Ucar, l'énergie du rêve turc
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En ce mois de janvier, certains savent déjà que l'année 2013 marquera un tournant important dans leur vie. Feyyaz Ucar est de ceux-là. L'ancien attaquant international aura en effet la chance de mener le pays hôte en Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Turquie 2013, avec le secret espoir de créer la surprise.

"Accueillir la deuxième compétition FIFA par ordre d'importance en Turquie, ça n'arrive pas tous les jours. Maintenant, nous allons devoir nous montrer à la hauteur de la situation", confie Ucar dans un entretien accordé à FIFA.com. L'ancien attaquant de Beşiktaş ne manque pas d'expérience. Buteur à 170 reprises avec les Aigles Noirs, il a également signé sept réalisations en 28 sélections.

À cinq mois du coup d'envoi de la compétition, le 21 juin, le sélectionneur oscille entre confiance et réalisme. La Turquie semble posséder toutes les qualités requises pour jouer les trouble-fêtes au plus haut niveau. Néanmoins, Ucar souhaite avant tout protéger ses joueurs. "Nous ne voulons pas les mettre sous pression en annonçant des objectifs trop élevés", prévient le technicien. "Dans un premier temps, nous tenterons passer la phase de groupes. Ce serait déjà un premier pas important."

Ceux qui se souviennent de la Coupe du Monde de la FIFA 2002™ ou de l'UEFA EURO 2008 savent qu'il faut toujours compter avec la Turquie. Troisièmes de l'épreuve mondiale et demi-finalistes du rendez-vous européen, les Milliler ont démontré qu'ils pouvaient à tout moment bouleverser l'ordre établi. "Si nous passons le premier tour, chaque match aura des allures de finale, grâce au soutien de notre public", prévoit Ucar. "Compte tenu du caractère et du talent de nos joueurs, nous voulons aller le plus loin possible."

En attendant la phase finale, les préparations vont bon train. L'année dernière, les sélections U-18, U-19 et U-20 ont disputé 38 matches au total. Ucar peut en outre compter sur l'expérience de son adjoint Emre Asik, lui-même vétéran de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Australie 1993. "Aujourd'hui, les jeunes joueurs ont pleinement conscience de l'importance d'une telle compétition. À mesure que le début du tournoi approche, ils sont de plus en plus concentrés et motivés. Il faut dire qu'une finale de Coupe du Monde reste un événement exceptionnel dans la carrière d'un footballeur professionnel", rappelle le sélectionneur.

Un soutien sans faille
Malgré l'enjeu, le moral est au beau fixe dans le camp turc. "Nous disputerons deux matches à Trabzon, le troisième à Rize. J'ai souvent eu l'occasion de me rendre dans ces deux villes et je sais que les supporters y sont particulièrement enthousiastes." Ucar s'attend donc à ce que son équipe bénéficie d'un soutien sans faille.

Il serait cependant faux de croire que les espoirs de la Turquie reposent uniquement sur la ferveur de son public. L'entraîneur estime en effet qu'il dispose désormais d'un effectif de premier plan. "Mes joueurs sont très créatifs. Plusieurs d'entre eux peuvent être considérés comme des éléments-clés. Je pense cependant que notre équipe se distinguera davantage par la qualité de son collectif que par ses individualités."

Une chose reste à améliorer cependant. Ucar attend de ses joueurs qu'ils se créent davantage d'occasions et fassent preuve de plus de réalisme à la conclusion. "Si nous parvenons à résoudre nos difficultés sur coups de pied arrêtés, un problème qui affecte l'ensemble du football turc, nous pourrons viser très haut", annonce-t-il.

La Turquie s'apprête à participer pour la troisième fois de son histoire à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA. Lors de l'édition 1993, remportée par le Brésil, elle s'était retirée à l'issue de la phase de groupes. Douze ans plus tard aux Pays-Bas, les jeunes Turcs avaient atteint les huitièmes de finale d'un tournoi marqué par le triomphe de l'Argentine. Cette année encore, Ucar voit les deux géants sud-américains dans le rôle de favoris, aux côtés de l'Espagne et du Portugal.

"Cependant, il y aura certainement des révélations, comme c'est le cas à chaque fois. C'est ce qui donne du piment à cette compétition", conclut-il. Nul besoin de lui demander quelle équipe il imagine tenir ce rôle...