La quatrième et dernière affiche des quarts de finale de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Égypte 2009 a tenu toutes ses promesses. Après trois rencontres aussi passionnantes qu'indécises, le public a de nouveau eu droit à un match plein d'allant et de suspense.

Les deux équipes se sont livrées sans retenue, faisant rapidement circuler le ballon d'un bout à l'autre du terrain. En outre, les spectateurs du Caire ont pu assister au but le plus tardif de la compétition, inscrit après deux minutes de jeu dans le temps additionnel de la prolongation par Marcos Ureña. Les EAU avaient pris l'avantage en première mi-temps par Ahmad Ali, mais les Costaricains avaient égalisé quatre minutes plus tard, sur une reprise de la tête de Josué Martinez. Alors que les vingt-deux acteurs semblaient se résigner à la séance des tirs au but, la frappe victorieuse d'Ureña a fait basculer la victoire dans le camp des Ticos.

Cette confrontation inattendue entre les champions d'Asie en titre et leurs homologues de la CONCACAF s'est révélée particulièrement haletante. Malgré la défaite, les joueurs émiratis ont longtemps dominé les débats, livrant par la même occasion l'une de leurs meilleures performances du tournoi. Malheureusement, leur manque d'efficacité dans le dernier geste associée aux exploits d'Esteban Alvarado dans le but costaricain a largement contribué à faire pencher la balance en faveur des Centraméricains.

Une mésentente fatale
Suite à l'élimination des Pharaons en huitièmes de finale par le Costa Rica, le public égyptien se cherchait une nouvelle équipe à soutenir. Il l'a trouvée avec la sélection émiratie, qui a bénéficié des encouragements du stade pendant toute la rencontre. Cependant, la sympathie des nombreux spectateurs n'a pas suffi à consoler Hamdan Al Kamali au coup de sifflet final. Auteur d'un match époustouflant, le capitaine émirati a pourtant causé la perte de son équipe en commettant une erreur fatale sur le but d'Ureña.

"C'est le jeu. Parfois, le résultat ne reflète pas la physionomie de la rencontre, mais c'est ce qui fait la beauté de ce sport. La défaite est vraiment dure à accepter mais le dernier but est intervenu si tard dans la partie que nous ne pouvions plus rien faire", explique Al Kamali, auteur d'une passe en retrait manquée vers son gardien. "Je suis responsable, au même tire que Yousif Abdulrahman. Il y a eu un malentendu à un moment décisif".

Le sélectionneur Mahdi Redha, quant à lui, ne pouvait cacher sa déception de voir son équipe échouer si près du but. "Cette défaite nous fait très mal. Nous avons très bien joué et tout le monde semble d'accord pour dire que nous méritions cette place en demi-finales. Néanmoins, je suis très satisfait de nos performances dans ce tournoi et je ne crois pas me vanter en disant que nous avions largement les moyens de figurer dans le dernier carré".

Meilleure performance égalée
Les EAU ont abordé la compétition de la meilleure de manière, en s'appuyant sur un étonnant mélange de courage et de détermination. Après avoir été menés 2:0 par l'Afrique du Sud dès leur entrée en lice, les jeunes Emiratis ont su trouver les ressources nécessaires pour égaliser en l'espace de trois minutes et arracher le point du nul. Face au Honduras, les protégés de Mahdi Redha ont assuré leur qualification pour les huitièmes de finale en s'imposant sur un coup franc d'Ahmed Khalil à la 41ème minute. Son billet pour le second tour en poche, le sélectionneur des EAU avait choisi de laisser la star Theyab Awana pour le dernier match de poule contre la Hongrie, finalement perdu 0:2.

Awana était de retour pour affronter le Venezuela en huitièmes de finale. Sous son impulsion, les champions d'Asie en titre ont remporté une victoire cruciale (2:1) sur l'équipe surprise du tournoi. "En atteignant les quarts de finale, nous avons égalé la meilleure performance d'une équipe émiratie dans une compétition de la FIFA. Maintenant, nous espérons faire encore mieux qu'Ismaeil Matar en 2003", glissait le milieu de terrain quelques jours avant le match contre le Costa Rica.

Si les Ticos ont mis fin à l'aventure des EAU en terre égyptienne, les espoirs émiratis ont largement répondu aux attentes de leurs supporters en multipliant les exploits tout au long du tournoi. L'avenir du football émirati semble tout tracé avec cette génération exceptionnelle. Sur le banc, la présence de Redha inaugure également une nouvelle ère, dans un pays qui s'en était jusque-là toujours remis à l'expertise de techniciens étrangers. En toute logique, des joueurs comme Khalil, Awana, Al Kamali, Ali Mabkhoot ou encore Ahmed Ali devraient logiquement intégrer les rangs de l'équipe nationale dans les mois ou les années à venir.

Les EAU seront également présents sur la ligne de départ de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA, Nigeria 2009, qui débutera dans quelques jours. Une preuve de plus que le football émirati a de beaux jours devant lui.