Malgré leurs tambours et leurs drapeaux, les supporters serbes qui s'étaient donné rendez-vous à l'Otago Stadium de Dunedin se sont pourtant mis en mode "pause" l'instant d'une coïncidence : le pied gauche d'Andrija Zivkovic pour tirer un coup franc à proximité de la surface, et la possibilité de voir leur pays dépasser la phase de groupes d'un tournoi de la FIFA pour la première fois.

La Serbie mène 1:0 devant le Mexique dans la dernière journée d'un groupe tellement serré qu'aucune équipe, au coup d'envoi de ce troisième acte, n'a encore validé sa qualification pour les huitièmes de finale. C'est donc l'occasion pour les Serbes de faire le break et d'accéder aux huitièmes de finale sans dépendre de l'issue de la rencontre entre le Mali et l'Uruguay.

Zivkovic est habituellement inspiré dans les moments historiques. Il a tout juste 18 ans et mesure moins de 170 centimètres, mais possède déjà deux lignes flatteuses sur son CV : il est le plus jeune capitaine de l'histoire du Partizan Belgrade et le plus jeune joueur à avoir été appelé chez les seniors serbes. "Ça me rend très heureux d'avoir réussi ces deux choses dans ma carrière à un si jeune âge", explique-t-il à FIFA.com. "Je me prépare toujours très bien pour chaque match, avec tout le professionnalisme possible. J'étudie à fond les adversaires que nous allons affronter. Je cherche à enchaîner les performances positives et les bons résultats."

Meilleure période, meilleur tournoi
Sur le terrain, Zivkovic dégage une aisance avec son pied gauche pour les dribbles, les passes courtes, les longues transmissions et les coups francs à proximité de la surface adverse. Contre le Mexique, le Serbe pose le ballon et d'une frappe puissante, offre à la Serbie le but du 2:0. "Je suis très heureux de ce but. Avant de prendre mon élan, j'ai observé le mur. J'ai vu qu'il n'était pas bien placé. Le gardien avait laissé de la place de chaque côté. J'ai essayé de profiter de ça", explique-t-il.

Ce coup de patte gagnant a déclenché la liesse des supporters serbes… et ajouté un paragraphe dans le livre du football serbe. "Chaque chose que vous réussissez est différente selon que cela se passe en club ou en sélection. On ne peut pas comparer les deux, car cela génère des sentiments différents. En équipe nationale, je connais en ce moment ma meilleure période. Ce but sur coup franc est mon préféré et ce tournoi est mon préféré parmi tous ceux auxquels j'ai pu participer à ce jour", analyse-t-il avec enthousiasme.

Les propos de Zivkovic sont d'ailleurs bien illustrés par ce qui s'est passé après le coup de sifflet final, où les joueurs serbes sont allés voir leurs supporters pour échanger banderoles, sourires et photos. "Nous avons eu la chance d'être soutenus par un grand nombre de nos compatriotes. Ils sont proches de nous. Mais la fête devra vite s'arrêter car nous allons devoir nous concentrer sur le match suivant", conclut-il, toujours les pieds bien sur terre.

Le "match suivant" en question, même si Zivkovic ne connaît pas encore son adversaire, sera l'occasion d'amener la Serbien en quart de finale. Pour ce qui serait encore une première fois...