C'est l'un des axiomes les plus douloureux du football : la joie des uns est souvent proportionnelle à la tristesse des autres. Quand l'arbitre a sifflé la fin de la prolongation et que les Serbes couraient dans tous les sens fous de bonheur, et on ne le serait pas moins si l'on venait de remporter la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, les Brésiliens s'écroulaient un à un sur la pelouse, ravagés par la tristesse.

"Perdre de cette façon, ça fait vraiment très mal", confirme Danilo, le capitaine du Brésil, à FIFA.com. "Pendant toute la partie, nous nous sommes créé tellement d'occasions, mais nous avons eu un manque de réussite flagrant. En football, au bout du compte, vous avez deux options : la victoire ou la défaite. Ils ont ouvert le score et nous avons vite réussi à égaliser. Quand ils ont repris l'avantage en toute fin de prolongation, c'est devenu impossible. Les jambes étaient déjà très lourdes et le moral dans les chaussettes. Nous avons essayé, essayé et encore essayé, mais ça ne rentrait pas", résume l'homme au brassard.

Pour le milieu de terrain, pas le temps toutefois de se morfondre : en tant que capitaine, il a le devoir moral de réconforter ses coéquipiers, de leur parler un à un. "Dans ces situations-là, vous pouvez utiliser des millions et des millions de mots, ils sont impuissants face à la douleur qui est à l'intérieur. Je les ai serrés dans mes bras, je les ai consolés dans la mesure du possible, mais c'est dur", poursuit Danilo avec la sincérité du leader.

Une bonne nouvelle
Dans cet océan de tristesse, il y a eu quand même une bonne nouvelle pour Danilo. Le speaker du North Harbour Stadium annonce que le Ballon de Bronze adidas revient à Sergej Milinkovic, et le Ballon d'Argent adidas à… Danilo. "Honnêtement, j'échangerais un Ballon d'Argent ou un Ballon d'Or contre une victoire, pour voir de la joie sur les visages de mes coéquipiers. Il n'y a aucune comparaison possible entre les victoires collectives et les récompenses individuelles. Après, il est évident qu'un prix fait toujours plaisir, car cela montre que vous avez été bon", explique-t-il.

C'est la tête froide que le capitaine brésilien revient sur le parcours de son équipe dans la compétition : "Le bilan est positif car quand nous sommes arrivés ici, les attentes n'étaient pas très élevées, nous étions un peu discrédités. Dans ce tournoi, nous avons éliminé de très bonnes équipes et nous avons joué la finale. Évidemment, tout le monde veut être champion du monde et nous aurions aimé un dénouement différent, mais il va falloir apprendre à vivre avec ce résultat".

Vivre avec un tel résultat, Danilo sait ce que cela veut dire. "C'est déjà la deuxième Coupe du Monde que je ne gagne pas (après la Coupe du Monde U-17 de la FIFA, Émirats Arabes Unis 2013). Cette fois-ci, ça fait encore plus mal car quand vous atteignez la finale, vos attentes sont évidemment beaucoup plus élevées. Cela dit, je suis satisfait de mes prestations. J'ai donné tout ce que j'avais à chaque match, chaque entraînement et chaque moment ici en Nouvelle-Zélande. C'est ma consolation : je ne pouvais pas faire plus. Pour ce qui est de l'équipe, je ressens avant tout un sentiment de fierté mais sur le plan personnel, je suis un peu frustré, car quand je fais quelque chose, c'est toujours avec l'ambition de gagner", conclut-il.