Pour sa première participation au Tournoi Olympique de Football Féminin, le Canada semble bien parti pour terminer à la première place de son groupe. Après avoir dominé l'Argentine, les Canucks ont obtenu un match nul prometteur face à la RP Chine. Leur prochain adversaire n'est autre que la Suède. Si les Scandinaves peinent souvent à trouver leurs marques dans les grandes compétitions internationales, elles ne manquent assurément pas de panache, ni de talent.
Le match entre Canadiennes et Suédoises s'annonce donc comme un véritable choc de cultures et de styles. Les premières devraient une fois de plus jouer de leur physique impressionnant pour faire reculer leurs adversaires, tandis que les secondes devront faire appel à leur immense culture tactique pour trouver la faille dans l'armure canadienne. "Cette confrontation entre deux philosophies de jeu sera certainement très intense", annonce Even Pellerud, le sélectionneur norvégien du Canada.
Sous sa houlette, l'équipe du Grand Nord s'est imposée comme une formation pragmatique, dont la force repose principalement sur un pressing tout-terrain. Aucune joueuse n'incarne le projet de jeu de Pellerud avec plus de conviction que Diana Matheson. Cette petite milieu de terrain d'1m58 est devenue au fil des matches le moteur et le baromètre de la sélection.
"J'adore courir aux quatre coins du terrain", confiait-elle à FIFA.com après avoir harcelé les Chinoises pendant 74 minutes, samedi à Tianjin. "L'entraîneur me demande de faire le pressing, de tacler et de montrer très agressive." Même les 52 600 spectateurs venus encourager la RP Chine n'ont pas réussi à déstabiliser la native de Mississauga (Ontario), bien au contraire : ". J'ai pris ça pour des encouragements !"
Matheson n'a marqué qu'à quatre reprises en 45 sélections. Comme les supporters canadiens ont pu le constater face à la RP Chine, la finition n'est pas son point fort. En milieu de première mi-temps, la Matheson s'est pourtant trouvée à la conclusion d'un bon mouvement collectif. Mais, alors qu'elle n'avait plus qu'à pousser le ballon au fond des filets, la jeune femme a manqué le cadre. "Je voudrais pouvoir revenir en arrière", regrette-t-elle. "Mais je n'ai jamais été très adroite face au but."
A la veille d'une rencontre décisive face à la Suède, Matheson promet de tout donner sur le terrain, comme à son habitude. "Nous allons les mettre tout de suite sous pression, comme nous l'avons fait avec les Chinoises. Notre objectif est de les empêcher de jouer en venant les chercher très haut sur le terrain."
Le point de vue suédois
Auteure de l'unique but de la victoire suédoise sur l'Argentine, Nilla Fischer a d'autres idées sur la question. La Suédoise est convaincue que son équipe possède les arguments tactiques pour exposer les faiblesses canadiennes. Elle attend donc sans angoisse le match décisif de mardi, au stade des travailleurs de Pékin.
"Tout le monde a bien compris qu'il y aura une opposition entre notre sens tactique et leur physique", constate-elle au micro de FIFA.com sur la route du Village Olympique. ". Nous devons nous appuyer sur notre technique individuelle pour les faire courir."
Malgré la défaite concédée face à la RP Chine pour leur entrée en lice, les Suédoises ont plutôt laissé une bonne impression, jusqu'à maintenant. Fischer estime même que son équipe a respecté son tableau de marche. "Nous avons connu des débuts difficiles, mais nous n'avons pas démérité. Nous avons souvent manqué de patience dans nos deux premiers matches, mais je crois que nous avons compris où se situaient nos erreurs. Nous devrions évoluer à notre meilleur niveau mardi."
En cas de victoire ou de match nul, le Canada accèderait directement aux quarts de finale. Si la Suède parvient à éviter la défaite, elle aura de bonnes chances de se qualifier également.


