Rüştü : "Je donnerais n'importe quoi pour avoir encore 20 ans"
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La Turquie accueillera cet été la Coupe du Monde U-20 de la FIFA. L'ancien gardien international Rüştü Reçber sait mieux que quiconque quelle réception chaleureuse et enthousiaste le public turc réserve aux grands événements de ce genre.  

Tout au long d'une carrière marquée du sceau du succès, Rüştü a porté le maillot de la Turquie à 120 reprises. À 39 ans, il reste le joueur le plus capé de l'histoire du football turc. Mais ses exploits ne se limitent pas aux statistiques. Le natif d'Antalya jouit d'une grande popularité dans son pays, où beaucoup le considèrent comme une légende vivante.

Troisième de la Coupe du Monde de la FIFA 2002™ et demi-finaliste de l'UEFA EURO 2008, Rüştü a remporté trois titres de champion de Turquie avec Fenerbahçe et un autre sous les couleurs de Beşiktaş. L'ancien gardien d'Antalyaspor compte également à son actif un bref passage au FC Barcelone, entre 2003 et 2004.  

Membre de la prestigieuse liste "FIFA 100", il attend désormais avec impatience, comme des millions de ses compatriotes, le coup d'envoi du deuxième tournoi FIFA par ordre d'importance. À quelques mois de cette échéance importante pour la Turquie, Rüştü a répondu aux questions de FIFA.com.

Rüştü Reçber, vous appartenez à la génération dorée du football turc. Comment vivez-vous ce statut, dans un pays connu pour la passion de ses supporters ?
C'est quelque chose dont je suis très fier. Quand j'ai débuté en sélection, la Turquie n'était pas habituée à jouer les premiers rôles. Jusqu'alors, nos résultats étaient assez médiocres. Notre génération a changé le destin du football turc. C'est un sentiment merveilleux.

Avec 120 sélections à votre actif, vous êtes aujourd'hui l'international le plus capé du pays. Quel regard portez-vous sur cette performance ?  
J'ai disputé mon premier match avec la Turquie en 1995 et j'ai achevé ma carrière internationale en 2010. J'ai passé 15 ans au plus haut niveau. C'est énorme. Si c'était à refaire, je crois que j'essaierais de vivre chaque rencontre plus intensément. Avec le recul, je tirerais le maximum de chaque expérience.  

Une nouvelle génération s'apprête maintenant à prendre la relève. En guise d'entrée en matière, vos successeurs vont disputer une Coupe du Monde U-20 de la FIFA devant leur public. Que représente la Coupe du Monde U-20 de la FIFA 2013 pour la Turquie ?
Je donnerais n'importe quoi pour avoir 20 ans à nouveau. J'aurais ainsi la chance de participer à la Coupe du Monde U-20 en Turquie et de me produire devant nos supporters. Ce serait extraordinaire ! Cette compétition est très importante pour la Turquie et pour ses supporters. Sur le plan du jeu et de l'organisation, il s'agit de la plus grande compétition jamais disputée dans notre pays. Qui plus est, la FIFA prend ce tournoi très au sérieux. Nous sommes donc d'autant plus fiers d'avoir été choisis pour l'accueillir.

La compétition se déroulera du 21 juin au 13 juillet à Antalya, Bursa, Gaziantep, Istanbul, Kayseri, Rize et Trabzon. À quelle ambiance peut-on s'attendre ?  
La Turquie est un grand pays de football. Les Turcs adorent le football. Ici, les gens ne parlent que de ça. Le sens de l'hospitalité, de belles émotions et un enthousiasme débordant seront donc les principaux ingrédients de ce tournoi. Je suis certain que les fans ne voudront surtout pas manquer un tel rendez-vous.  

Vous avez connu de nombreux succès au cours de votre carrière. Selon vous, une Coupe du Monde U-20 de la FIFA peut-elle avoir un impact sur le parcours d'un jeune espoir ?
Compte tenu de tout ce que j'ai connu dans ma vie et de mon expérience, je peux assurer que ce tournoi est vraiment capital. On n'insistera jamais assez sur les opportunités qu'une telle compétition peut offrir à de jeunes joueurs en devenir. En ce qui me concerne, je suis sûr que tous les participants vont vivre de grands moments en Turquie. Malheureusement, je n'ai jamais eu l'occasion de disputer une Coupe du Monde U-20. C'est bien dommage. Cela doit être pour cela que l'organisation de l'édition 2013 du tournoi en Turquie me passionne autant !

On connaît désormais la composition des groupes au premier tour. Quel est votre favori pour le titre ?
Personnellement, je regrette que le Brésil et l'Argentine ne se soient pas qualifiés. L'Allemagne manquera également à l'appel. Nous allons donc découvrir 24 équipes moins connues mais très talentueuses. Je pense que l'Espagne et le Mexique partent avec un léger avantage mais j'espère que la Turquie pourra se mêler à la lutte pour le titre.

On imagine que vous allez suivre de près l'équipe entraînée par Feyyaz Ucar et que vous serez le premier supporter de la Turquie...
Évidemment ! (rires). Il y a toujours des avantages et des inconvénients pour le pays hôte. L'équipe qui évolue à domicile doit faire face à de grandes attentes et à une pression particulière. Si nos joueurs parviennent à jouer sur leurs points forts et à se sublimer grâce au soutien des supporters, je suis convaincu qu'ils atteindront facilement les demi-finales. Mais attention : il n'est pas question pour moi de mettre davantage de pression sur leurs épaules !