La récente Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA a été un grand succès pour l’Afrique. Le Nigeria a atteint la finale en inscrivant 15 buts et est passé tout près du titre après avoir dominé l’Allemagne dans le match décisif.

Si elle porte un regard admiratif sur la campagne des Super Falconets, Fran Hilton-Smith, Directrice technique de la Fédération sud-africaine de football (SAFA) et membre du Comité d’organisation de Canada 2014, ne peut s’empêcher de ressentir une certaine frustration. "La performance réalisée par le Nigeria a de nouveau prouvé que les joueuses africaines possèdent des qualités et un talent énormes", estime-t-elle. "Si ces joueuses pouvaient affronter leurs homologues européennes plus souvent, nous aurions assisté à quelque chose d’encore plus fort."

Pour la Sud-Africaine, il ne fait aucun doute que si les équipes africaines disputaient des matches de façon plus régulière, un champion du monde africain aurait déjà été couronné. "Le Nigeria au Canada n’a vraiment pas eu de chance de perdre contre l’Allemagne et ce, malgré tous les avantages que possèdent les Allemandes, que l’on parle d’organisation, d’entraînement, de fréquence des compétitions ou de championnat professionnel", précise-t-elle. "Si l’on pouvait commencer à combler ces fossés, la force de frappe de l’Afrique serait extraordinaire."

Jouer plus pour gagner plus
Seul problème selon elle, c’est le manque de compétition entre équipes féminine africaines, qui empêche le Continent Mère de franchir ce dernier palier dans les tournois internationaux. "Avec l’Afrique du Sud, nous essayons d’organiser des matches amicaux mais nous nous rendons compte que c’est impossible car la plupart des pays n’organisent pas de rassemblements tant qu’il n’y a pas de compétition à l’horizon", regrette-t-elle. "C’est à ce moment-là que les fédérations composent l’équipe à la va-vite, recrutent un entraîneur, disputent un ou deux matches amicaux et organisent un stage. C’est tout. Le reste de l’année, de façon générale, il n’y a rien."

Tout problème ayant généralement une solution, Hilton-Smith travaille sans relâche, dans le cadre de ses fonctions à la SAFA comme à la Confédération africaine de football, pour étudier des moyens pratiques permettant aux équipes du continent de progresser en augmentant la fréquence des compétitions de haut niveau. "Au sein de la CAF, je mets systématiquement l’accent sur le fait que nous avons besoin de davantage de compétitions", insiste-t-elle. "Il n’y a que le Championnat d’Afrique Féminin tous les deux ans et les qualifications pour la Coupe du Monde tous les quatre ans. "Ce qu’il faut, c’est un Championnat d’Afrique Féminin organisé tous les ans. Cela garderait les équipes mobilisées. De façon générale, le football féminin progresse en Afrique et le niveau général s’améliore. Mais nous avons besoin de davantage de matches pour mesurer tout le potentiel existant."

L’action de la dirigeante ne se limite pas au continent africain puisqu’elle siège également à la Task Force de la FIFA pour le football féminin et à la Commission d’organisation de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA. "C’est un honneur de représenter l’Afrique à cette task force et cela s’est déjà révélé payant", assure-t-elle. "Moya Dodd, la Présidente de la task force, possède une grande vision de l’avenir du football féminin. Dix des points de son programme ont déjà été améliorés, ce qui illustre la volonté de la FIFA de vraiment faire avancer le football féminin."

Le prochain grand pas sera effectué à l'occasion de la Coupe du Monde Féminine. "Le fait de l’ouvrir à 24 équipes a offert à beaucoup de nations, parmi lesquelles l’Afrique du Sud, un vrai signe d’encouragement", juge Hilton-Smith. "Cela donne aux nations plus modestes une occasion de participer à la compétition de très haut niveau. Avec cela, je crois que l’on verra le football féminin prospérer à travers le monde", conclut-elle.