Quand le Japon fera son entrée sur le terrain ce mardi 29 novembre pour défier la France en demi-finale de Papouasie-Nouvelle-Guinée 2016, la sélectionneuse Asako Takakura n'aura pas seulement en tête la perspective d'une place en finale. La technicienne nippone sait mieux que quiconque que ces compétitions de jeunes constituent une étape importante avant d'intégrer un jour l'équipe nationale.

En marge de ses activités à la tête de la sélection U-20, Takakura a également mené les U-17 au sacre mondial en 2014. Depuis le printemps dernier, elle est en outre à la tête des Nadeshiko. "S'occuper des U-17 présente un gros avantage : je peux suivre le développement de chaque joueuse. Il est beaucoup plus facile de se faire une idée du potentiel d'une joueuse sur plusieurs années. Notre victoire en Coupe du Monde U-17 a constitué un tremplin pour la suite", explique Takakura à FIFA.com. "À l'issue du tournoi, je choisirai les filles qui ont le niveau pour intégrer l'équipe A. Elles sont plusieurs à pouvoir franchir le pas."

Traditionnellement, les sélections asiatiques font partie des favoris des compétitions de jeunes féminines. La RDP Corée et le Japon en ont encore fourni une preuve en s'affrontant il y a quelques semaines, en finale de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA en Jordanie. Certes, les Petites Nadeshiko n'ont pas réussi à aller au bout de leurs rêves au Moyen-Orient, mais l'ancienne internationale aux 79 sélections n'en est pas moins fière pour autant. "Au niveau de la technique et de la vivacité, nous faisons jeu égal avec la Corée du Nord. En revanche, il nous reste un petit retard physique à combler. Chez nous, le travail de formation est pris très au sérieux. Les bons résultats obtenus dans les compétitions de jeunes sont un encouragement. Notre victoire en finale de la Coupe du Monde 2011 a propulsé le football féminin sur le devant de la scène. Par la suite, nous avons porté encore plus d'attention à la formation. Le sacre de 2011 a inspiré une nouvelle génération et marque un tournant dans l'histoire du football féminin japonais."   

Trois qualités, une identité
En avril 2016, Takakura a pris la succession de Norio Sasaki. L'héritage s'annonce difficile à assumer car ce dernier a conduit son pays à deux reprises en finale de l'épreuve mondiale et a ramené la médaille d'argent des Jeux Olympiques de Londres, en 2012. Toutefois, l'échec dans la course à la qualification pour le Tournoi Olympique de Football 2016 a sonné le glas de son règne. Pour sa part, Takakura peut s'appuyer sur sa créativité et son talent, deux qualités qui ont marqué son parcours de joueuse, que ce soit en sélection ou avec son club, Yomiuri-Seiyu Beleza.

La technicienne de 48 ans se dit convaincue que le Japon ne tardera pas à retrouver son rang, en raison de son style de jeu particulier. "Il nous faut des joueuses ouvertes et rompues à tous les schémas pour s'adapter à n'importe quelle situation. C'est à elles de prendre les décisions sur le terrain et pas à moi. Nous essayons de trouver le bon équilibre entre l'attaque et la défense. Je veux que mon équipe adopte un jeu taillé sur mesure pour les Japonaises. Ça signifie pratiquer un football technique, collectif et basé sur les combinaisons. Ces trois qualités forment la base de notre identité. À mon époque, ces aspects étaient régulièrement mis en avant. En s'appuyant sur nos caractéristiques naturelles, je suis certaine que nous pouvons faire jeu égal avec les autres."

Depuis leur arrivée en Papouasie-Nouvelle-Guinée, les protégées de Takakura ont répondu aux attentes de leur sélectionneuse. Au premier tour, le 6:0 infligé au Nigeria, finaliste de l'édition 2014, a marqué les esprits. La courte défaite (1:0) concédée à l'Espagne a soulevé quelques interrogations, mais les Jeunes Nadeshiko se sont depuis rassurées en dominant le Canada (5:0) et le Brésil (3:1). Toutes les conditions semblent donc réunies pour que l'équipe accède pour la première fois de son histoire à la finale de la Coupe du Monde Féminine U-20.

"Je suis satisfaite de nos résultats, mais mes joueuses peuvent faire encore mieux. Depuis le début du tournoi, nous progressons au fil des matches. Je pars donc du principe que nous livrerons une partie encore plus aboutie en demi-finale. La France est une très bonne équipe, qui possède des atouts sur le plan technique, physique et mental. Je m'attends à un match très difficile, mais je me réjouis à l'idée de relever un ce défi", lance Takakura en conclusion.