Deux ans et presque 17 000 kilomètres séparent actuellement le Chili de l'Inde. Comment ça ? Alors que la Coupe du Monde U-17 de la FIFA 2015 vient de s'achever au Chili, l'Inde se prépare déjà pour la prochaine édition de l'épreuve suprême de la catégorie, en 2017.

À Viña del Mar, peu de temps avant la finale du tournoi, les autorités du Comité Organisateur Local (COL) du Chili ont ainsi remis un bâton de relais symbolique à Javier Ceppi, Directeur du tournoi, et Kushal Das, Secrétaire Général de la Fédération indienne et et membre du Comité Organisateur Local d'Inde 2017.

"Cette opportunité est très importante non seulement pour le football indien, mais aussi et surtout pour le football mondial", a réagi Ceppi. On veut bien le croire. L'Inde participera à cette occasion à la première Coupe du Monde de la FIFA de son histoire, toutes catégories confondues. Elle le fera avec ses caractéristiques culturelles propres. "Nous parlons là d'un pays de 1,25 million d'habitants, d'un marché gigantesque où l'amour du football est très répandu. L'organisation du tournoi aura un impact énorme."

Ceppi est Chilien. Cela fait un an qu'il vit dans le pays qui organisera l'édition 2017 de la Coupe du Monde U-17. Il est donc mieux placé que quiconque pour évaluer l'impact que devrait avoir cette compétition de portée internationale dans deux ans. "Ce sera incontestablement le plus grand événement sportif de l'histoire de l'Inde. Cette nation a déjà organisé une Coupe du Monde de cricket, une autre de hockey sur gazon, mais c'est la première fois qu'autant de pays vont essayer de décrocher la qualification. La compétition sera diffusée dans 200 pays. Nous n'avons jamais connu un événement d'une telle ampleur en Inde et nous sommes impatients d'y être."

Des défis concrets
On vient de le voir au Chili, une Coupe du Monde U-17 de la FIFA dure un peu plus de 20 jours. Mais pas pour Ceppi, qui annonce comme objectifs de faire en sorte que "pas moins de 11 millions d'enfants puissent s'initier au football, que 2,8 millions de personnes assistent aux matches dans les stades, que 300 millions d'individus découvrent le ballon rond et que 600 millions le suivent à la télévision. Cela va changer le football en Inde".

Si les objectifs sont clairs, les prochaines étapes le sont tout autant. Le COL, explique Ceppi, travail déjà en collaboration étroite avec les autorités gouvernementales pour introduire le football parmi les matières fondamentales dans les écoles. "Peu importe si les enfants jouent à deux contre deux, trois contre trois ou quatre contre quatre, ce qui importe, c'est que au cours des deux prochaines années, ils découvrent l'amour du football."

Le ballon rond a déjà séduit suffisamment de personnes en Inde pour devenir le deuxième sport national. "Les Indiens adorent les championnats d'Angleterre et d'Espagne, ainsi que les équipes nationales d'Argentine, d'Allemagne et du Brésil. Le football n'arrête pas de croître en popularité", poursuit le directeur, qui explique qu'il a suivi de très près le travail réalisé par ses collègues chiliens.

"La délégation chilienne m'a bien montré que cet événement ne se préparait pas du jour au lendemain, mais en deux ou trois ans. Tout est dans le détail. On ne peut rien laisser au hasard. Les délégations qui vont venir en Inde, les équipes, ainsi que tous les supporters vont être impressionnés par la passion des gens et le niveau d'organisation que nous avons là-bas. C'est un pays qui a des problèmes que nous ne connaissons pas en Occident, mais qui pourtant arrive à organiser un championnat national de cricket merveilleux. Si l'on veut prendre un équivalent, le championnat indien de cricket n'a rien à envier à la Premier League anglaise ou à la Liga espagnol pour ce qui est du football. Ça va être impressionnant."