C'est un mélange de frustration et de fierté qui anime les Néo-Zélandais avant de rentrer à la maison. Frustration liée à la fessée prise contre le Nigeria en huitièmes de finale. "Nous sommes sortis de ce premier tour en se disant qu'on pourrait faire quelque chose, nous ne venions pas en victime expiatoire. Mais au bout du compte, les Nigérians étaient trop forts, trop rapides, jouaient trop bien au ballon. L'idée était de les prendre en contre, mais ça c'est avéré trop difficile pour nous", résumait le capitaine Gordon Murie, abattu, après le match.

Totalement perdus sur le terrain ce 5 novembre à Abuja, les Kiwis ont mis du temps à sortir des vestiaires, complètement groggy. Comme pour s'en persuader, Murie analysait la rencontre sans chichi. "Nous n'avons jamais pu nous adapter à leur vitesse et leur jeu collectif. Nous avons fait de notre mieux, notre assise défensive nous a réussi lors des trois premiers matches de poule, mais nous n'avons pas pu continuer face aux Nigérians. Je suis déçu que nous n'ayons pas pu mieux défendre ce soir, que ça ait été si facile pour eux de marquer, alors que c'était normalement notre point fort", notait celui qui veut continuer le football à l'Université aux Etats-Unis avant de rejoindre, pourquoi pas, la MLS.

Nous avons essayé mais nous n'avons rien pu contre les Nigérians. Cela dit je suis fier du parcours de mes garçons, ils sortiront de ce tournoi meilleurs joueurs et meilleurs hommes
Stephen Cain, sélectionneur de la Nouvelle-Zélande

"Bien sûr que ce résultat ne me satisfait pas, on ne peut pas être content de prendre cinq buts. En venant ici, nous savions qu'il nous faudrait défendre becs et ongles, que ce serait la clef car nous étions face à des équipes de classe mondiale. Nous avons essayé mais nous n'avons rien pu contre les Nigérians. Cela dit je suis fier du parcours de mes garçons, ils sortiront de ce tournoi meilleurs joueurs et meilleurs hommes, j'en suis persuadé", positivait le sélectionneur Stephen Cain.

Authentique exploit 
Car il ne faut pas l'oublier, la Nouvelle-Zélande a réussi un authentique exploit en se qualifiant pour les huitièmes de finale, en ne concédant aucune défaite qui plus est. En 16 participations à des tournois de la FIFA, c'est la première fois que les All Whites atteignent ce stade. "Il faut comprendre que le football n'est pas aussi important en Nouvelle-Zélande qu'il l'est dans les 23 autres nations qualifiées ici", glisse Murie au passage. "C'est une expérience fantastique de participer à la Coupe du Monde. C'est un honneur de représenter son pays", ajoute-t-il des étoiles dans les yeux.

Les Kiwis ne rentreront donc pas au pays uniquement avec cinq buts nigérians dans la valise. Avant cela, ils ont accumulé les bons souvenirs. "Je me souviendrais d'abord de ce point acquis contre le Costa Rica, qui a tout déclenché. Personnellement bien sûr, le but que j'ai marqué contre le Burkina Faso. Sans lui, nous n'aurions pas pu nous qualifier, c'est une grande fierté", liste Murie.

Ce but venu d'ailleurs de Jack Hobson-McVeigh à la 92ème minute contre la Turquie, qui nous a envoyé en huitième de finale, c'est inoubliable...
Gordon Murie, capitaine des Kiwis

Mais bien sûr, le grand moment date du 31 octobre, lors du match contre la Turquie. "Ce but venu d'ailleurs de Jack Hobson-McVeigh à la 92ème minute contre la Turquie, qui nous a envoyé en huitième de finale, c'est inoubliable...", dit le défenseur néo-zélandais, un brin mélancolique. La déception passée, il en vient même à trouver du positif dans la défaite. "Malgré le résultat, jouer devant cette foule énorme dans ce grand stade. Le bruit de la foule m'a marqué, jamais je n'avais eu l'occasion de jouer devant un tel public..."

A n'en pas douter, les All Whites ont aimé ce à quoi ils ont goûté en passant la phase de groupe. Il leur reste maintenant à faire en sorte que cette réussite ne reste pas dans les annales du football kiwi comme un exploit isolé.