L'Irak revient de loin et vise loin
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A la veille du coup d'envoi de la Coupe d'Asie U-19 de l'AFC, l'entraîneur de la sélection U-20 d'Irak Hakeem Shakir avait annoncé son ambition de qualifier son pays pour la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Turquie 2013. Après dix ans d'absence, l'Irak espèrait donc revenir enfin sur le devant de la scène dans cette classe d'âge.

L'Irak a réalisé son objectif en obtenant l'un des quatre sésames asiatiques pour la Turquie et a même frôlé la victoire finale. "Je suis très fier. Ma joie est décuplée par le fait que notre performance dépasse de loin les capacités du football irakien de ces dernières années", estime-t-il au micro de FIFA.com. "En tant que sélectionneur, je me réjouis de l'esprit combatif démontré par les joueurs. J'avais beaucoup insisté sur ce point ainsi car l'état d'esprit est toujours un facteur décisif."

Propulsé sous les feux des projecteurs, Shakir a été nommé entraîneur de l'équipe A dans la foulée pour succéder au Brésilien Zico, mais il a préféré reprendre la tête de la sélection U-20 afin de préparer les prochaines échéances. "Lors de notre programme de préparation, nous avons formé une jeune génération talentueuse qui va servir le football irakien pendant les années à venir", justifie-t-il. "Nous voulions à tout prix redorer le blason de l'Irak dans cette classe d'âge, après une longue absence en Coupe d'Asie et en Coupe du Monde. Cette finale nous a permis de préparer le terrain pour la prochaine génération."

Être à la hauteur
Cette génération justement a permis au pays de retrouver la Coupe du Monde U-20 de la FIFA après plus d'une décennie passée à suivre l'épreuve à la télévision. Cinq éditions ont passé depuis Argentine 2001 et la sortie iralienne au premier tour du tournoi. Pour leur retour, les Lions de Mésopotamie sont décidés à faire bonne figure. "Nous sommes la seule sélection arabe issue de la zone Asie. En tant qu'ambassadeurs du football arabe dans cette grande compétition, nous devrons nous montrer à la hauteur et donner une bonne image", espère Shakir. "J'espère que notre équipe suscitera l'admiration de tous aux niveaux technique et moral, tout en obtenant de bons résultats."

Au vu de ses performances en Coupe d'Asie U-19, l'Irak a toutes les raisons de croire en ses chances, notamment depuis le déclic né d'un succès face au Japon durant la compétition. "Ce match était très important", se souvient le sélectionneur. "Il nous a permis de nous qualifier pour la Coupe du Monde, mais il nous a aussi donné l'occasion de prendre notre revanche après plusieurs défaites face à cet adversaire dans les qualifications pour la Coupe du Monde 2014 et en Coupe d'Asie U-16. Cette rencontre représentait un véritable test pour nos capacités techniques."

La qualification en poche, l'Irak a ensuite écarté l'Australie en demi-finale pour retrouver la République de Corée en finale quelques jours après l'avoir affrontée lors du premier tour. "Après la première journée, j'ai déclaré en conférence de presse que l'Irak et la République de Corée seraient en finale", se souvient Shakir. "Je me suis basé sur la performance des deux formations et ma prédiction s'est réalisée."

Retenir les leçons
Les deux équipes se sont encore livré un duel de hautte lutte pour le titre, et les Irakiens, qui ont mené au score, sont passés tout près d'un titre historique. "Nous avons marqué en première mi-temps et nous aurions pu emporter la décision en concrétisant une de nos deux ou trois occasions en seconde période", regrette le vice-champion d'Asie. "Nous pouvons avoir des regrets car notre défense a effectué une grosse erreur dans le temps additionnel, qui a permis aux Sud-Coréens d'égaliser."

La décision s'est donc faite aux tirs au but et, comme souvent dans ce cas-là, c'est l'équipe miraculée qui a fait la différence. "Lorsque vous vous retrouvez aux tirs au but après avoir été à un cheveu de la victoire, vous perdez votre concentration", confirme l'entraîneur irakien. "J'espère que les joueurs retiendront les leçons de cette dure expérience. Il ne faut pas penser au titre ou à la victoire avant le coup de sifflet final."

Une expérience qui devrait en tout cas servir à tout le football irakien puisque certains des finalistes malheureux ont déjà fait leurs premiers pas en sélection seniors "J'ai promu sept joueurs en équipe A pour disputer le  championnat d'Asie de l'Ouest et la Coupe du Golfe", confirme Shakir. "Le but est de former une équipe capable de lutter pour décrocher l'une des places qualificatives pour la Coupe du Monde 2018 en Russie. Cette génération sait désormais s'adapter aux circonstances du match et à la variété technique des adversaires. Nous leur avons appris la discipline et la combativité. Nous avons développé leurs qualités naturelles. Nous avons désormais à notre disposition équipe exceptionnelle, dont nous espérons qu'elle continuera à faire parler d'elle en Turquie et au-delà", conclut-il.