La Coupe du Monde U-20 de la FIFA approche de son dénouement. Pour trois amateurs de ballon rond, la finale de Nouvelle-Zélande 2015 entre le Brésil et la Serbie représentera la conclusion d'un incroyable road trip au cours duquel ils auront assisté à 23 matches. Ce voyage – qui comprenait notamment un programme dantesque de 16 rencontres en neuf jours ainsi qu'un réveil branché à quatre heures du matin pour se rendre à Hamilton pour Qatar-Sénégal – a été entrepris par Tracey Hodge, Dave Richardson et Dale Warburton, trois membres de la Yellow Fever.

"Il s'agit d'un groupe de supporters du club de Wellington Phoenix, pas très bien organisé et absolument pas officiel", explique Warburton. "Avec la Coupe du Monde U-20 qui approchait, nous nous sommes dit qu'il fallait faire quelque chose. Nous avons donc été sur la route tous les jours, ou presque. Ce qui est bien avec la Nouvelle-Zélande, c'est que c'est un petit pays, donc nous estimions que nous serions capables de voir énormément de matches en nous concentrant sur les cinq villes hôtes situées sur l'île du Nord. Dans d'autres pays, comme le Canada, où est organisée la Coupe du Monde Féminine, ce serait tout simplement infaisable. Ici, ça ressemblait à un gros défi, mais à un défi réalisable quand même."

La tâche n'en a pas été aisée pour autant. L'itinéraire concocté par les trois acolytes était très ambitieux, principalement en raison du rythme effréné de la phase de groupes qui proposait neuf jours consécutifs avec quatre matches. Les allers-retours entre Auckland, Hamilton, New Plymouth, Wellington et Whangarei se sont donc enchaînés. Avec, par exemple, 800 kilomètres séparant les deux dernières villes, le programme laissait augurer de nombreuses heures passées ensemble dans la voiture.

"La situation a parfois été compliquée à gérer", admet Warburton. "Il nous est arrivé de ne plus savoir quel jour nous étions ou dans quelle ville nous devions aller." Tout en acquiesçant, Richardson reconnaît que de nombreux amis et membres de leurs familles les pensaient complètement fous de se lancer dans un tel périple. "Mes collègues de travail font aussi partie du lot ! Prendre quatre semaines de congés pour arpenter la Nouvelle-Zélande et regarder du foot… Les gens ont du mal à y croire."

Malgré tous les défis à relever, les levers matinaux, les journées à rallonge et les trajets éprouvants, les trois amis ne fêteront pas particulièrement la fin du tournoi et le retour à la normalité. "Je suis triste que ça se termine", déplore Hodge. "Il y aura bien sûr des aspects positifs, comme celui de pouvoir dormir dans mon propre lit plus d'une nuit à la fois, mais tout ça va vraiment me manquer."

De Nouvelle-Zélande à Canada 2015 
Ces amoureux du football avaient pour ambition de profiter au maximum du beau jeu dans un pays traditionnellement tourné vers d'autres sports, tels que le rugby. Ils ont ainsi pu observer 19 des 24 équipes engagées et parmi toutes les rencontres auxquelles ils ont assisté, une restera longtemps gravée dans leurs mémoires. Le Brésil-Nigeria, remporté 4:2 par la jeune Seleção, a en effet proposé l'un de ces scénarios palpitants qui font tout le charme d'une Coupe du Monde U-20.

"C'est mon meilleur souvenir, au moins en termes de football", confirme Hodge. "C'est un réel plaisir d'avoir pu être dans les tribunes." Mais comme souvent lorsque l'on suit ce genre de compétition, le plus important ne se passe pas toujours sur la pelouse. "Pour moi, le meilleur souvenir restera ces rencontres avec les différents groupes de supporters, comme ceux du Myanmar, de l'Uruguay ou de la Colombie", confie Warburton. "Les Colombiens étaient extraordinaires", enchaîne Richardson. "Quand la musique s'est arrêtée et qu'ils ont continué à chanter leur hymne national, c'était vraiment un grand moment." Et Hodge de renchérir : "Tout à fait. Je n'ai aucun lien avec ce pays, mais j'en ai eu les larmes aux yeux !"

Les quatre matches disputés par la Nouvelle-Zélande faisaient bien évidemment partie du programme. La bataille livrée par les Junior All Whites en huitième de finale contre le Portugal a d'ailleurs bien failli poser un gros problème logistique au trio. "S'ils avaient gagné, nous aurions dû repenser tout notre itinéraire, parce qu'ils seraient restés à Hamilton", détaille Richardson. "Ça ne nous aurait pas dérangé outre mesure, mais il ne restait plus aucune chambre de libre. Il y avait une grande foire agricole, quelque chose de typiquement néo-zélandais, et tout était complet. Donc nous aurions dû dormir deux nuits dans la voiture ou faire sept heures de route à l'aller et sept au retour."

Si cette péripétie leur a finalement été épargnée, nos jeunes héros ont rarement été séparés. "Sauf pour aller aux toilettes", plaisante Richardson, qui avoue néanmoins que leur amitié a parfois été mise à rude épreuve. "Mais nous avons réussi à éviter les gros conflits", relativise Hodge. "C'est déjà un bel exploit, sachant qu'on a été les uns sur les autres pendant plusieurs semaines d'affilée."

Alors que leur odyssée fantastique touche à sa fin, l'un d'entre eux se prépare déjà à refaire ses valises. "Je dois me rendre à un mariage à Vancouver", annonce Warburton. "Comme la Coupe du Monde Féminine s'y déroule actuellement, ce serait vraiment dommage de ne pas en profiter pour caser quelques matches de plus !"