Lorsque Jean Carlos entre sur le terrain au cours de la seconde mi-temps contre la RDP Corée, sa mission est simple : "marquer un but". La détermination se lit sur le visage de l'attaquant brésilien qui, pendant la première mi-temps a dû assister impuissant aux assauts avortés de ses coéquipiers, incapables de percer la défense basse et compacte de la RDP Corée. Le joueur de 19 ans, actuellement sous contrat avec le Real Madrid, remplit sa mission efficacement. Grâce à deux mouvements réussis, il pivote dans la surface de réparation pour faire face au but adverse avant d'esquiver deux joueurs nord-coréens et d'envoyer le cuir au fond des filets pour donner aux siens un avantage conséquent (2:0).

Son entrée et le changement tactique opéré par le sélectionneur ont permis à la Seleção de prendre le contrôle du match après la pause. "L'entraîneur nous a dit de former une ligne d'attaque avec quatre joueurs et d'essayer de conserver le ballon à l'avant. Il m'a demandé de m'inspirer du futsal, de tirer dès que je vois qu'il y a un peu d'espace. C'est ce que j'ai fait", raconte Jean Carlos à l'issue de la partie à FIFA.com dans les couloirs du Christchurch Stadium. Grâce à cette large victoire (3:0), les favoris sud-américains se sont qualifiés pour les huitièmes de finale après avoir réalisé un sans-faute. "Je joue au futsal depuis que je suis petit. J'adore ce sport", ajoute-t-il, le sourire aux lèvres.

L'entrée et le but de Jean Carlos illustrent en fait un plus vaste projet. "Mon idée du football repose sur une tactique offensive. J'aime les attaques construites, basées sur des redoublements de passes. Depuis que je suis sur le banc, je m'efforce de faire comprendre ça aux joueurs", explique Rogerio Micale au micro de FIFA.com. Le sélectionneur a pris la tête de l'équipe brésilienne quelques semaines seulement avant le début du tournoi. La manière dont s'est déroulée la phase de groupes laisse à penser que les joueurs ont compris sa philosophie.

La moindre erreur peut être fatale
Le jeu de la Seleção a en tout cas séduit les 15 000 spectateurs qui avaient fait le déplacement ce 7 juin. Quant aux joueurs, ils semblent eux aussi apprécier cette approche offensive consistant à jouer vers l'avant, à faire circuler le ballon dans le dernier tiers du terrain et à guetter les occasions. "En tant qu'attaquant, c'est un réel plaisir de jouer dans une équipe comme celle-là. Ça signifie que les occasions sont nombreuses", souligne Jean Carlos. "Quand on parle avec le sélectionneur, on lui dit qu'on espère être la génération qui permettra au football brésilien de retrouver son visage offensif."

Malgré l'euphorie ambiante, Micale s'efforce d'avancer pas à pas. "À chaque fois que le Brésil participe à un tournoi, il est considéré comme favori. Certes, au vu des matches disputés, je me dis que nous pouvons en effet rêver du titre. Mais ça s'arrête là. Nous entrons à présent dans une phase du tournoi où la moindre erreur peut être fatale", rappelle le technicien. Le 11 juin prochain, le Brésil affrontera l'Uruguay en huitième de finale. "Un vrai derby", s'enthousiasme Micale.

Jean Carlos, qui évolue au poste d'ailier au Real Madrid et n'a jusqu'à présent pas encore eu la chance d'être appelé en équipe première, a hâte que le sélectionneur lui confie une nouvelle mission. La défense de la Celeste, elle, va devoir se montrer vigilante : ces jours-ci, les Brésiliens débordent d'idées offensives.