L'Allemagne n'a pas manqué la moindre édition de la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA. La Nationalmannschaft s'est même adjugé le titre à deux reprises, en 2004 et 2010. Les Allemandes s'apprêtent à disputer au Canada, ce dimanche 24 août, leur troisième finale consécutive. Mais pour ceindre une troisième fois la couronne mondiale, il leur faudra venir à bout d'une vielle connaissance. Il y quatre ans, l'équipe entraînée par Maren Meinert s'était imposée 2:0 en finale de l'épreuve face au Nigeria, à Bielefeld. Aujourd'hui, l'ancienne internationale aux 92 sélections, elle-même sacrée championne du monde en 2003, retrouve les Falconets sur sa route.

À quelques heures d'une affiche très attendue à Montréal, la sélectionneuse se confie au micro de FIFA.com.

Maren, à quel match vous attendez-vous ?  
Tout va se jouer sur le physique. Les Nigérianes sont puissantes et rapides. Pour gagner, nous devrons rester fidèles à nos valeurs. Il faudra compter sur nos forces collectives, plutôt que de tenter de faire la différence individuellement.

Au-delà de leur vitesse, quels sont les atouts des Africaines ?
Elles défendent bien et elles se projettent rapidement vers l'avant. Elles sont aussi capables de dézoner sans modifier l'équilibre de l'ensemble. C'est une qualité relativement rare à ce niveau. De plus, elles sont très solides défensivement et donc très difficiles à battre.

Comment préparez-vous cette rencontre décisive ?
La récupération est essentielle. Le tournoi a été long et nous n'avons pas fait tellement tourner notre effectif. Mes joueuses sont fatiguées. Vendredi 21, nous avons effectué un dernier entraînement collectif dans le stade de la finale, afin de revoir quelques points tactiques importants.

Quelles sont les différences entre les générations 2010 et 2014 ? 
Il y a beaucoup de similitudes. Il y a quatre ans, notre équipe avait particulièrement apprécié d'évoluer à domicile. Nous pratiquions un jeu résolument tourné vers l'offensive et les joueuses avaient noué des liens puissants pendant la compétition. C'est la même chose ici. Nous avons été confrontées à de gros problèmes avant le début du tournoi mais en arrivant, nous avons su nous rassembler. Finalement, tout s'est passé comme je l'avais imaginé.   

Quel bilan tirez-vous du parcours de votre équipe ?
Je suis très satisfaite. Nous avons réussi quelque chose d'exceptionnel. Pour s'en convaincre, il suffit de voir la liste de nos adversaires : États-Unis, Chine, Brésil, Canada, pays hôte de la compétition, et France, qui est peut-être la meilleure équipe au monde actuellement. Nous n'avons croisé que de grandes équipes et le Nigeria appartient évidemment à cette catégorie.

Quel a été le temps fort de l'Allemagne ?
Il y en a eu plusieurs. Mais marquer en fin de match contre la France, un peu contre le cours du jeu, c'est toujours un tournant important. Ça se voit également aux réactions des joueuses. Si elles sont folles de joie et qu'elles commencent à perdre la tête, c'est que l'on a affaire à un moment fort.

Votre opinion sur le niveau des gardiennes a-t-elle changé au cours de cette compétition ?  
Tout le monde est conscient des progrès réalisés ces dernières années par les gardiennes. Il y a des détails qui ne trompent pas : les tirs lointains terminent plus rarement au fond des filets et les équipes sont souvent obligées de passer par les côtés pour faire la différence. Cette tendance se retrouve à tous les niveaux. Aujourd'hui, toutes les équipes ont de bonnes gardiennes. Je note également qu'elles sont généralement très à l'aise dans le jeu au pied. Ce n'était pas le cas auparavant. Je crois que tout le monde a énormément progressé à ce poste.

Vous arrive-t-il de glisser quelques suggestions à Silvia Neid en vue de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2015™ ?
La sélectionneuse nationale suit tous nos matches. Elle a également participé à notre préparation. Elle connaît très bien mes joueuses. Elle est toujours ouverte à la discussion. Naturellement, je connais un peu mieux mon effectif. Elle me fait part des joueuses qui lui plaisent et je lui donne mon ressenti. C'est un processus qui se déroule tout au long de l'année. Nous avons la chance d'avoir une sélectionneuse qui n'hésite pas à donner leur chance aux jeunes. Durant l'UEFA EURO 2013, nous avons aligné une équipe largement rajeunie. Dans mon groupe, je pense qu'elles sont une ou deux à pouvoir espérer intégrer l'équipe nationale dès l'année prochaine. C'est tout le mal que je leur souhaite !