• Francisca Ordega est l'une des grandes figures du football nigérian
  • L'attaquante ne rêvait pas d'être joueuse, mais actrice
  • Sa participation à deux Coupes du Monde a changé sa vie

Francisca Ordega, "Franny", avait une vocation, en tout cas c'est ce qu'elle pensait. "Je voulais être actrice", reconnaît-elle en rigolant au micro de FIFA.com. La Nigériane jouait au football avec ses frères et ses amis simplement pour s'amuser. Un jour, elle est choisie pour faire partie du groupe de ramasseuses de balle à l'occasion d'un match de la sélection féminine U-19. "Quand je les ai vues jouer et que j'ai vu les spectateurs les encourager, ça m'a beaucoup touchée. Je me suis dit que moi aussi, ça me plairait bien qu'on vienne me voir jouer et que j'aimerais avoir l'occasion de donner des émotions au public."

Ordega en bref

  • Attaquante, 24 ans. Elle joue actuellement à l'Atlético de Madrid, où elle est prêtée par le club américain Washington Spirit.
  • Elle est née à Gboko, au Nigeria, au sein d'une famille nombreuse qui compte en tout 12 enfants.
  • Ses principales qualités sont la puissance et la vitesse.
  • Elle est internationale nigériane depuis la sélection U-17.

Une fois prise la décision de devenir joueuse, deux choses étaient claires : le chemin pour y parvenir aller être long, et il allait falloir commencer par convaincre sa mère...

"En Afrique, le football n'est pas comme en Europe, où il y a différentes catégories en fonction de l'âge. Ici, vous devez avoir du talent et travailler seule"souligne-t-elle. "Quand j'ai décidé que je voulais devenir joueuse je me suis dit : 'Si tu veux y arriver, tu vas devoir travailler dur, t'entraîner et regarder les pros, comment ils se déplacent, comment ils contrôlent le ballon…'"

À cette première difficulté venait s'ajouter l'opposition de sa mère. "Ça ne lui plaisait pas cette idée de jouer au foot, car cela allait me détourner des études." Sans parler d'un environnement pas tout à fait propice. "C'est difficile. Les familles ne soutiennent pas les filles. Même chose avec vos amies et votre environnement… Mais aujourd'hui, c'est différent. Beaucoup de parents veulent que leurs filles jouent au foot. Notre génération a inspiré beaucoup de gens et, avec les réseaux sociaux, nous sommes partout. Les filles disent 'je veux être comme toi quand je serai plus grande', et je les encourage."

Ordega a participé à ce jour à quatre Coupes du Monde Féminines de la FIFA : la U-17 de 2010, la U-20 de 2012, et les éditions seniors de 2011 et 2015. Quatre événements qui ont marqué sa carrière, en particulier les deux tournois dans les catégories de jeunes. Après la première convocation de Franny chez les U-17, même sa mère a été convaincue que l'avenir de sa fille allait finalement être lié au ballon.

Trinité-et-Tobago 2010 - La première fois
"Je n'étais jamais sortie de mon pays. Nous avons joué contre le pays hôte. Jamais je n'avais joué devant autant de monde. J'ai parlé avec mon père avant la rencontre et il m'a dit : 'Tu n'as pas à avoir peur. Vas-y et sois toi-même'. J'ai dit à mes coéquipières que si je marquais, j'irais danser devant les supporters. Et je l'ai fait ! Ce n'était pas mon premier but dans le tournoi, mais nous étions à 1:1 et j'ai marqué le but de la victoire. Je suis devenue folle !"

© Getty Images

Japon 2012 - Une récompense dans la douleur
"Les souvenirs ne sont pas trop bons, mais au final ça valait la peine. Je me suis tordu le genou après le premier match et j'ai continué de jouer comme ça. Ça n'a pas été facile. On me faisait des infiltrations pour que je puisse jouer et après, quand ils enlevaient le pansement, je pleurais de douleur. Le physio de l'équipe m'a alors conseillé d'arrêter, mais je lui ai dit que si j'avais réussi à aller jusque-là, ce n'était pas mon genou qui allait m'arrêter. Malgré cette blessure, j'ai terminé meilleure buteuse de l'équipe et quand après, un agent m'a offert d'aller en Russie, j'ai pensé : 'Mission accomplie !' "

Le conseil de l'experte : Cette année la France et l'Uruguay vont accueillir les Coupes du Monde Féminines U-20 et U-17 respectivement. Le Nigeria est déjà assuré d'être présent en France. "C'est LA grande opportunité pour ces filles", insiste Ordega en se référant à sa propre expérience. "Aujourd'hui quand elles jouent, ça n'intéresse personne, car les matches ne sont pas retransmis. Mais dans une Coupe du Monde, il y a énormément d'agents et de recruteurs. C'est le moment où tout le monde a les yeux fixés sur vous."

Le saviez-vous ?

  • Ordega a grandi en suivant la Premier League en compagnie de son frère aîné. Ses deux premières idoles ont été Thierry Henry - "dès la première fois que je l'ai vu jouer, j'ai tout compris" - et Fernando Torres - "quand j'ai fait sa connaissance à l'Atléti, je n'ai pas pu retenir mes larmes".
  • Depuis 2012, elle a joué en Russie, en Suède, aux États-Unis, en Australie et en Espagne. "Parfois j'ai moi-même du mal à y croire. J'ai déjà connu beaucoup d'entraîneurs, de cultures et de pays très différents. Ça aussi, ça m'a fait grandir en tant que personne."

Articles recommandés

Football féminin

Ordega voit loin pour le football africain

24 avr. 2017

Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA

Ghana et Nigeria reçus cinq sur cinq

30 janv. 2018