Après sa première sortie désastreuse contre le Brésil, on s'attendait à voir le Costa Rica quitter la Coupe du Monde U-20 de la FIFA 2009 sur la pointe des pieds. Les Ticos avaient beau montrer de belles choses, leurs chances de qualification semblaient irrémédiablement compromises. On avait tort.

Six jours plus tard, la formation de Ronald González devenait la première sélection de l'histoire du tournoi à accéder aux huitièmes de finale malgré un premier match perdu par cinq buts ou plus. Soixante-douze heures après, elle offrait au Costa Rica sa toute première invitation à un quart de finale d'une compétition FIFA. Et ce aux dépens d'une équipe hôte portée par 70 000 supporters...

"Surpris ? Pas du tout !" affirme vivement le milieu Diego Estrada à FIFA.com. "J'ai toujours eu confiance dans le groupe", explique-t-il. "C'est vrai que le 0:5 contre le Brésil a été un coup dur, qui nous a demandé un gros travail mental. Mais on s'est dit qu'il fallait tourner la page très vite, parce qu'il nous restait encore deux matches à jouer. On a trouvé les ressources pour le faire et pour monter notre niveau de jeu, comme on l'a montré face à l'Égypte".

Meilleur passeur de siens
La clé du 2:0 assené aux Pharaons tient à l'absence de stress, commente Estrada. "On savait que la pression était de leur côté, pas du nôtre. On était ravi de jouer devant un stade comble, l'ambiance était incroyable. On a fait ce qu'il fallait tranquillement, on a été efficace et on a gagné".

La victoire sur l'Égypte a donné matière à réflexion au numéro 10 tico. "Les Émirats arabes unis ont un jeu semblable. Ils sont rapides et organisés, mais ils aiment faire circuler la balle et en font parfois un peu trop. Le Venezuela a commis l'erreur de leur abandonner la possession, ce qui lui a coûté l'avantage", analyse-t-il. C'est pourquoi il estime que son équipe devra "éviter de prendre du retard au score, se rendre maître du ballon et se montrer incisive".

Meneur de jeu intelligent, insaisissable et explosif, Estrada est le meilleur passeur de son équipe avec trois passes décisives à son actif. "C'est vrai que j'aime marquer, mais le rôle de passeur est plus important à mes yeux. Mon travail consiste à donner des occasions à mes coéquipiers. Si mes passes contribuent à la victoire, alors je suis satisfait", confie-t-il avec humilité.

Même si nous avons déjà créé l'exploit, cela ne nous suffit pas. Nous sentons une finale de Coupe du Monde à notre portée et nous allons nous battre pour l'atteindre
Diego Estrada, milieu de terrain du Costa Rica U-20

Du reste, ce ne sont pas les gâchettes qui manquent dans les rangs du Costa Rica, dont les six buts ont tous été inscrits par des joueurs différents. "C'est parce que nous créons beaucoup d'occasions. Du coup, les attaquants et les milieux ont tous leur chance à un moment ou à un autre", précise Estrada, auteur d'un but dans la défaite contre la République tchèque (2:3).

Né le 25 mai 1989, Estrada caresse un rêve commun à tous les footballeurs. "Jouer dans un grand championnat européen. C'est l'Espagne qui m'attire le plus, peut-être Séville ou Valence", indique-t-il. Est-ce qu'il ne préfèrerait pas le Real Madrid ou Barcelone ? "Ce serait fabuleux, mais avant d'intégrer ces clubs, il faut faire ses preuves ailleurs", observe avec lucidité le jeune espoir, qui a fait ses débuts en première division avec Alajuelense le jour de ses 18 ans.

Dans l'immédiat, sa seule ambition est, bien sûr, de "continuer à écrire l'histoire avec le Costa Rica". Et de conclure : "C'est l'objectif que nous nous étions fixé avant de venir ici, et même si nous avons déjà créé l'exploit, cela ne nous suffit pas. Nous sentons une finale de Coupe du Monde à notre portée et nous allons nous battre pour l'atteindre".