Comment passer de concepts séduisants comme "égalité" et "diversité" à des actions concrètes, capables de faire bouger les choses ? Les participants à la Conférence de la FIFA pour l'Égalité et l'Inclusion 2017 ont proposé de nombreuses réponses à cette question. Parallèlement, les débats ont fait ressortir le caractère complexe de cette évolution, tant pour le football que pour d'autres secteurs de la société.

En choisissant pour thème "Faire de l'égalité une réalité", la troisième Conférence annuelle de la FIFA a attiré à Zurich plusieurs personnalités connues pour leur engagement en faveur d'une société juste, sans discriminations. Des intervenants issus de milieux très différents se sont penchés sur les efforts déployés par l'administration du football. Ils ont également mis en lumière les nombreuses mesures qui restent à prendre, notamment pour réduire l'écart existant entre les hommes et les femmes.  

"Quand un organisme aussi important que la FIFA embrasse la cause du droit des femmes, c'est une étape importante pour l'ensemble de la société dont les répercussions se feront sentir bien au-delà du sport", expliquait Lakshmi Puri, directrice exécutive adjointe de l'ONU Femmes, dans son discours d'introduction. "Notre engagement de nous réunir chaque année le 8 mars ne se résume pas à la Journée internationale des femmes. C'est une idée qui nous accompagne à chaque instant. Voir de grandes institutions internationales travailler à la réalisation de ce projet est de bon augure."

Le Président de la FIFA Gianni Infantino a accueilli les participants par un résumé des mesures prises par l'instance dirigeante du football mondial ces 12 derniers mois et de ses objectifs pour les années à venir. "Les réformes statutaires approuvées en février 2016 ont apporté des changements concrets, comme la présence d'un quota de femmes au sein du Conseil de la FIFA. Notre travail a consisté à appliquer ses réformes, puis à aller au-delà. C'est la raison pour laquelle la présence des femmes a atteint un niveau sans précédent, que ce soit au sein de nos commissions permanentes ou parmi le directoire de l'administration. L'objectif est simple : faire en sorte que le football puisse compter sur les bonnes personnes aux bons postes, indépendamment de leurs origines ou de leur genre."

Contre toutes les formes de discrimination
Le programme de ce 6 mars s'est révélé chargé : dans la matinée, les deux directrices de la FIFA (Joyce Cook, en charge des associations membres, et Sarai Bareman, du football féminin) ont participé à des échanges avec des spécialistes de l'égalité et des personnalités dont le parcours illustre parfaitement ce concept.

L'ancienne capitaine de l'équipe d'Afghanistan féminine, Khalida Popal, s'inscrit dans cette seconde catégorie. "J'ai commencé à jouer au football pour m'amuser, jusqu'au jour où j'ai entendu dire que la participation des femmes était une insulte au sport. Depuis ce moment, j'ai aussi joué pour faire évoluer la situation des femmes en Afghanistan", a expliqué la joueuse de 29 ans. Malheureusement, son attitude courageuse lui a valu de nombreuses attaques et des menaces de mort, qui l'ont finalement contrainte à quitter le pays.

L'égalité des sexes n'était pas le seul sujet au programme. Au cours de l'après-midi, Sherine Tadros, directrice du bureau de New York d'Amnesty International, a animé une conversation entre l'ancienne gardienne de l'équipe du Canada féminine Karina LeBlanc, aujourd'hui ambassadrice de l'UNICEF, et l'ancien international néerlandais Clarence Seedorf.

Ce débat entre anciens footballeurs a été suivi d'une table ronde autour du thème "La diversité fait la force : l'inclusion par le sport". Ces échanges ont mis en lumière les nombreuses façons d'aider à l'émancipation de personnes issues de milieux différents et d'utiliser le sport comme un outil au service de l'inclusion, en combattant le racisme, le sexisme, l'homophobie et toute forme de discrimination.

"En tant qu'instance dirigeante du sport le plus populaire de la planète, la FIFA représente des millions de gens, indépendamment de leur genre, de leurs origines, de leur statut social ou de leurs convictions religieuses", a rappelé la Secrétaire Générale de la FIFA Fatma Samoura. "Il n'y a pas d'alternative à la diversité. Non seulement parce que, moralement, c'est le bon choix, mais aussi parce qu'elle recèle une grande richesse. Les participants à cette conférence en sont la preuve. C'est une belle image de ce à quoi le monde devrait ressembler et de ce que le football peut et devrait représenter. Mais pour ce faire, nous avons besoin d'actions et non de mots."