• La Nigériane Francisca Ordega dispute sa troisième saison de NWSL, aux États-Unis
  • La finale de la dernière Coupe d’Afrique des Nations Féminine s’est jouée pour la première fois à guichets fermés
  • Ordega assure que le football féminin africain se développera rapidement au cours des prochaines années

Le 3 décembre dernier, le soleil n’était pas encore levé sur Yaoundé que des supporters commençaient déjà à arriver au Stade Ahmadou Ahidjo pour une rencontre dont le coup d’envoi ne devait être donné qu’en milieu d’après-midi. Les 40 000 places de l’enceinte étaient ainsi toutes occupées cinq bonnes heures avant la finale de la Coupe d’Afrique des Nations Féminine de la CAF 2016.

Le Cameroun espérait décrocher à domicile son tout premier sacre continental, mais les favorites nigérianes, victorieuses 1:0, en ont décidé autrement. Plusieurs mois se sont écoulés depuis, mais l'attaquante des Super Falcons Francesca Ordega a toujours des frissons à l’évocation de ce match. "On ne voit pas souvent cela, même pour les hommes", confie-t-elle à FIFA.com. "L’ambiance était folle ce jour-là, les gens ne pouvaient même pas accéder au stade. C’était vraiment quelque chose d’unique. Cela donne encore plus de valeur à notre victoire. Cela a été très difficile de jouer face au Cameroun, une très bonne équipe, qui avait tout un pays derrière elle. Ce titre est d’autant plus particulier que nous l’avons décroché avec une femme à notre tête, Florence Omagbemi, et un staff entièrement féminin."

AMAZING.

5 hours to kickoff of Women's African Cup final: Cameroon v Nigeria. Venue: Yaounde. 

Look. At. That. Crowd. 

KO: 1430GMT pic.twitter.com/aqsGlhDxk6

— Gary Al-Smith (@garyalsmith) December 3, 2016

Ordega, âgée de 23 ans seulement, a déjà participé à quatre compétitions de la FIFA et évolué dans cinq pays différents : Russie, Suède, États-Unis, Australie et Nigeria. Elle vient de débuter sa troisième saison au Washington Spirit, qui avait surpris l’an dernier en NWSL en faisant la course en tête avant de terminer à la deuxième place du classement.

L’avenir radieux
Sacrées pour la dixième fois de leur histoire à Yaoundé, les Nigérianes n’ont abandonné, depuis la création de l’épreuve, que deux CAN Féminines, à la Guinée équatoriale. Elles n’ont longtemps pas eu d’adversaires à leur taille sur le continent, mais la dernière édition a confirmé l’émergence de nouveaux talents. "La première fois que j’ai affronté le Cameroun, c’était comme jouer face à des petites filles. Nous nous amusions avec elles, nous faisions un peu ce que nous voulions", confirme Ordega. "C’est différent aujourd’hui, les Camerounaises sont rugueuses et difficiles à jouer. Je suis contente que les choses aient changé pour ma génération par rapport à ce que l’on voyait avant. Et cela va encore évoluer", prévoit-elle. 

La Nigériane souligne d'ailleurs que le réservoir de talent est énorme dans son pays, mais qu’il a encore besoin d’être convenablement exploité : "Tellement de petites filles jouent au football au Nigeria. Je reçois de nombreux messages sur Facebook ou Instagram me disant qu’elles veulent faire la même chose que moi quand elles seront grandes ou qu’elles souhaitent devenir professionnelles."

Malgré leur élimination dès la phase de groupes de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Canada 2015™, Ordega est persuadée qu’un avenir radieux attend les Super Falcons, grâce à des joueuses comme Desire Oparanozie ou Asisat Oshoala. "Nous n’avons pas démérité au Canada, mais il nous a manqué d’expérience", estime Ordega. "La plupart de nos joueuses avaient 21 ou 22 ans, ce qui fait une grosse différence avec des équipes comme la Suède ou les États-Unis. Nous voulons continuer à grandir collectivement afin d’aller plus loin lors de la prochaine Coupe du Monde."