• Le sélectionneur zambien Beston Chambeshi attend les quarts de finale de la Coupe du Monde U-20 de pied ferme
  • Il évoque les souvenirs du quart de finale qu'il avait lui-même disputés aux Jeux Olympiques 1988 de Séoul
  • Les champions d’Afrique affrontent l'Italie à Suwon

La Zambie se prépare à vivre son tout premier quart de finale de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA. Si les Young Chipolopolo se retrouvent aujourd'hui en terre inconnu, tous les membres de la délégation zambienne ne sont pas dans ce cas. Fort heureusement pour eux, l'homme le plus expérimenté se trouve être leur sélectionneur.

Il y a près de 30 ans, Beston Chambeshi s'apprêtait lui aussi à disputer les quarts de finale d'une grande compétition internationale, à savoir le Tournoi Olympique de Football, Séoul 1988. De son propre aveu, la République de Corée a "beaucoup changé" depuis sa dernière visite, mais les souvenirs sont restés vivaces. "C'était merveilleux. Nous avions affronté l'Allemagne, qui avait de grands joueurs comme Jürgen Klinsmann, ainsi que l'Irak et l'Italie", raconte l'intéressé au micro de FIFA.com. "Ça n'avait rien d'évident mais, à l'époque, nous avions une belle équipe. Nous formions un groupe uni, tout comme ces jeunes aujourd'hui."

Grâce à la présence d'icônes du football zambien comme Kalusha Bwalya ou Charles Musonda, mais aussi de six autres joueurs tragiquement disparus dans la catastrophe aérienne de 1993, les Chipolopolo ont dominé les débats au premier tour, avant de chuter face à la RFA de Jürgen Klinsmann.

Sacré meilleur buteur du championnat de Zambie cette année sous les couleurs du Nkana FC, Chambeshi avait été surnommé Quicksilver ("Vif-Argent") par le célèbre commentateur Dennis Liwewe. "Je n'étais pas si rapide que ça, mais j'avais du talent", glisse l'intéressé. "En revanche, ce surnom m'a toujours poussé à donner le meilleur de moi-même sur le terrain."

Pendant plus de 40 ans, Liwewe a été la voix du football zambien. Une autre de ses déclarations, faite au lendemain de la victoire des Chipolopolo en finale de la Coupe d’Afrique des Nations de la CAF 2012, décrit parfaitement cette jeune sélection U-20. "Nous avions la volonté d'attaquer, d'attaquer et d'attaquer encore", s'était-il exclamé au micro de la BBC. "Nous n'avons jamais renoncé."

Un père et pas d'impair
Les incroyables retournements de situations vécus contre l'Iran et l'Allemagne, au terme de confrontations haletantes, confirment que cet état d'esprit habite toujours la Zambie au moment de défier l'Italie à Suwon. "Chez nous, le parcours de cette équipe fait grand bruit", confirme Chambeshi. "Écrire l'histoire et la signer de son nom, c'est le but du jeu. Mais nous jouons sans pression. Les joueurs se contentent de prendre du plaisir."

Et d'ajouter : "En football, on n'a pas tous les jours l'occasion d'atteindre ce stade de la compétition. Mes joueurs sont jeunes, ils ont besoin d'un 'père' comme moi pour leur dire la vérité sur le jeu et leur rappeler qu'ils ont leur destin entre leurs mains."

Face à une sélection italienne euphorique après son succès contre la France, Chambeshi sait que son équipe ne pourra pas se permettre la moindre erreur en défense. La détermination dont ses protégés ont fait preuve en début de match contre l'Allemagne est de bon augure, même si la constance a fait défaut sur l'ensemble de la partie.

Plus important encore, le sélectionneur se dit convaincu que ce parcours inédit n'est rien comparé à ce que l'avenir réservé à cette génération... à condition que celle-ci ne se perde pas en chemin avant d'atteindre l'équipe nationale. "C'est ça, le football. Les records sont faits pour être battus. Ce tournoi est un tremplin. Dans quelques années, ces joueurs pourraient faire encore mieux pour la Zambie et pour l'Afrique. Ils en ont l'ambition."