En fermant les yeux pendant le match entre l'Ouzbékistan et l'Autriche à Whangarei, ce 11 juin, on aurait pu se croire à Tachkent par une belle soirée de printemps.  À l'heure de jeu, les Ouzbeks comptaient déjà une confortable avance sur leur adversaire autrichien. En tribunes, les courageux supporters centrasiatiques donnaient du tambour pour encourager leurs favoris, tandis qu'une douce brise vespérale rafraîchissait le stade. Comblés, les joueurs et leurs fans ont fêté ensemble cette qualification pour les quarts de finale.   

Pourtant, tout au long des premiers échanges, les deux équipes ont semblé incapables de se départager. Mais comme face aux Fidji, les Ouzbeks sont revenus des vestiaires avec d'autres idées, beaucoup plus offensives. Cette ardeur renouvelée a séduit le public néo-zélandais, qui n'a pas tardé à ajouter sa voix à celle des supporters asiatiques. Quand le coup de sifflet final a retenti, un homme était au centre de toutes les attentions : Dostonbek Khamdamov, auteur des deux buts de la qualification.

Deux minutes après la pause, le héros du jour a trompé le gardien autrichien Tino Casali, avant de doubler la mise deux minutes plus tard. Sur un petit nuage, l'attaquant a quitté le terrain accompagné par les percussions ouzbèkes. Une heure plus tard, l'intéressé n'avait toujours pas pris la mesure de son exploit. "Je n'ai pas de mot pour décrire ce que je ressens", explique-t-il au micro de  FIFA.com. "Nos supporters sont sans doute un peu surpris mais, pour nous, c'est un excellent résultat."  

Dans un match si fermé, un joueur moins solide psychologiquement aurait peut-être perdu ses moyens au moment de conclure. Pourtant, le jeune espoir de Bunyodkor évoque cette action avec décontraction. "Il faut être prêt à tout moment. Si une occasion se présente quelques secondes après la mi-temps, ce n'est pas une excuse pour la manquer. C'était un bon ballon en profondeur et, dans un match aussi serré, la moindre opportunité peut faire la différence."  

Khamdamov a saisi sa chance, provoquant du même coup l'élimination de l'Autriche, qui avait pourtant impressionné dans un Groupe B relevé. À l'issue de la partie, Andreas Heraf a chaleureusement félicité ses adversaires. Le sélectionneur autrichien a particulièrement apprécié la vitesse et la puissance ouzbèkes, "extraordinaires" selon lui. "Nous sommes conscients que nous ne pouvions pas les arrêter", a-t-il reconnu.

Faire encore mieux
Cette victoire porte aussi la marque du sélectionneur Ravshan Khaydarov. Après deux matches, l'Ouzbékistan n'avait pas pris le moindre point et sa défense avait déjà cédé à sept reprises. Aujourd'hui, les Asiatiques sont en quarts de finale. "Certains nous ont peut-être pris pour des figurants au début, mais nous méritons notre victoire. Notre entraîneur a mis au point d'excellentes tactiques. J'espère que nos performances sur le terrain auront prouvé à certaines personnes qu'elles n'auraient jamais dû nous sous-estimer."  

Ce succès vient également confirmer la progression de l'Ouzbékistan, dont la stature internationale ne cesse de grandir. La génération 2015 a d'ores et déjà égalé la meilleure performance du pays dans cette compétition. "Merci, mais ça ne suffit pas", a cependant annoncé Khamdamov dans le vestiaire une fois le billet pour les quarts de finale en poche. "C'est bien d'avoir égalé la performance réalisée il y a deux ans, mais nous voulons faire encore mieux. Nous avons notre place en demi-finales", lance-t-il avant de conclure : "Avant notre départ pour la Nouvelle-Zélande, nos dirigeants nous ont demandé d'établir des objectifs. Notre entraîneur a répondu que nous pouvions atteindre le dernier carré. Nous allons tout faire pour créer à nouveau la surprise et écrire une page de l'histoire du football ouzbek."