Avec ses 329 100 habitants répartis sur 103 000 kilomètres carrés, l'Islande compte parmi les plus petits États européens. Dans le monde du football féminin en revanche, elle n'a aucunement besoin de se cacher derrière les grandes puissances. La sélection occupe le 20ème rang du Classement mondial féminin FIFA/Coca-Cola, où elle devance notamment la Russie, plus grand pays de la planète en termes de superficie.

Ces dernières années, l'Islande a participé à deux UEFA EUROS consécutifs et a même atteint les quarts de finale en 2013. "Nous avons formé beaucoup de très bonnes joueuses et nous en avons également qui évoluent dans de bons championnats et de grands clubs", explique le sélectionneur Freyr Alexandersson, en poste depuis septembre 2013, au micro de FIFA.com. "Bien sûr, nous avons des filles qui peuvent encore progresser. Nous rencontrons quelques problèmes actuellement avec notre championnat. Nous essayons de l'établir plus solidement, années après année. Les clubs font d'ailleurs du très bon travail. En Islande, les clubs et la fédération avancent dans la même direction et s'efforcent de développer le football féminin pas à pas. Mais nous devons nous montrer patients, tout en faisant preuve d'ambition", poursuit l'ancien défenseur.

La Suisse pour modèle
Cette ambition consiste par exemple à décrocher un billet pour une Coupe du Monde Féminine de la FIFA™, ce qui serait une première dans l'histoire de la sélection. "Nous avons fait du très bon travail en nous qualifiant pour les deux derniers Euros. Cette fois, nous ne sommes pas passés très loin de la Coupe du Monde", avance Alexandersson qui, à 32 ans, entraîne également l'équipe masculine de Leiknir Reykjavik en première division islandaise. "Nous ne sommes pas un très grand pays. Au cours des 18 derniers mois, il a fallu installer une nouvelle génération de joueuses et ça laisse forcément des traces. C'est un processus qui peut être très compliqué à gérer, mais nous nous en sommes bien sortis et nous disposons d'une bonne équipe. Nous avons manqué d'un peu de chance avec le calendrier des qualifications. Nos dernières rencontres ont été de très bonne facture et si nous avions atteint les barrages, nous serions aujourd'hui au Canada. Mais ça viendra", assure le sélectionneur.

Pour atteindre ses objectifs, l'Islande entend prendre exemple sur la Suisse. La Nati n'occupe qu'une place de mieux au Classement mondial et participera en juin à sa toute première épreuve mondiale. "Ces dix dernières années, la Suisse a fourni un travail d'une exceptionnelle qualité. L'équipe est excellente et très bien organisée, elle dispose de jeunes joueuses et de quelques stars", salue Alexandersson, qui n'oublie pas de préciser que chez lui aussi, le football féminin se trouve sur la bonne voie. "Les Islandais sont très ouverts et nous voulons réussir dans tout ce que nous entreprenons. Notre équipe nationale et le football féminin sont extrêmement respectés."

Prochaine étape, les Pays-Bas
Afin de gagner encore plus de respect, l'idéal serait de participer à d'autres compétitions internationales. Selon Alexandersson, celles-ci exercent en effet une grande influence, non seulement sur les personnes déjà versées dans la discipline, mais aussi et surtout sur toutes ces jeunes filles appelées à devenir un jour, peut-être, les nouveaux piliers de la sélection. "L'Euro en Suède était fantastique : beaucoup de supporters, des infrastructures de premier plan et de très bons matches", se souvient-il. "La Coupe du Monde en Allemagne, il y a quatre ans, a également été une réussite totale. Ces tournois jouent un rôle énorme dans la médiatisation du football féminin. Il faut poursuivre sur cette lancée pour faire avancer notre sport".

Pour l'Islande, le futur passe par le prochain Euro : "Notre objectif est de nous rendre aux Pays-Bas pour disputer l'Euro 2017. Nous devons maintenant nous concentrer sur les qualifications, mais aussi sur le développement de bonnes équipes nationales dans les catégories de jeunes. Peut-être allons-nous découvrir quelques futures stars pour notre sélection et pour le football féminin".