La finale de la Ligue des champions féminine de l’UEFA propose un duel entre deux références du football féminin hispanophone : Verónica Boquete et Shirley Cruz, qui se livreront un duel dans l’entrejeu ce 14 mai à Berlin, dans le match opposant le 1. FFC Francfort au Paris Saint-Germain.

"Shirley est l’une des meilleures joueuses du monde et elle le prouve depuis plusieurs années. C’est une joueuse hors du commun", confie l’Espagnole Boquete à FIFA.com. La Costaricaine renvoie volontiers le compliment : "Je respecte énormément Verónica, qui est une très grande joueuse. Elle a beaucoup fait pour le football en Espagne et elle est très forte". Les deux joueuses se sont déjà affrontées la saison dernière, en phase préliminaire de la Ligue des champions. C’est alors l’équipe de Boquete, le Tyreso, qui l’avait emporté face au PSG. Elle ira ensuite jusqu’à la finale au sein de cette formation suédoise qui a été dissoute depuis lors, mais s’inclinera face aux Allemandes de Wolfsburg.

Cette année, Cruz aborde sa quatrième finale européenne au terme d’un parcours qui n’a pas été simple : "Toutes les finales sont différentes et toutes sont importantes, mais ça n’avait jamais été aussi dur que cette année pour s’y qualifier. On a dû battre de très grandes équipes, comme Lyon ou Wolfsburg", rappelle la joueuse de 29 ans, qui a quitté le Costa Rica il y a neuf ans pour faire carrière en France. "Ce sont elles les favorites parce qu’elles ont plus d’expérience (les Allemandes ont déjà conquis trois titres). Le PSG n’en est qu’à sa première finale. Mais nous ne sommes plus qu’à une marche de notre rêve et ce sera un beau match. Il faut savoir profiter d’une finale parce que c’est très dur d’y arriver", recommande la Costaricaine, battue en 2010 mais victorieuse des éditions 2011 et 2012 dans les rangs de l’Olympique Lyonnais, la dernière année aux dépens des Francfortoises…

Favorites contres favorites
"Nous avons un meilleur palmarès, mais cela importe peu. Ce qui compte c’est le présent et le PSG a des armes à faire valoir. Elles sont aussi favorites que nous. J’ai confiance, mais je suis réaliste aussi. Je sais que la confiance ne suffit pas. Pour aller au bout, il faut tout donner", réplique Boquete, âgée de 28 ans "Le PSG est très fort en défense. C’est très difficile de leur marquer un but et même sans l’une de leurs leaders, ma copine Caroline Seger, cela reste une équipe qui sait imposer son jeu et faire mal dans les derniers mètres. Laura Gorges, en défense, Cruz au milieu, et Kosovare Asllani et Fatmire Alushi en attaque sont pour moi les joueuses les plus importantes, mais elles sont toutes capables de nous surprendre", analyse l’Espagnole, qui affirme avoir beaucoup progressé lors de sa première saison en Allemagne après des expériences en Suède, en Russie et aux États-Unis.

"Les Allemandes ont un autre style, une autre façon de comprendre le jeu et d’aller chercher le résultat. Le jeu est plus direct et les matches, plus physiques. Mais j’ai su m’adapter, ce qui me rend plus complète", explique l’une des cinq joueuses retenues par la BBC pour le prix de Joueuse de l’année 2015.

Cruz est tout aussi complète dans son genre. Les jours où ses passes ne font pas mouche, elle sait tout donner à la récupération, et vice-versa… En outre, elle apporte toute son expérience à un groupe de joueuses qu’elle a rejoint en 2013 et qui a intégré de nombreux renforts au cours de cette dernière année. "C’est toujours difficile de s’adapter. Il faut d’abord apprendre la langue, parce que la communication est indispensable sur le terrain. En dehors, il y a une très forte cohésion et cette solidarité nous aide à gagner des matches", souligne Cruz, nominée parmi les meilleures joueuses du championnat de France malgré de nombreux contretemps.

Retrouvailles canadiennes
La Costaricaine a notamment subi une opération en février pour soigner un problème au genou droit. "J’ai eu peur, parce que je pensais avoir un problème osseux. Mais ce n’était que du cartilage. J’ai imaginé le pire et j’avais peur de rater la Coupe du Monde, mais le principal c’est la santé et je ne voulais pas précipiter mon retour", explique-t-elle aujourd’hui, rassurée d’avoir récupéré à temps. "Je manque encore un peu de rythme, mais je continue de travailler".

Tous les efforts accomplis pendant la saison trouveront cette année une récompense avec la Coupe du Monde. Boquete et Cruz sont appelées à se retrouver sur le terrain le 9 juin prochain au Stade olympique de Montréal. Elles porteront le brassard de capitaine de leurs sélections respectives, qui s’affronteront pour leur baptême du feu en Coupe du Monde Féminine de la FIFA. "C’est difficile de se projeter pour l’instant alors que l’on va vivre une fin de saison si passionnante. Mais c’est vrai qu’on commence à y penser et que j’ai hâte d’y être. Ça sera un moment unique", confie la Galicienne. "C’est une motivation supplémentaire. C’était un rêve et maintenant, l’objectif est de sortir des poules. Mais chaque chose en son temps. Commençons déjà par un titre européen avec le PSG", conclut Cruz.