Sa double confrontation face aux États-Unis aura cette semaine un léger parfum de revanche pour le Japon, un peu moins d'un an après sa défaite 5:2 en finale de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Canada 2015™. Ces deux équipes se connaissent bien – elles se sont affrontées à 35 reprises au total – mais la donne semble quelque peu différente pour les Japonaises à l'heure de retrouver leurs vieilles rivales.

Les Nippones étaient championnes du monde en titre la dernière fois que leurs routes se sont croisées lors de la finale de Vancouver. Elles étaient encore entraînées par Norio Sasaki, qui les avait conduites jusqu'au sacre mondial, quatre ans plus tôt, en Allemagne, après avoir dominé… les États-Unis aux tirs au but. Onze mois ont passé depuis et les Nadeshiko ont été mises à mal sur leur propre continent, en mars dernier, lors des qualifications pour le Tournoi Olympique de Football Féminin, Rio 2016. Cet échec a eu raison de Sasaki, remplacé par l'ancienne milieu de terrain Asako Takakura, qui avait représenté le Japon au Tournoi Olympique de Football Féminin, Atlanta 1996.

"Nous souhaitons évidemment remporter ces matches", confie-t-elle à FIFA.com avant les deux rendez-vous à Commerce City et Cleveland. "Mais nous attendons plus que des résultats. Je veux voir ce que notre équipe est capable de faire ou pas. C'est mon premier match à sa tête, face à ce qui se fait de mieux au monde. C'est très excitant."

La nomination de Takakura n'est pas une surprise. Réputée pour sa créativité sous les maillots du Yomiuri-Seiyu Beleza et de l'équipe nationale, elle a pris en main plusieurs sélections de jeunes après avoir raccroché les crampons, permettant notamment au Japon de remporter la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA, Costa Rica 2014, un sacre qui lui avait alors valu d'être désignée entraîneuse féminine asiatique de l'année. "Remporter la Coupe du Monde U-17 m'a servi de tremplin pour l'étage supérieur", admet-elle. "J'espère que mon expérience auprès des équipes de jeunes pourra m'aider dans le travail de reconstruction des Nadeshiko. Être sélectionneuse est un honneur mais j'ai pleinement conscience de la difficulté de la tâche. J'ai le sens des responsabilités. J'espère faire progresser l'équipe."

Reprendre confiance
Désormais septième du Classement Mondial FIFA/Coca-Cola, le Japon aura fort à faire pour en retrouver le sommet. Mais Takakura est persuadée que le salut de son équipe peut passer par le jeu. "Je veux qu'elle adopte un style fait sur mesure pour les joueuses japonaises", explique-t-elle. "Un tel style demande un haut niveau technique, une cohésion permanente et de bonnes combinaisons. Nos forces reposent sur ces trois éléments. Les équipes du Japon ont travaillé dans ces domaines depuis le temps où j'étais joueuse. J'ai confiance en ce style de jeu. Notre équipe peut dominer le monde en proposant quelque chose de différent."

La confiance de Takakura n'est pas démesurée au regard des performances japonaises ces dernières années. Moins physiques que les Européennes ou les Nord-Américaines, les Nadeshiko ont cependant toujours tenu la dragée haute à leurs rivales et la sélectionneuse a l'intention de continuer à insister sur leurs points forts. "Notre travail collectif et notre cohésion peuvent compenser nos lacunes physiques", assure la technicienne de 48 ans. "Les joueuses japonaises réfléchissent vite, elles pensent immédiatement à leur prochain geste, que ce soit courir après le ballon ou défier une adversaire."

Après avoir joué les finales d'Allemagne 2011, de Canada 2015 et de Londres 2012, le Japon ne sera pas de la fête à Rio 2016. Une désillusion que Takakura a pour mission de faire oublier à ses joueuses. "Elles doivent reprendre confiance", souligne la sélectionneuse. "Elles doivent croire en elles. Les Nadeshiko n'ont pas réussi à se qualifier pour les Jeux Olympiques, mais elles doivent repartir de l'avant ensemble."