"Au Mexique, on entendait beaucoup parler de l'essor du championnat espagnol, qui accueillait de plus en plus de joueuses étrangères, attirait plus de supporters et devenait de plus en plus important et compétitif. En tant que professionnelle, on cherche toujours à jouer au plus haut niveau. J'ai donc voulu relever un nouveau défi en Espagne". Voilà comment Nayeli Rangel, capitaine de la sélection mexicaine, a atterri au Sporting de Huelva.

Elle n'est toutefois pas la première ni la seule joueuse d'El Tri à évoluer en Liga. "J'en avais déjà discuté avec Kenti (Robles) et Pamela (Tajonar). Et Maribel (Domínguez) m'a également conseillé de venir en Espagne, parce que le rythme de ce championnat allait m'aider à progresser. Je suis très heureuse d'avoir pris cette décision", raconte à FIFA.com la milieu de terrain native de Monterrey.

Ce 12 mars, à l'occasion de la rencontre de la 21ème journée face à Levante, elle affrontera une autre internationale mexicaine de renom, Charlyn Corral, qui livre déjà sa deuxième saison en Espagne. "Au début, ç'a été difficile, car malgré ma carte de visite et mon parcours en équipe nationale, j'étais pratiquement inconnue ici. Je nourrissais de grands espoirs, mais aussi quelques doutes", explique celle qui a déjà disputé deux Coupes du Monde Féminines de la FIFA™ et pas moins de trois éditions en U-20. "En Liga, je pense avoir progressé techniquement, mais également tactiquement. Je pense pouvoir mieux répondre aux besoins et aux demandes de chaque entraîneur".

Toutes deux savent qu'évoluer dans un championnat régulier comme la Liga leur permet non seulement de progresser sur le plan footballistique, mais également d'être beaucoup mieux préparées lorsqu'elles arrivent en sélection. "On gagne en rythme et en constance. Se plier à la discipline de l'entraînement est un facteur très positif. Quand on doit s'entraîner seule, la donne est vraiment différente", précise Nayeli. "En plus, ça nous permet de nous confronter à d'autres styles de jeu, sans oublier que la concurrence nous motive à travailler davantage", ajoute Corral.

Depuis l'Espagne, les deux joueuses attendent avec impatience la naissance imminente du nouveau championnat féminin du Mexique. "En tant que Mexicaine, je suis très contente, car je veux voir mon pays évoluer. Le football féminin au Mexique a énormément progressé, malgré le manque de moyens. J'espère qu'il s'agira d'un projet stable et à long terme, parce qu'il y a beaucoup de talent, beaucoup de filles qui méritent d'avoir leur chance. Et ça va aussi nous aider à devenir une nation plus forte au niveau international", confie Rangel. "À l'avenir, le Mexique ne sera plus seulement un pays qui participe à la Coupe du Monde, mais un pays capable de briguer une place d'honneur".

Match dans le match
"J'adorerais pouvoir évoluer dans mon propre pays", soupire Corral, "surtout parce que je suis partie à l'étranger il y a déjà plusieurs années, d'abord aux États-Unis, puis en Finlande et aujourd'hui en Espagne… Je me vois bien jouer au Mexique plus tard, devant mes compatriotes, ma famille, en compagnie des nouvelles générations", nous avoue cette diplômée en administration du sport qui parvient à concilier le football avec Levante et un MBA en gestion sportive internationale.

En attendant, un match de championnat espagnol les attend. Une fois n'est pas coutume, elles ne sont pas du même avis… "Le Sporting traverse une bonne période. Les suspensions et les blessures sont derrière nous et je crois qu'on mérite une victoire parce qu'on joue bien pour le moment, on est en train d'atteindre notre meilleur niveau", nous dit Rangel, avant de se risquer à un pronostic : "Je pense qu'on va gagner 2:1".

L'attaquante de Levante est quant à elle convaincue du contraire :"Je suis contente que Nayeli puisse disputer cette rencontre après sa blessure, finalement moins grave que ce que l'on craignait. Mais je crois qu'on va gagner 3:0". Qu'importe le score finalement, tant que le Mexique en sort vainqueur...