Les touristes qui ont eu l'occasion de se rendre au stade Nnamdi Azikiwe pendant la Coupe du Monde U-17 de la FIFA ont vite compris qu'Enugu était une ville de football. Quelles que soient l'affiche ou l'importance de la rencontre, l'ambiance a toujours été au rendez-vous dans les tribunes.   

De leur côté, les habitants d'Enugu ont eu l'occasion d'élargir leurs horizons en suivant les prestations des représentants de cinq confédérations différentes. Composé de la Turquie, du Costa Rica, de la Nouvelle-Zélande et du Burkina Faso, le Groupe D a constitué l'essentiel du menu. Toutefois, la dernière journée de la phase de poules fut aussi l'occasion d'assister au choc entre l'Iran et les Pays-Bas. Enfin, le dernier match programmé dans cette grande cité du sud-est du Nigeria s'est soldé par la victoire de la Turquie sur les Emirats Arabes Unis pour le compte des huitièmes de finale.

Venus en voisins, les Burkinabés ont sans doute bénéficié d'un soutien un peu plus fervent mais toutes les équipes présentes à Enugu ont été chaleureusement applaudies par les nombreux spectateurs. Visiblement émus par ces témoignages de sympathie, les jeunes joueurs n'ont pas ménagé leurs efforts pour offrir au public un spectacle de qualité. Au final, c'est le football lui-même qui fut le roi de la grande fête organisée à Enugu. Les cris de joie qui ont accompagné chaque incursion d'une équipe dans le camp adverse sont là pour le prouver. Dans les gradins, les applaudissements, les olas et les concerts de cornes de brumes se sont succédé à un rythme effréné.   

Les idoles Okocha et West
La ville d'Enugu, qui doit sa croissance à l'exploitation du charbon, n'a peut-être pas la renommée grandes agglomérations comme Lagos ou Abuja. Cela ne l'a pas empêchée de s'imposer comme l'une des destinations les plus sympathiques de cette Coupe du Monde U-17 de la FIFA 2009, grâce à la gentillesse et à l'enthousiasme de ses habitants. Sur le plan des résultats, les Rangers International (ex-Enugu Rangers) ont remporté six titres de champion, plus qu'aucune autre équipe au Nigeria. Beaucoup de futurs grands joueurs y ont fait leurs classes, au premier rang desquels Jay-Jay Okocha et Taribo West.

L'essentiel des rencontres s'étant disputé à guichets fermés, les jeunes espoirs du monde entier se sont tout de suite senti les bienvenus à Enugu. "Ce n'est pas tous les jours que l'on peut suivre un tournoi de cette importance. Tout le monde ici est très enthousiaste", explique Isu Okogeri, arrivé au stade quelques heures avant le coup d'envoi du dernier match afin de mieux goûter l'atmosphère festive.   

"Tous les Nigérians aiment le football", poursuit-il tandis que, derrière lui, un groupe déploie un drapeau des Emirats arabes unis. Les gens sont venus de tout le pays pour suivre les matches à Enugu. Si je peux, j'essaierai de me rendre à Lagos ou à Abuja pour voir d'autres rencontres parce que j'adore le football ! Je voudrais que cette compétition ne finisse jamais !"

Un héritage à long terme
Dix ans après avoir accueilli la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Enugu a fait peau neuve pour ses retrouvailles avec le très haut niveau. Un tout nouveau stade, doté d'une superbe pelouse synthétique dernier cri, a notamment été construit à l'occasion de Nigeria 2009. "La Coupe du Monde est déjà terminée à Enugu mais nous avons beaucoup de très beaux souvenirs et nous disposons maintenant d'infrastructures qui ne demandent qu'à être utilisées", observe l'honorable Chidi Ofo Okenwa, responsable du site d'Enugu pour le compte du Comité organisateur. "Je tiens à remercier la FIFA, qui n'hésite pas à confier l'organisation de grandes compétitions à des pays comme le Nigeria."

Enugu, qui fêtera son centenaire en fin d'année, est aujourd'hui un grand centre universitaire. De fait, les jeunes furent nombreux dans les tribunes, ce qui explique peut-être l'ambiance électrique qui a régné tout au long du tournoi. "La Coupe du Monde rapproche les pays. En tout cas, j'ai l'impression qu'Enugu est désormais plus proche du reste du monde", constate le jeune diplômé Ortega J.T. Okolo, membre de l'équipe des volontaires." Les cinq continents ont les yeux rivés sur nous. L'espace de quelques semaines, tout le monde se retrouve au même endroit. C'est vraiment une expérience unique. J'en parle souvent avec mes amis et ma famille. Un jour, j'en discuterai avec mes enfants."    

Dans un tournoi conçu pour laisser la parole aux stars de demain, il était logique que le mot de la fin revienne à Goodluck. Comme beaucoup d'enfants de son âge au Nigeria, ce timide porte-drapeau tout juste âgé de 14 ans ne vit que pour le football. Lorsque nous lui avons demandé s'il aimerait un jour se retrouver à la place des joueurs qu'il a accompagnés sur le terrain pendant deux semaines, la réponse ne s'est pas fait attendre : "Oui, si Dieu le veut ! J'aime tellement le football !"