Quand il a pris les deux chiots de couleur fauve dans les mains, Gastón Guruceaga a craqué. Un seul détail distinguait les boxers : l'un avait les pattes toutes blanches. "On aurait dit qu'il avait des gants, c'est pour cela que je l'ai choisi", raconte à FIFA.com Guruceaga, gardien au grand cœur jusque dans le choix de son chien, qu'il a baptisé Iker. "J'aime ce nom et j'ai toujours apprécié Casillas", explique-t-il.

Iker n'est pas en Nouvelle-Zélande, mais il est sûrement fier de son maître, auquel l'Uruguay doit en partie sa qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA 2015. "Cette rencontre était cruciale pour la qualification. Une défaite aurait beaucoup compliqué les choses. Le nul nous a permis de passer", commente le portier charrúa à l'issue du match face au Mali, avec dans la main droite l'incontournable thermos de maté, que les Uruguayens emmènent partout.

Figure de proue de la Celeste lors du championnat sud-américain et dans l'entame de la campagne mondialiste contre la Serbie, il a tenu le plus longtemps possible face au Mexique. Il a ensuite repoussé les assauts aériens des Africains après avoir pris à la main une passe d'un coéquipier, une erreur qui s'est soldée par un but malien sur coup franc. "C'est un rouage essentiel de l'équipe", assure son sélectionneur Fabián Coito. "C'est un grand gardien promis à un bel avenir". Le préparateur des portiers de la sélection uruguayenne, Carlos Nicola, confirme : "Sa forte personnalité est son principal atout. Elle lui permet de soutenir l'équipe dans les moments difficiles et elle renforce ses qualités techniques, physiques et tactiques".

Droit vers les cages
Aussi redoutable dans le un contre un, "grâce à des jambes puissantes qui en font un véritable mur", d'après Nicola, que dans le jeu aérien, Gurucueaga est le leader de la formation venue en Nouvelle-Zélande pour défendre le prestige du vice-champion du monde. "Dans une équipe, il y a le capitaine et derrière lui, des joueurs qui essaient de porter le groupe sur et hors du terrain. Je crois qu'on m'écoute", estime le dernier rempart, qui a hérité l'amour des filets de son grand-père, qui a joué dans l'équipe d'Artigas, son village. Quand tout petit, il est entré pour la première fois sur un terrain, il s'est dirigé droit vers les cages. "Je m'y suis installé parce que j'étais le plus grand", se souvient l'Uruguayen en souriant.

Aujourd'hui, ses raisons d'enfiler les gants n'ont plus grand-chose à voir avec la taille. "Le poste me plaît parce qu'il est à part. Même la tenue est différente. J'aime me sentir sous pression et savoir que je ne dois commettre aucune erreur. Ça m'incite à m'entraîner à fond", détaille celui qui a joué chez les benjamins de sa région jusqu'à ce que Peñarol, son club actuel, le repère et l'emmène à Montevideo.

Fan de Manuel Neuer et Marc ter Stegen, il aime plaisanter, tout en restant toujours concentré. Seul son père est venu au tournoi, mais il communique par téléphone avec le reste de sa famille. Il évite cependant les appels vidéo pour ne pas se disperser. Mais il veille régulièrement à prendre des nouvelles d'Iker, évidemment...