Dans les tribunes du Regional Stadium de Wellington, plusieurs recruteurs feuillettent dans leurs dossiers à la recherche d'informations sur Samuel Tetteh. Mais rares sont ceux qui finissent par trouver, car durant les qualifications africaines pour la Coupe du Monde U-20 de la FIFA 2015, le Ghanéen n'était que remplaçant. Pourtant, depuis sa prestation face à l'Argentine, son nom figure sur la liste des joueurs à suivre.

"Son dynamisme et sa maîtrise du ballon font de lui un élément très dangereux pour n'importe quelle équipe", résume au micro de FIFA.com l'entraîneur Sellas Tetteh, qui, en dépit de son patronyme, n'a aucun lien de parenté avec son protégé. Le sélectionneur du Ghana a même fait une exception à sa règle stricte qui consiste à mettre toujours en avant l'esprit d'équipe plutôt que les qualités individuelles.

"L'entraîneur m'a félicité dans les vestiaires devant tout le groupe et m'a désigné comme le meilleur joueur du match", explique le héros du jour, qui, malgré sa fierté, n'en reste pas moins timide et garde humblement les yeux au sol. Hors des terrains, la forme physique et la vivacité du Black Satellite ne sautent pas forcément aux yeux. Il est plutôt menu - 1m67 -, moins costaud en tout cas que certains de ses partenaires ; son frère cadet Benjamin, qui s'est illustré lui aussi face à l'Argentine en inscrivant un but, le dépasse même de 31 bons centimètres. Mais sur la pelouse, une fois lancé, Samuel Tetteh semble presque impossible à neutraliser.

"C'est vrai, je cours vite, mais je ne suis pas le plus rapide de l'équipe", souligne-t-il en riant. "C'est exact", confirme l'entraîneur. "Notre arrière gauche Patrick Asmah est encore plus véloce, mais techniquement, il n'est pas aussi bon que Samuel." C'est d'ailleurs sans doute son aisance avec le ballon qui vaut à Tetteh d'être surnommé Zidane au sein de l'équipe. "Samuel est au départ un milieu de terrain axial. Il monte facilement jusqu'à nous par les ailes. Il ne perd presque jamais le ballon et il est très imprévisible", décrit son frère Benjamin, fier.

Neymar en modèle
Samuel, lui, admire particulièrement le Brésilien Neymar. Pour l'heure, Tetteh évolue en Afrique, sous les couleurs de la West African Football Academy, fondée par le club néerlandais de Feyenoord Rotterdam, avec lequel elle coopère, mais il rêve de jouer un jour en Europe. "C'est l'objectif que je me fixe", confirme-t-il. "Je suis prêt à tout donner pour y arriver. Je pense que je suis sur la bonne voie et il n'y a certainement pas de meilleure vitrine que la Coupe du Monde U-20 pour se faire connaître".

"Je savais bien sûr ce que Samuel était en mesure de faire, quelles étaient ses capacités. Mais il faut dire qu'avant cette Coupe du Monde, il ne s'était pas vraiment fait remarquer" rappelle sn sélectionneur, quelque peu surprispar cette explosion soudaine. "Les regards se tournaient davantage vers des joueurs comme Yaw Yeboah, le capitaine, qui est sous contrat avec Manchester City, son frère Benjamin Tetteh ou Clifford Aboagye, qui a remporté le Ballon de Bronze de la Coupe du Monde U-20 2013. Mais aujourd'hui, il leur a un peu volé la vedette."

Tetteh pourrait rester au centre de l'attention, car il n'a pas l'intention de relâcher ses efforts pendant le reste de la compétition. "Après notre nul contre l'Autriche, nous nous sommes rassemblés et nous avons analysé nos erreurs en profondeur", précise-t-il. "Nous avons maintenant trouvé nos marques. L'ambiance est bonne et nous sommes optimistes. Nous allons avancer pas à pas jusqu'à la finale". Ce jour-là, les carnet de notes des recruteurs seront déjà un peu plus remplis.