LE FILM DU TOURNOI - L'année 2016 est à marquer d'une pierre blanche pour le football nord-coréen. Quelques semaines après la victoire des U-17 en Jordanie, les troupes de Hwang Yong Bong ont triomphé à la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA, Papouasie-Nouvelle-Guinée 2016. "C'est la première fois qu'un tel exploit se produit dans l'histoire", se réjouissait le sélectionneur après la finale remportée face à la France. "Je suis très heureux de notre succès ici, mais il ne faut pas s'arrêter là. Nous devons continuer à travailler pour gagner d'autres titres".

Meilleure attaque du tournoi avec 21 buts, la RDP Corée a marché sur l'eau pendant la compétition. Son jeu généreux et porté vers l'avant et la capacité des joueuses à répéter les efforts ont eu raison de tous ses adversaires, sans parler de cette impressionnante force mentale qui a permis aux Asiatiques de toujours l'emporter dans les moments difficiles, comme quand l'Espagne en quart et les Etats-Unis en demie ont arraché les prolongations, ou quand la France a ouvert le score en finale.  

Les Françaises pensaient tenir le Graal avant que le rouleau compresseur nord-coréen ne se mette en route. Il aura manqué cette réussite qui avait permis à cette même génération de l'emporter en U-17 à Azerbaïdjan 2012, face à ce même adversaire. "Il n'y avait plus d'essence dans le moteur", regrettait le sélectionneur Gilles Eyquem à l'issue de cette défaite, venue sanctionner un parcours éprouvant. Après deux nuls et une victoire dans le Groupe C, les Bleuettes ont tremblé contre l'Allemagne en quart avant de terrasser le Japon en demie, après prolongation. 

"Le point positif, c'est d'avoir rencontré de très belles équipes", résumait Eyquem. "C'est une expérience précieuse pour ces joueuses qui seront, je l'espère, emmenées à faire les beaux jours de l'équipe A". Des joueuses comme Delphine et Estelle Cascarino, Mylène Chavas, Hawa Cissoko ou encore Grace Geyoro sont autant de belles promesses pour l'avenir des Bleues

Le Japon consolé, Allemagne et USA désolés
Respectivement troisième et quatrième, le Japon et les Etats-Unis ont eu deux parcours très différents. Mis à part un court revers contre l'Espagne, les Nippones ont tout écrasé sur leur chemin vers les demi-finales, où leur fantastique collectif a été neutralisé par la défense française. Reste que la formation d'Asako Takakura, deuxième attaque du tournoi avec 16 buts, a démontré que le Japon possède l'un des footballs les plus séduisants de la planète. Avec Yuka Momiki, Mami Ueno ou encore Hina Sugita, la sélectionneuse des Nadeshiko sait que la relève pour l'équipe sénior, dont elle a également la charge, est déjà là. 

Le constat est moins brillant pour les Etats-Unis, triple vainqueurs de l'épreuve dont les certitudes ont été sérieusement bousculées en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Après un parcours laborieux dans le Groupe C, les Stars and Stripes sont passées près de la correction contre les Mexicaines en quart avant de subir la loi de la RDP Corée dans le dernier carré. Côté individualités, Mallory Pugh a confirmé qu'elle était une joueuse de classe mondiale en tirant son équipe d'affaire dans les moments difficiles. 

Second tour et puis s'en va
Parmi les autres équipes ayant atteint le second tour, le Mexique a montré un visage séduisant, notamment avec les jambes de feu de Maria Sanchez et la puissance de Kiana Palacios en attaque. L'Espagne peut se consoler de son élimination après avoir gêné les Nord-Coréennes en quart et enfin battu le Japon, sa bête noire, dans le Groupe B. 

Pour l'Allemagne championne en titre, l'élimination par la France dès les quarts par la France après un parcours impeccable dans le Groupe D a laissé un goût amer. Quant aux Brésiliennes, brillantes individuellement, elles ont montré leurs limites contre les collectifs bien huilés des équipes asiatiques.

Afrique décevante, hôte en apprentissage
Le plus grand déçu du premier tour est sans doute le Nigeria, qui n'a pas pu faire honneur à son statut de finaliste de Canada 2014, la faute à un départ catastrophique que deux victoires n'ont pas suffi à rattraper. Le Ghana a également plié bagage après trois rencontres, une défaite puis deux nuls. 

Quant au pays hôte, il a pu mesurer l'écart qui le sépare des meilleures équipes du monde en s'inclinant trois fois lourdement, encaissant 22 buts en tout. Mais sous ce déluge, un rayon de soleil a illuminé tout le pays : l'égalisation de Nicollete Ageva contre les Nord-Coréennes au quart d'heure de jeu. La joie inouïe et communicative et la buteuse est l'une des images qui auront marqué le tournoi. "C’était notre objectif pour ce match : marquer un but pour nous et pour l’ensemble de la Papouasie-Nouvelle-Guinée", souriait-elle pour FIFA.com après son exploit qui a peut-être fait naître des vocations chez bon nombre de jeunes filles dans le pays. 

Par ailleurs, le tournoi a été l'occasion de faire passer de nombreux messages auprès de la population, comme la campagne #ENDviolence qui lutte contre la violence envers les femmes et les enfants. Le programme d'insertion autour des Volontaires a également été une grande réussite et promet de laisser un héritage durable pour l'avenir de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Nations participantes 
Allemagne, Brésil, Canada, Espagne, États-Unis, France, Ghana, Japon, Mexique, Nouvelle-Zélande, Nigeria, Papouasie-Nouvelle-Guinée, RDP Corée, République de Corée, Suède, Venezuela.

Classement
1. RDP Corée
2. France
3. Japon
4. Etats-Unis

Stades (Port Moresby)
Sir John Guise Stadium, Bava Park, PNG Football Stadium, National Football Stadium

Nombre de buts
113 (3,53 par match)

Meilleures buteuses
Soulier d’Or adidas : Mami Ueno (JPN) (5 buts, 2 passes décisives)
Soulier d’Argent adidas : Gabi Nunes (BRA) (5 buts, 1 passe décisive)
Soulier de Bronze adidas : Stina Blackstenius (SWE) (5 buts, 0 passe décisive) 

Prix
Ballon d’Or adidas : Hina Sugita (JPN)
Ballon d’Argent adidas : Kim So Hyang (PRK)
Ballon de Bronze adidas : Delphine Cascarino (FRA)
Gant d’Or adidas : Mylène Chavas (FRA)

Prix du Fair-Play de la FIFA : Japon

Affluence
159 099 spectateurs (4 972 par match en moyenne)