prochain à Kaduna est d'une toute autre envergure, puisqu'ils devront défier l'Italie. Vétéran de deux Coupes du Monde de la FIFA et deux Championnats du Monde Juniors de la FIFA, Cabrera espère bien évidement que son plan de jeu continuera à porter ses fruits.   

"Nous progressons à chaque match", explique le sélectionneur américain, qui n'a sans doute pas oublié que ses joueurs ont laissé filer un avantage d'un but à onze contre dix pour leur entrée en lice face à l'Espagne. "Nous ne sommes pas encore capables de changer de style de jeu ou de philosophie en fonction de l'adversaire. Tout ce que nous pouvons faire, c'est poser la balle à terre et jouer. Si nous n'avons pas le ballon, nous devons rester concentrés et nous battre pour le récupérer le plus vite possible."

Problèmes de finition
L'ancien latéral colombien a tout de même un sujet d'inquiétude : le manque de réalisme affiché par ses joueurs depuis le début de la compétition. Lors de leurs deux succès devant les Emirats Arabes Unis et le Malawi, les Américains ont fait preuve d'une maladresse coupable dans le dernier geste. "Nous nous créons beaucoup d'occasions mais nous n'arrivons pas à les convertir. Néanmoins, nous avons des opportunités, c'est le plus important. Le football est comme ça parfois. Il faut rester serein et continuer à jouer du mieux possible."

Interrogé sur les perspectives de son équipe dans cette Coupe du Monde U-17 de la FIFA, Cabrera devient soudain pensif et se refuse à tout excès d'optimisme. "Difficile à dire... Dans cette tranche d'âge, l'équipe peut se montrer éblouissante un jour et très fantasque le lendemain. L'essentiel, c'est de faire en sorte que les joueurs restent concentrés sur leur objectif pendant 90 minutes."

Si le manque d'efficacité de ses protégés le laisse parfois sceptique, Cabrera reconnaît cependant volontiers qu'une nouvelle victoire 1:0 contre l'Italie suffirait amplement à son bonheur. "Sans problème", s'exclame-t-il en souriant. "Dites-moi juste où je dois signer !"