L’Ouzbékistan avait l’intention de démarrer du bon pied face au Honduras, lors de son premier match de Nouvelle-Zélande 2015. Pour Akramjon Komilov, c’était également l’occasion de remettre certaines pendules à l’heure, mais les choses ne se sont pas vraiment passées comme prévu, avec une défaite 4:3. Le pays d’Asie centrale est tout de même parvenu à se qualifier pour les huitièmes de finale de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, offrant ainsi une seconde chance au défenseur ouzbèke, hanté depuis deux ans par de vieux démons.

Il faut remonter aux huitièmes de finale de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA 2013. L’Ouzbékistan affrontait déjà le Honduras, ce jour-là, et un tacle appuyé a valu à Komilov d’être averti dès la 7ème minute de jeu. Alors qu’il se savait sous la menace d’un deuxième carton jaune, un mauvais réflexe lui a fait voir rouge, 17 minutes plus tard, pour un tirage de maillot. "Je revois encore ce moment", raconte-t-il à FIFA.com à propos de cette soirée malheureuse, à Sharjah, aux Émirats Arabes Unis. "Nous avons perdu 1:0 et c’était de me faute. C’est un souvenir douloureux que j’aimerais pouvoir laisser derrière moi un jour."

"Affronter à nouveau le Honduras ici, pour notre premier match, a remué encore un peu plus le couteau dans la plaie", poursuit le jeune homme. "Je tenais absolument à l’emporter et je m’étais surtout promis de ne pas répéter la même erreur." Komilov a disputé cette fois les 90 minutes d’une rencontre à rebondissements, mais le résultat final l’a laissé sur sa faim. Alors que l’Ouzbékistan frappe à nouveau à la porte des quarts de finale, la confrontation face à l’Autriche pourrait enfin lui permettre de prendre sa revanche. "J’espère que ce match m’aidera à tourner la page", insiste-t-il.

Retrouver les Ouzbèkes à ce stade de la compétition relève presque du miracle. Derniers du Groupe F après deux matches et tenus en échec 0:0 par les Fidji à la mi-temps du troisième, ils étaient alors au bord d’une énorme déconvenue. "Beaucoup de gens nous ont enterrés après nos deux premières sorties", reconnaît Komilov. "C’était très clair à la lecture des journaux. Le vestiaire a su garder ses nerfs, même si certains étaient plus tendus que d’autres", ajoute-t-il. "Nous savions que nous avions une chance de nous qualifier et c’est ce qui nous a permis de nous rassembler afin d’obtenir le résultat nécessaire."

Alors que Komilov et ses coéquipiers rentraient aux vestiaires à l’issue de 45 minutes frustrantes sur la pelouse de Whangarei, quelques indiscrétions, venues des tribunes, leur ont donné un surcroît de motivation. "Nous n’avons pas réussi à trouver la faille en première mi-temps, mais certains de nos supporters nous ont fait savoir à la pause que l’Allemagne était devant", confie le défenseur. "Nous savions qu’une victoire pouvait alors nous suffire."

L'exemple des aînés
Vainqueurs 3:0, les Ouzbèkes ont finalement décroché leur billet pour la phase à élimination directe et ils ne comptent pas s’arrêter là. "Je pense que nous pouvons en surprendre plus d’un", estime Komilov. "Il va falloir se servir de ce succès pour corriger ce qui n’a pas fonctionné lors des matches précédents. La confiance grandit au sein du groupe."

Le solide numéro 6 ouzbèke dépeint un collectif très soudé et focalisé sur son objectif. Les 21 joueurs donnent tous leur maximum à l’entraînement et peuvent s’attendre à quelques réprimandes lorsque ce n’est pas le cas, même lors des exercices les plus ludiques. Ce niveau d’exigence pourrait leur permettre de créer la surprise face à une sélection autrichienne impressionnante jusqu’ici. "Si nous sommes soudés et que nous respectons les consignes de nos entraîneurs, je pense que nous pouvons la battre", affirme Komilov.

En cas de victoire, l’Ouzbékistan ferait aussi bien que la génération précédente, qualifiée pour les quarts de finale de Turquie 2013. "C’était la première fois que notre pays allait aussi loin, faisant la fierté de nos supporters à la maison", se souvient le joueur de Bunyodkor. "La sélection U-17 avait déjà atteint les quarts de finale de la Coupe du Monde, deux ans auparavant, et les gens savent désormais que nous pouvons réaliser de grandes choses."

"Les objectifs sont élevés et nous savons que la pression est grande, mais nous commençons par y être habitués", assure-t-il. "Nos supporters n’ont pas oublié 2013, c’était un grand moment pour eux et j’espère que nous pourrons faire aussi bien."