"L'homme est le seul animal qui trébuche deux fois sur la même pierre", dit un proverbe espagnol. Si cette maxime est bien vraie, la sélection U-20 costaricaine devra alors prendre quelques précautions. Car pour accéder à la finale de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Égypte 2009, elle devra franchir un obstacle qu'elle connaît bien : le Brésil.

Si le 5:0 encaissé par les Ticos face aux Auriverdes a lancé un parcours historique, une défaite les contraindrait à lutter pour la troisième marche du podium. Quel sera alors le plan de bataille des Costaricains pour cette revanche que leur propose le destin ? "Être plus intelligents que lors du premier match et plus réalistes à la finition. Nous ne pouvons pas laisser des occasions en route comme sur ce match car eux, ils ne laissent rien filer. Une chose est sûre, nous n'allons pas faire de cadeaux", déclare à FIFA.com Marcos Ureña, héros de la victoire contre les Émirats arabes unis.

"Héros, pas tant que ça", nuance avec humilité l'auteur du but du 2:1 à la 122ème minute. "Ce dont je me souviens ? Franchement, j'étais fatigué, je n'avais plus de jambes, mais j'ai suivi l'action et quand j'ai vu que le ballon venait sur moi, j'ai juste pensé à frapper fort dans le cadre. C'est ce que j'ai fait. Quand le ballon est allé au fond, je ne sais pas où j'ai trouvé l'énergie pour fêter le but. Peut-être dans mon cœur", sourit ce pur produit de la formation de la Liga Deportiva Alajuelense.

Corriger les erreurs
C'était la deuxième fois que le Costa Rica évoluait dans un Stade International du Caire acquis à la cause de son adversaire. Encore une fois, il a eu le dernier mot. "Contre l'Égypte, nous avons joué devant 70 000 personnes et nous avons fait le métier. Face aux Émirats, il y avait moins de monde, mais le public était quand même pour notre adversaire. Mais nous avons fait parler le cœur, l'engagement et l'amour du maillot", affirme le numéro 7, attaquant rapide qui aime plonger dans la profondeur et faire parler la qualité de sa frappe.

Ureña est conscient que son équipe doit rapidement corriger certains points défensifs dans l'optique du match contre le Brésil. Il prend pour exemple le but encaissé contre les EAU. "Avant le match, nous savions parfaitement le genre d'actions qu'ils allaient proposer. Et voilà qu'ils nous marquent un but sur un débordement suivi d'un centre en retrait", s'exclame-t-il, incrédule.

Mais il reprend : "Ce but égalisateur nous a réveillés car nous étions endormis au début. Je n'ai jamais envisagé que la victoire pourrait nous échapper car nous sommes très solides en défense. Nous savions que s'ils devaient nous mettre un but, ce serait sur une frappe à distance moyenne. Et ils n'ont pas frappé tant que ça, sauf sur la fin".

Nous sommes arrivés ici avec l'objectif de ne partir que le dernier jour. Cet objectif est atteint. Tout le reste, c'est du bonus
Marcos Ureña, attaquant du Costa Rica U-20

Pendant une bonne partie du match, on a vu l'attaquant haranguer ses coéquipiers. "De temps en temps, je leur répétais : 'Vous êtes solides en défense. Dès qu'on aura une occasion, on la mettra au fond et fêtera la victoire'. Et ça s'est passé comme ça". Pour Ureña, cette victoire s'explique aussi par la maturité du groupe. "Nous avons fait une préparation sérieuse, comme toutes les équipes, mais peut-être que nous avons su mieux profiter de l'expérience des gars qui jouent déjà en première division", affirme Marcos, né le 5 mars 1990 et lancé en première à 16 ans à peine.

Et maintenant ? "Nous voulions tomber contre le Brésil. Cette première journée a été un vrai cauchemar pour tous, surtout pour moi, car j'ai très mal joué et j'ai vendangé deux occasions". L'attaquant centraméricain s'aventure même à esquisser le scenario de cette demi-finale. "Peut-être que nous devrons être plus compacts derrière et les inquiéter en contre, comme l'ont fait les Tchèques".

En tout cas, Ureña sait parfaitement que le Costa Rica n'a plus rien à perdre. "Nous sommes arrivés ici avec l'objectif de ne partir que le dernier jour. Cet objectif est atteint. Tout le reste, c'est du bonus".