
Viktor Fischer reçoit le ballon sur le flanc gauche. Face à lui, le latéral Wallace lui bloque le passage. Qu'à cela ne tienne. Collé à la ligne de touche, l'attaquant danois fixe le défenseur brésilien, repique en diagonale vers le centre et frappe au but. Seul un exploit du gardien Charles prive les Danois de leur premier but en Coupe du Monde U-17 de la FIFA. Malgré la défaite du Danemark 3:0 face au Brésil lors de la première journée du Groupe F, Fischer a illuminé le match de son talent.
Le lendemain dans la délégation danoise, personne ne semble particulièrement surpris de la prestation de Fischer. De l'avis général, on trouve même surprenant que le jeune attaquant de l'Ajax n'ait pas réussi à trouver le chemin des filets face au Brésil.
À dire vrai, l'intéressé lui-même ne paraît pas particulièrement satisfait de sa performance sur ce match. "Je n'ai pas mal joué, mais c'était quand même loin d'être parfait", regrette-t-il. "J'ai eu plusieurs occasions qui auraient pu changer le cours du match si je les avais transformées. Le score final est sévère. Je ne me pardonne pas d'avoir manqué ces opportunités. Comme je vous l'ai dit, je n'ai pas été mauvais. Mais vous ne pouvez pas non plus être satisfait quand vous perdez un match 3:0."
L'avenir du football danois
Les attentes autour de Fischer sont très claires. "C'est un joueur extrêmement habile, bourré de talent, un des meilleurs espoirs danois de ces dernières années", affirme l'entraîneur Thomas Frank. Au pays de Michael Laudrup, on sait comment cultiver les jeunes talents de la trempe de Fischer. D'autant plus que le petit prodige est entouré de coéquipiers pas maladroits non plus, comme les spectateurs ont eu l'occasion de s'en rendre compte lors des qualifications européennes pour cette Coupe du Monde U-17 de la FIFA. "Cela fait quatre ou cinq ans que nous mettons l'accent sur la technique. Le résultat, ce sont des joueurs comme Fischer qui, espérons-le, sont l'avenir du football danois", poursuit Frank.
Contre le Brésil, Fischer - qui a finalement ouvert son compteur à buts au match suivant, contre la Côte d'Ivoire - a su faire apprécier les différentes facettes de son talent, où la technique individuelle le dispute à un sens du collectif qui s'exprime notamment dans la capacité à servir ses coéquipiers. "J'ai toujours un œil sur les défenseurs, pour savoir exactement où je peux mettre le ballon pour un coéquipier. Quand je reçois la balle, je sais déjà ce que je vais en faire, car j'ai pris mes informations avant", explique celui qui dit avoir grandi avec comme modèle un certain Thierry Henry, lorsque ce dernier faisait les beaux jours d'Arsenal.
Parler peu, mais bien
Aujourd'hui, le Danois cite Lionel Messi comme référence obligatoire, mais pas seulement. Il apprécie particulièrement le style de l'Espagnol Pedro ainsi que celui de l'Italien Mario Balotelli. Fischer est également un grand amateur de basket-ball. Son idole en la matière est le meneur des Chicago Bulls, Derrick Rose, pour son style basé sur des infiltrations ponctuées de paniers acrobatiques : "Il joue avec un grand dévouement et possède une énorme confiance en lui. Il est fantastique. À son âge, être MVP est incroyable", s'enthousiasme le jeune Danois.
Fischer suscite aussi l'admiration en dehors du terrain, pour son comportement responsable et son attitude exemplaire. Il parle peu, mais bien. Autant de descriptions qui vont comme un gant à Fischer, dont les partenaires disent qu'ils apprécient les qualités de leader.
Le jeune homme encourage en effet ses coéquipiers sur toutes les actions. En outre, il est le premier à reconnaître ses erreurs : "Je suis bon dans les passes et les dribbles, mais si je ne marque pas, ça ne sert strictement à rien". Celui qui a déjà suscité la convoitise des plus grands clubs européens est bien parti pour rejoindre l'un d'entre eux. Tôt ou tard.








