• Le Sud-Africain Luther Singh a été élu meilleur joueur des deux derniers tournois internationaux auxquels il a participé
  • Cet ailier joue actuellement avec la réserve de Braga, au Portugal
  • L'Amajita a été placée dans un groupe compliqué, aux côtés de l'Uruguay, du Japon et de l'Italie

Tout de jaune vêtu, couleur synonyme de technique et d'instinct naturel en football, Luther Singh a des airs de joueur sud-américain. Enlevez l'écusson sur son maillot et il ne serait pas difficile d'imaginer qu'il a fait ses classes footballistiques dans les rues de São Paulo ou sur les plages de Bahia.

Malgré cette touche tout à fait brésilienne, c'est bien en Afrique du Sud qu'est né Singh, à Johannesburg précisément, et c'est donc les couleurs de la Nation arc-en-ciel que cet ailier gauche défendra à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA. Dernièrement, il a été particulièrement en vue à la Coupe d'Afrique des Nations U-20 de la CAF en Zambie, où il a inscrit quatre buts et donné deux passes décisives, ce qui lui a valu d'être élu meilleur joueur de la compétition. Cela a également largement contribué à la place de demi-finaliste de l'Amajita dans cette épreuve.

Avant cela, il avait terminé meilleur buteur du Championnat U-20 de la COSAFA. "Je n'ai pas peur de provoquer balle au pied, de dribbler. Je suis également très doué techniquement, rapide et intelligent", énumère tout en confiance le jeune garçon, dont le sourire dévoile une dent en or.

Il évolue aujourd'hui avec la réserve de Braga, en deuxième division portugaise, où le jeu pratiqué correspond parfaitement au style qu'il a appris pendant de nombreuses années après avoir rejoint la Stars of Africa Football Academy à l'âge de 10 ans.

"Le Portugal est l'endroit rêvé pour moi. Le style de jeu qu'on y pratique me va très bien. Au centre de formation, on nous incitait toujours à garder le ballon au sol, à jouer en triangle, à diversifier nos angles d'attaque, à effectuer le moins de touches de balle possible. On voit bien qu'au Portugal, les footballeurs font ça naturellement. Pas besoin de leur dire", souligne le joueur de 19 ans, arrivé à Braga en janvier dernier.

Formation brésilienne
Ce n'est peut-être pas un hasard si Luther Singh se sent à l'aise avec ce style de jeu. À l'âge de 14 ans, il avait passé trois mois à s'entraîner avec les jeunes de clubs comme Palmeiras et Vasco de Gama. "C'était un grand honneur pour moi d'aller là-bas à cet âge-là. Je l'ai fait pour vivre une expérience et je n'aurais pas pu rêver d'un meilleur endroit que le Brésil", commente-t-il au sujet du temps qu'il a passé à Rio de Janeiro.

Il a fait le voyage au Brésil en compagnie de son coach et mentor Farouk Khan, une personne que Singh tient visiblement très haute considération. À Rio, il a pu s'imprégner de l'énergie que le futbol insuffle dans tellement de personnes, à commencer par les jeunes.

"C'est incroyable de voir comme les gens adorent le football là-bas. C'est un amour total et les gens mourraient pour le foot. Partout où vous allez, vous voyez des maillots de Fluminense, de Botafogo, de Flamengo. Même sur la plage, les gens jouent au ballon à la moindre occasion. C'est phénoménal de voir ça."

Singh est aujourd'hui sur la péninsule Ibérique après un passage à la fois fructueux et compliqué en Suède, où il a porté les couleurs de GAIS. Là-bas, il a dû affronter et surmonter l'adversité du climat, l'étrangeté de la langue et la particularité du football scandinave. Au mois de mars, il a fait ses débuts avec les seniors sud-africains à l'occasion d'une confrontation avec l'Angola, qui s'est soldée sur un nul (0:0).

"Ce n'est pas quelque chose que je n'avais planifié", explique-t-il en référence au fait qu'il devait à l'origine retrouver les U-20 de son pays. "Mais c'est un rêve qui s'est réalisé. Je n'arrêtais pas de me dire que c'est arrivé aussi tôt en raison de tout le travail que j'ai fourni. Je me dis aussi que ça arrivera encore pas mal de fois si je continue à bien travailler."

Cette motivation qui transparaît dans les paroles de Singh sera très utile à l'Afrique du Sud le mois prochain à République de Corée 2017, contre trois adversaires coriaces : l'Uruguay est en effet championne d'Amérique du Sud en titre, le Japon champion d'Asie et l'Italie vice-championne d'Europe.

L'Amajita a t-elle la moindre chance de gagner cette Coupe du Monde ? "C'est du football, on fait de notre mieux dans tous les compartiments que nous pouvons contrôler et après, le reste suit. Si ça doit arriver, ça arrivera", conclut la pépite Sud-Africaine comme pour confirmer sa volonté de parler avec ses pieds.