Dans cette Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Nouvelle-Zélande 2015, le Portugal se distingue avant tout par sa puissance offensive. S'ils n'ont concédé qu'un seul but lors de leurs trois matches de phase de groupes, les protégés d'Hélio Sousa ont été encore plus impressionnants en attaque, grâce au duo formé par deux joueurs issus du centre de formation du FC Porto : Ivo Rodrigues et André Silva.

"Ce sont deux joueurs très important pour nous", explique Sousa. Les chiffres lui donnent raison. Le Portugal, qui affrontera la Nouvelle-Zélande en huitièmes de finale à Hamilton, a tout simplement été l'équipe l'une des plus prolifiques du premier tour, avec 10 buts marqués. Silva, attaquant technique particulièrement doué pour se démarquer de son adversaire direct ou se faire oublier de la défense adverse, en a inscrit quatre ; Rodrigues, ailier gauche dans l'âme mais qui ne se prive pas de passer pas mal de temps sur le flanc droit, en est à deux unités au compteur. Sur la pelouse, les deux hommes se cherchent en permanence. Malheureusement pour les adversaires du Portugal, ils se trouvent souvent.

"Nous nous connaissons depuis des années", déclare André au micro de FIFA.com. "Nous avons marqué pas mal de buts ensemble. La plupart du temps, nous n'avons pas besoin de nous parler. Nous avons tellement l'habitude de jouer ensemble que les combinaisons et les passes décisives viennent naturellement."

Les deux garçons se sont rencontrés pour la première fois à l'âge de 14 ans, dans une sélection des meilleurs footballeurs du District de Porto, après quoi ils se sont retrouvés au centre de formation des Dragons. Cependant, le fait d'avoir passé beaucoup de temps ensemble n'explique pas tout. Ivo, 20 ans, raconte comment se produit l'étincelle qui se traduit souvent par un but : "C'est un joueur combatif, ambitieux, avec une vraie mentalité de buteur. Ses qualités, combinées à ma technique et à ma capacité à déséquilibrer les défenses adverses, tout cela finit par faire la différence".

Un Cristiano et un Fenómeno
Silva, 19 ans, est un admirateur déclaré du Ronaldo brésilien. Il avoue sans complexe regarder des vidéos du Fenómeno "pour essayer de reproduire les mêmes gestes". Mais cette sélection lusitanienne ne serait pas vice-championne d'Europe sans une organisation tactique irréprochable. "Quand nous perdons le ballon, nous savons immédiatement ce que nous avons à faire pour le récupérer et nous fournissons les efforts pour revenir. Quand nous reprenons possession de la balle, cela nous donne un supplément d'énergie pour aller vers l'avant. Ensuite, nous attaquons sans arrêt, jusqu'à ce que ça produise quelque chose. Nous essayons de faire ça pendant les 90 minutes."

Ivo s'identifie quant à lui à un autre Ronaldo, le Portugais Cristiano, "parce qu'il travaille beaucoup et ne renonce jamais. Mais au-delà de la qualité, nous sommes aussi une équipe très humble. Simplement, nous sommes convaincus que rien n'est impossible".

La complémentarité des deux joueurs sur le terrain contraste avec des caractères différents dans la vie de tous les jours. "Nous n'avons pas les mêmes tempéraments", poursuit Ivo. André, qui sourit plus volontiers, va un peu plus loin : "Lui, il est plus sérieux. Moi, j'aime bien m'amuser. Et puis, je le bats sans arrêt à la PlayStation. Sur les 10 matches que nous avons joués, j'en ai gagné huit. Ça le fait pleurer", dit-il avant de partir dans un grand rire.

"Il raconte n'importe quoi", coupe Ivo, visiblement habitué à l'humour du numéro 9 portugais. "Si on faisait un tournoi entre nous tous je le gagnerais. Il ne vous dit pas que j'ai joué contre lui en huitièmes de finale et que je l'ai battu", poursuit l'ailier lusitanien, qui au premier semestre a eu peu d'occasions de se mesurer à son coéquipier au jeu EA SPORTS™ FIFA 15, car il évoluait en prêt au Vitoria Guimarães.

Malgré les différences, il partage un point commun avec son coéquipier, à savoir "la soif de victoire". C'est dans cet état d'esprit qu'ils sont venus en Nouvelle-Zélande. En guise de conclusion, André lance, le plus sérieusement du monde cette fois : "Je ne crois pas que nous soyons favoris, mais je crois en nos qualités et je crois aussi que nous sommes une équipe très forte".