Le football a toujours occupé une place très importante dans la famille Miranda. "La plupart de nos conversations tournent autour du football", confirme José Miranda, 61 ans, professeur d'éducation physique et ancien joueur professionnel puis entraîneur du Deportes Concepción durant la période la plus glorieuse du club chilien. À côté de lui, son fils Mauricio acquiesce. À 36 ans, il s'est lui aussi consacré au football, avant de raccrocher les crampons en raison de blessures à répétition. Aujourd'hui, il travaille comme journaliste dans le même club. Deux vies liées au football donc, et deux trajectoires parallèles.

"Nos vies présentent pas mal de points communs", explique Mauricio au micro de FIFA.com. "Bien sûr grâce au football, mais aussi parce que nous travaillons pour le même club et que nous avons tous les deux aidé à mettre sur pied une Coupe du Monde." Mauricio fait en effet partie de l'organisation de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA 2015, comme l'avait fait à son époque José à l'occasion de l'épreuve U-20 en 1987. Le père et le fils n'ont pas les mêmes fonctions, tout comme sur le terrain ils n'ont pas occupé les mêmes postes. José était milieu de terrain, Marcelo attaquant. "Moi, je suis responsable des communications pour le Comité Organisateur Local à Concepción. Mon père avait travaillé dans la même ville, mais à la billetterie", explique Mauricio.

Trajectoires parallèles, mais différentes
Mais sur le terrain, qui était le meilleur ? Apparemment, il n'y a pas photo. "J'étais attaquant de pointe. J'avais des jours avec, et des jours sans", raconte le fils. "Il ne manquait que les buts", taquine le papa, sur quoi le fiston s'empresse d'ajouter : "Oui, mais je me battais. La combativité était ma principale qualité. Cela dit, c'est vrai, mon père était meilleur. Il n'y a aucune discussion là-dessus. Ma carrière professionnelle a été beaucoup plus courte, alors que lui, il a joué pendant de nombreuses années et dans plusieurs clubs. Il a gagné des titres".

José regrette que son fils n'ait pas vécu - comme joueur s'entend - le début des années 1990, où le Deportes Concepción, petit club d'une ville universitaire avant tout, côtoyait les plus grandes écuries d'Amérique du Sud en Copa Libertadores. "Ce fut une expérience énorme et très heureuse. L'équipe ne mérite pas d'être là où elle se trouve en ce moment, en deuxième division, et nous espérons tous qu'elle va remonter le plus vite possible", affirme José.

Mauricio a vécu cette période dorée de l'autre côté de la ligne de touche, comme supporter :"Grâce à mon père, mon frère et moi avions des places tout près du terrain. Nous connaissions les joueurs. Nous allions régulièrement dans les vestiaires. Aujourd'hui, c'est plus compliqué pour le club. J'espère que nous allons revenir en première division et donner un peu plus de bonheur aux supporters".

Les trajectoires du père et du fils continuent de se dérouler parallèlement, à 28 années d'écart entre ce qui concerne la contribution de l'un et de l'autre à l'organisation d'une Coupe du Monde dans leur propre pays. "Les différences d'une Coupe du Monde à l'autre sont énormes, à commencer par le stade, qui a été complètement rénové. Les communications ont beaucoup évolué elles aussi. Aujourd'hui, c'est l'âge de l'informatique et des réseaux sociaux. Avant, c'était complètement différent. L'autre jour, j'ai été invité à un match. Ça m'a rappelé beaucoup de souvenirs et d'émotions du Mondial de 1987", confie José, qui ne cache pas sa fierté de voir Mauricio suivre la même route que lui. "Pour moi, c'est une satisfaction que mon fils réalise son rêve et participe à une Coupe du Monde. C'est une expérience irremplaçable."

Expériences comparables… et comparées
"Pour moi, le plus précieux est de participer à un événement planétaire. Ça me permet de rencontrer des gens du monde entier qui travaillent dans le même domaine que moi, à savoir les moyens de communication. Professionnellement, c'est très enrichissant", explique Mauricio.

Les chemins du père et du fils ont-ils déjà eu l'occasion de se croiser ? "Oui, nous avons travaillé ensemble à l'organisation de deux tournois scolaires. Ça a duré cinq ans. Ce fut une bonne expérience. Nous étions ensemble à la maison et au travail. Nous n'étions pas d'accord sur tout, car il y a toujours des divergences entre les anciens et les modernes. Mais au final, nous arrivions toujours à trouver une solution", confie José avec un grand sourire.

Ces derniers jours, les deux hommes ont été très occupés et n'ont pas vraiment eu le temps de s'asseoir tranquillement, pour livrer leurs points de vue sur leurs expériences respectives. "Dès que nous aurons un peu plus de temps, nous allons nous poser et comparer la Coupe du Monde d'il y a 28 ans à celle d'aujourd'hui", assure José. Nouvelle occasion de parler football chez les Miranda…